‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 124 sur 139 · Ma'talla est le nom d'un chef arabe · texte numérisé non relu

Ma'talla est le nom d'un chef arabe

2. Jii traduis le mot tekhamkhâm , par sa gourmande de femme, à défaut d'un mot dans notre langue pour signifier celle qui, devant un bon mets, fait lien, hen , hen^ comme le cheval auquel on apporte sa musette pleine d'orge,

3. M. Hanoteau, dans son Essai de Grammaire tamdchek', donne, livre VI, pages 209, 2i0, 211 , une variante de ce chant.

J'ai tout lieu de croire que l'auteur doit mieux se rappeler son œuvre que ceux qui réiitent un chant, en le molifiant au gré de leurs caprices; c'est pourquoi j'en donne ici une seconde édition conforme à l'origina'.

452 TOUAREO DU NORD.

La femme de Ma*talla,

Celle qui Tait tekhamkhâm en mangeant.

Elle est là aussi.

Avec le ventre plein.

Toutes ces jouissances, inconnues des Touareg, car ils n'ont ni lits, ni tapis, ni tentes ; car leurs troupeaux maigres ne donnent pas assez de lait pour faire du beurre;

Toutes ces richesses, dont leurs femmes, à l'estomac vide, sont toujours privées;

Un coup de lance les leur donnera.

Quel bonheur pour un targui d'aller sonder un ventre si bien plein, avec une épine bien pointue et armée de harpons I

Et ce coup de lance lui donnera, non-seulement la vie de Ma'talla, mais encore tous ses biens.

Et oû emportera tout, même Teau.

Quant à la tekhamkhâm, en lui épargnant la douleur de la lance, on lui réserve un supplice bien plus cruel : celui de vivre avec rien, comme les femmes des Touareg. Mais elle ne résistera pas , parce qu'elle n'est pas habituée aux privations.

D'où la conclusion, sous forme de morale, que les femmes targuies doivent apprécier le mérite de leur misère habituelle, puisqu'elle les préserve du sort de la tekhamkhâm.

Mais, quelles que soient les chances diverses de la lutte, quel que soit le parti qui entonne les chants de victoire, il y aura toujours lieu à traiter de la paix. Alors recommence la série des mia'ad. S'ils sont vainqueurs, les Touareg se montrent de bonne composition, car ils sont généreux dès que leur amour-propre est satisfait. D'ailleurs, il est à remarquer, quoiqu'ils soient souvent en guerre, qu'ils font tout leur possible pour l'éviter.

VIE EXTÉRIEURE. /j53

CONCLUSION

Dans leurs rapports avec les Français, les Touareg se sont mon • très, jusqu'à ce jour, fort dociles. On leur a demandé de venir à Alger; ils y sont venus. On m*a envoyé au milieu d'eux, ils m'ont bien accueilli. On a invité leur principal marabout à visiter la France; malgré l'imprévu de la demande, malgré l'inconvénient d'abandonner sa famille, pendant plusieurs mois, sans avoir pourvu à tous ses besoins, le Cheikh-'Othmàn s'est rendu à nos désirs. En vain Mohammed-ben-'Abd-Allah a sollicité le concours des Touareg dans la prise d'armes qui l'a fait tomber en nos mains, les Touareg se sont abstenus.

Espérons qu'il en sera toujours ainsi. D'ailleurs, en terminant, je constate un fait capital : jusqu'à ce jour, aucun des voyageurs européens qui ont exploré l'intérieur de l'Afrique n'a été victime d'un acte de brutalité ou de fanatisme, ni sur le territoire des Touareg, ni de la main d'un targui.

Cette honorable exception répond à toutes les calomnies que les Arabes, leurs ennemis, avaient propagées sur leur caractère indomptable.

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