AVANT-PROPOS
Le voyage d'exploration que j'ai accompli entre El-Golêa' à rOuest, Zouîla à l'Est, Biskra au Nord et Rhàl au Sud, avait le triple but de recueillir sur le Sahara des données géographiques qui manquaient à nos connaissances; d'ouvrir avec les peuplades de cette région intermédiaire des rapports indispensables avant de nouer des relations politiques et commerciales entre l'Algérie et l'Afrique centrale ; enfin, de me préparer moi-même, par une longue épreuve de la vie africaine, par l'étude des hommes, des mœurs et des dialectes, à un second voyage ayant pour objet plus spécial l'exploration des régions soudaniennes.
J'ai voulu avancer avec lenteur, afin d'opérer plus sûrement ; je n'ai pas craint de séjourner sur les points où je le jugeais nécessaire pour assurer le succès de mon entreprise, et je me suis toujours efforcé d'élargir ma zone d'action, en visitant les pays situés à l'Est et à l'Ouest de la ligne embrassée par mes études. Avant de pénétrer plus dans le Sud , j'ai donné à mes travaux une base large et
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solide , par une reconnaissance nouvelle du Sahara alo;érien, tunisien et tripolitain.
Commencée dans les limites modestes d'un voyage privé, avec des ressources dues à la libéralité de mon père, de M. Arlès-Dufour et de M. Isaac Pereire, mon exploration n'a pu prendre le caractère étendu qu'elle devait avoir, pour donner des résultats^ utiles, qu'à l'aide du bienveillant et généreux appui du gouvernement.
Sous le puissant patronage de Son Excellence M. le maréchal duc de MalakofT, si bien secondé, dans sa sollicitude, par M. le général sous-gouverneur de Martimprey, ma mission fut entourée d'une protection et d'encouragements qui ont rendu tout facile et qui me feraient craindre d'être resté au-dessous de la responsabilité que j'ai acceplée, si je n'avais l'avenir devant moi pour répondre aux espérances du gouvernement.
Sa Majesté l'Empereur Napoléon III, souverain éclairé et jaloux de l'extension de l'influence civilisatrice de la France, a voulu que les subsides accordés fussent à la hauteur des besoins.
Mes très-humbles et très-respectueux remerciements Lui sont tout d'abord acquis.
Je ne dois pas oublier, dans les témoignages de ma gratitude, Leurs Excellences M. le maréchal Vaillant, M. le maréchal comte Randon, M. Rouher, M. le comte de Chasseloup-Laubat, M. Thouvenel , ministres de Sa Majesté l'Empereur, qui, tous, dans la limite de leurs attributions, ont prêté à ma mission le concours le plus efficace.
M. le général Desvaux, commandant supérieur de la
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province de Constanline, a droit aussi à toute ma reconnaissance, car c'est à lui que je dois le précieux appui du marabout Sîdi-Mohammed-el-'Aïd , clief de la confrérie religieuse des Tedjâdjna, qui compte tant d'affiliés dans le Sud.
Aux postes officiels dont ma mission relevait, j'ai eu le bonheur de rencontrer partout des homme de cœur :
A Tripoli de Barbarie, M. P. E. Botta, consul général de France, et ses collaborateurs, M\I. Gauthier et Lequeux;
En Algérie, MM. les colonels Séroka, Lallemand, Wolf, Marguerite, le commandant de Forgemol , le lieutenant Auer, commandant la garnison de Tougourt, qui, tous, m'ont honoré de la même bienveillance alTectueuse et ont aplani, autant qu'il dépendait d'eux , les difficultés de mon entreprise.
Des savants français et étrangers, les uns, dans la phase préparatoire de mon exploration, les autres dans la partie active, ont éclairé ma jeunesse des lumières de leur science : les docteurs H. Barth et A. Petermann; les professeurs Fleischer, A. Duméril et Cherbonneau; MM. Renou, Yvon- Villarceau, Malte-Brun et 0. Mac-Carthy.
Je dois à M. le docteur Milon, l'un des chefs du service de santé de l'armée d'Afrique , un protectorat plus personnel.
Plusieurs chefs indigènes m'ont également secondé de tout leur pouvoir : Sîdi-Hamza, khalîfa du Sud de la province d'Oran; Sîdi-Mohammed-ei-'Aïd, grand maître de la confrérie des Tedjâdjna; le marabout Si-'Othmàn-ben-el-Hâdj-el- Bekri, chef de la tribu des Ifôghas; l'émîr El-Hâdj-Mohammed-Ikhenoûkhen, chef des Touareg Azdjer; le marabout Sîdi-el-Bakkày, cousin du célèbre cheikh de Timbouktou; Si-Selimàn-el-'Azzàbi, moûdîr de Faççâto, dans le Djebeltripolitain.