‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 117 sur 139 · PI. XXI · texte numérisé non relu

PI. XXI

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Fig. 35.

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ALPHABET TEFINAGH. '

les plus importantes tiennent à la forme variable de quelques letr très.

J'ajouterai à ce qu'ont dit mes devanciers, savoir :

1** Que le tefînagh s'écrit à volonté, horizontalement ou verticalement ;

2*» Que, dans l'écriture horizontale ou verticale, les caractères sont tracés indistinctement de droite à gauche, de gauche à droite, de haut en bas , de bas en haut, bien que la manière arabe ou hébraïque, de droite à gauche, soit la plus généralement adoptée;

3° Qu^ les lettres n'ont pas, comme dans nos caractères, d'une manière absolue, un haut, un bas, un côté droit et un côté gauche, mais s'emploient à volonté dans tous les sens ; ainsi, la lettre iedh, correspondant à notre dh, s'emploie indistinctement comme il suit:

D'après le Cheikh-'Othmân, guide excellent dans toutes les recherches spéciales à l'étude de son pays, il existerait un livre de droit, traduit en bon temâhaq , mais écrit en lettres arabes. Un exemplaire de ce livre existe à Aqabli , et un autre entre les mains de Brahtm- Ould-Sîdi , le savant des Ifôghas. Le brave cheikh m'a promis d'en faire prendre une copie.

Autrement , on ne trouve écrits en tefînagh que des inscriptions sur les rochers, sur les armes, sur les anneaux de bras, les bracelets, les instruments de musique, les lanières de cuir, les boucliers ou des broderies sur les vêtements. Tous les écrits sérieux, les livres, les chroniques, la correspondance, les amulettes sont en arabe, langue que beaucoup parlent, mais que les lettrés seuls savent écrire.

Les inscriptions sur les rochers sont les unes anciennes, les autres modernes; les unes gravées en creux au burin, les autres en relief et exécutées au moyen d'un mastic auquel le goudron sert de base et qui a la double propriété, comme l'encre des transpositions lithographiques, de faire corps avec la pierre et de se conserver plus ou moins longtemps.

Sur les rochers aussi, on trouve souvent, soit isolées, soit rapprochées, des sculptures, des gravures, informes bien entendu, mais qui, quelquefois, ont la prétention de représenter des scènes all^oriques.

M. le docteur Barth a déjà livré à la publicité quelques fac-similé dç tableaux rupestres qu'il a rencontrés sur sa route. Moins heureux que lui, je n'ai pas eu la chance d'en trouver d'assez importants pour mériter la reproduction; mais, par contre, ma collection d'inscriptions est plus riche, et j'en donne, dans la planche ci-contre, quelques-unes, principalement celles qui ne me paraissent pas se borner à de simples noms d'hommes ^

Tôt ou tard, l'examen comparé des sculptures et des inscriptions rapportées par les divers voyageurs pourra donner lieu à d'importantes remarques ethnograptiicfues.

En général, les lettres des inscriptions sur les rochers ont environ 6 centimètres de hauteur; le trait se ressent de l'inhabileté des graveurs. Quelques-unes sont frustes et d'une lecture diflficile.

Les Touareg disent que les inscriptions en creux sont anciennes, car les modernes se bornent aux inscriptions en relief, en noir avec le charbon, ou en rouge avec l'ocre .

U$age du voUe,

Si, pour les hommes de science, la conservation de l'écriture, d'une écriture perdue, et qui fut jadis celle exclusivement en usage dans tout le Nord du continent africain, est un fait capital qui per-

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