IV AVANT-PROPOS
Que tous reçoivent, ici, mes sincères remerciements.
Qu'il me soit aussi permis de donner un témoignage public de l'inaltérable dévouement d'Ahmed -ben-Zerma , du Soùf, homme droit, intelligent, énergique, qui fut mon compagnon pendant la partie la plus difficile de mon voyage.
Parti de la province de Constantine, en mai 1859, je me dirigeai d'abord sur le pays des Benî-Mezàb, dans l'espoir de trouver chez les Cha'anba des guides pour aller au Touàt.
L'état politique du pays, la présence du chérîf Mohammed-ben-'Abd-Allah à Tn-SAlah ne me permirent pas de réaliser ce projet.
Après plusieurs mois consacrés à l'étude de l'intéressante contrée qu'habite la confédération Me^âbite, je risquai , muni d'une lettre de recommandation impérative du khalîfa Sîdi- Hamza, une reconnaissance aventureuse sur El-Goléa', ville dans laquelle aucun autre Européen n'a encore pénétré.
J'y fus très-mal accueilli, mais probablement un voyageur qui s'y rendrait aujourd'hui serait mieux reçu. Désormais nous connaissons les deux routes qui y conduisent de Methlîli.
Le reste de l'année 1859 fut consacré à des reconnaissances dans les différentes parties du Sahara dépendant des ' provinces d'Alger et de Constantine, de Laghouât au Soùf, et de Biskra à Ouarglâ.
La sécurité dont jouit le voyageur, même le voyageur privé, européen ou indigène, dans ces contrées gouvernées, à de grandes distances, par l'autorité française, est digne de remarque et fait un contraste frappant avec la situation qui a précédé leur soumission.
AVANT-PROPOS. v
Les six premiers mois de Tannée 1860 furent employés à explorer le Sahara tunisien : le Djérîd, le Nefzâoua jusqu'à Gâbès sur la petite Syrte. Protégé par des amer du Bey Sîdi-Sàdoq, obtenus par la bienveillante entremise de M. F. de Lesseps et de M. Léon Roches, consul général de France à Tunis, je fus toléré partout; mais je dois à la vérité de constater les préventions et la lierté blessante dont les sujets algériens sont victimes dans le Sud de la Tunisie.
En juin , j'étais de retour à Biskra. C'est là que je reçus des instructions et des subsides du gouvernement, ainsi que de nouveaux instruments, pour entreprendre l'exploration du pays des Touareg. La saison des plus grandes chaleurs était arnvée; elle rendait pénible la traversée d'EI-Ouâd à Ghadàmès, mais Texpérience du marabout targui Si-'Othmân et des guides Souâfa me fit surmonter cette difficulté, non sans fatigues, car j'étais à peine convalescent de fièvres contractées dans l'Ouàd-Rîgh.
A Ghadâmès, je reconnus bientôt la nécessité de m'appuyer sur l'autorité et le crédit dont jouit dans toute la Tripolitaine le consul général, M. P. E. Botta, et, après une courte station dans l'antique Cydamus, je me rendis sur le littoral, en prenant, à l'aller et au retour, des routes différentes, notamment celle, jusqu'alors inexplorée, qui longe le Djebel- Nefoûsal
Sur la demande de M. Botta, Son Excellence Mahmoud Pacha, gouverneur de la Tripolitaine, voulut bien me délivrer un bouyourouldi ^ ou ordre général à tous les fonctionnaires relevant de son autorité de me protéger et de me donner l'hospitalité.