DIVISIONS ET LIMITES GÉNÉRALES DES CONFÉDÉBATIONS TOUAREG
Cette étude est restreinte aux Touareg du Nord ; mais, pour la circonscrire dans les limites que je lui assigne, quelques lignes sur Tensemble de la nationalité targuie S sur ses divisions territoriales et politiques, semblent un préliminaire indispensable.
Sous le nom général de Touareg, nom d'origine arabe et adopté par les Européens , quoiqu'il soit repoussé par ceux auxquels il s'applique, on comprend quatre grandes divisions politiques correspondant à quatre grandes divisions territoriales, savoir :
La confédération des Azdjer ou Kêl-Azdjer*, au Nord-Est, avec le plateau du Tasîli du Nord et dépendances, pour patrie;
La confédération des Ahaggar ou Kêl-Ahaggàr. au Nord-Ouest, dans le mont Ahaggâr ou Hoggâr des Arabes;
I^ confédération d'AïR ou Kêl-Aïr, plus généralement connue
i. Touareg, au singulier Targui, au féminin tàrguia, en français targuie.
*i. Kû signifie gens de; souvent, dans le discours, on dit Azdjer, Ahagg&r, Air, pour dire gens d* Azdjer, gens d'Ahaggâr, gens d'Air. Pour simplifier, j'imiterai l'exemple des indigènes.
sous le nom de Kêl-Ouï, au Sud-Est, dans le massif iïAïr, également appelé Azben;
La confédération des Aouéummiden, au Sud-Ouest, dont le territoire comprend une portion montagneuse, VAdghagh^, et une portion plane, ÏAhâouagh.
Les Azdjer et les Ahaggâr constituent les Touareg du Nord, comme les Aïr et Aouélimmiden ceux du Sud.
Ces derniers ayant été visité? et étudiés avec beaucoup de soin par mon savant ami et protecteur, M. le D' Barth*, je n'ai pas à m'en occuper, estimant assez belle la part qui m'est dévolue, si je parviens à combler la lacune de l'exploration de mon illustre devancier.
Quoi qu'il en soit, je constate d'abord un caractère commun aux quatre confédérations des Touareg ; c'est que chacune d'elles a adopté comme centre de sa vie politique un système isolé de montagnes , refuge de son indépendance et foyer de ses libertés.
Deux de ces massifs isolés , ceux occupés par les Touareg du Nord, embrassent les points culminants du plateau central du Sahara et les points de partage des eaux entre le bassin de la Méditerranée et le bassin de l'Océan Atlantique; les deux autres, à un gradin inférieur du plateau , appartiennent au bassin du Niger.
Entre les quatre massifs, s'étendent de vastes plaines, véritables déserts arides, tantôt sablonneuses, tantôt rocheuses, tantôt à sol crayeux, parfois affectant la formation alluvionnaire des bassins salins des Sebkha, le plus souvent se présentant sous la forme d'un sol caillouteux, très-dur, d'où le nom arabe de Sahara qui signifie terre dure.
S'il est permis d'assigner à chaque confédération, comme étant son patrimoine propre, le massif de montagnes qu'elle occupe, il devient impossible d'indiquer, dans les plaines, là où commence, là où finit le territoire de chacune d'elles et de préciser les limites qui les séparent de leurs voisins non Touârcg.
Le droit de premier occupant, le seul à invoquer dans ces immenses terres de parcours, n'a de valeur sérieuse que s'il est appuyé sur une force capable de le faire respecter. Néanmoins, sous la