‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 26 sur 139 · DIVISIONS ET LIMITES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

DIVISIONS ET LIMITES GÉNÉRALES

réserve d'éventualités qui souvent substituent le fait brutal de l'invasion à la pratique pacifique d'usages consacrés par le temps, on peut assigner comme limites générales aux territoires occupés par les quatre confédérations Touareg, savoir :

Au Nord, 1® une ligne droite partant d'El-Hesî dans le Hamàdael-Homra de la Tripolitaine et allant à Ghadâmès; 2<> une ligne, également droite, partant de Ghadâmès et aboutissant à la limite Nord de la confédération indépendante du Touât;

A l'Ouest, les rebords oriental et méridional du plateau de Tàdemâyt et la route des caravanes d'Aqabli à Timbouktou;

Au Sud, une ligne partant de Timbouktou et aboutissant à Oungoua-Tsammit, au Nord de Zinder;

A l'Esl, d'abord une ligne parallèle à la route de Koûka à Mourzouk, mais d'un quart de degré à l'occident, puis la route directe de Mourzouk à Tripoli jusqu'à El-Hesî, où nous retrouvons le point de départ.

La limite septentrionale, sur laquelle je devrai revenir, sépare les Touareg du Nord des tribus algériennes, les Souàfa, les Rouâgha et les Chaânba, avec lesquelles ils sont aujourd'hui en bonnes relations après de longues luttes que l'administration française a fait cesser.

La limite occidentale sépare d'abord les Ahaggâr des oasis du Touât ainsi que des tribus nomades qui en dépendent , entre autres les Oulâd-Bà-Hammou ; puis elle place d'immenses déserts entre les Ahaggâr, les Aouélimmiden et les tribus nomades, arabes et berbères des rives de l'Océan Atlantique. Maigre la barrière d'affreuses solitudes que la Providence a placées entre des ennemis irréconciliables, ils parviennent néanmoins à se rencontrer quelquefois les armes à la main.

La limite méridionale, telle que je l'ai indiquée, est celle qui séparait autrefois les Touareg du Sud de l'ancien empire de Zonghay ; mais, depuis quelques années, les Aouélimmiden ayant reconquis sur les Fellàta les deux rives du Niger, jadis occupées par les Zonghay, la limite doit être reportée plus au Sud.

La limite orientale sépare les Touareg d'Aïr du peuple Teboû, et les Azdjer du Pachalik du Fezzân. En cette dernière partie, les Azdjer occupent des territoires appartenant à la Turquie, mais sans subir.sa domination.

Dans ces limites, l'ensemble des territoires des quatre grandes

k TOUAREG DU NORD.

divisions du peuple targui forme , entre l'Afrique septentrionale et l'Afrique centrale, un immense quadrilatère que le tropique du Cancer partage en deux moitiés à peu près égales, et que les géographes connaissent sous le nom de plateau central du Sahara.

Les Touareg donnent à leur pays le nom général û'Adjema, synonyme de Sahara.

D'après eux, les points de Timissaosur TOuâdi-Tarhît, d'Asiou et d'In-Guezzam sur TOuàdi-Tàfasàsset sépareraient les Touareg du Nord de ceux du Sud et les deux grandes gouttières d'écoulement des eaux de leur pays, l'Ouâdi-lgharghar et l'Ouâdi-Tàfasàsset, l'une au Nord, l'autre au Sud, seraient généralement acceptées, mais non sans quelques exceptions particulières, comme lignes de démarcation entre les confédérations orientales et les confédérations occidentales.

Ces divisions générales posées, je rentre dans l'objet spécial de ce travail : les Touareg du Nord.

Page 1