‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 27 sur 139 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

La géographie physique du grand plateau central du Sahara offre à l'observation deux phénomènes caractéristiques qui appellent au même degré l'attention du voyageur et l'obligent, à son insu, à rechercher la cause d'exceptions aussi considérables : d'un côté, d'immenses plateaux dénudés, où la roche, continuellement balayée par les vents, n'est recouverte de terre végétale que dans les parties abritées; d'un autre côté, d'immenses bas-fonds, envahis par les sables, de manière à faire disparaître le sol primitif et dans lesquels s'amoncellent, en véritables montagnes, des dunes de 100 mètres et plus de hauteur.

Quoique les dunes occupent peu d'espace dans les territoires parcourus par les Touareg du Nord, je ne crois pas pouvoir m'abstenir, avant de pénétrer dans les régions élevées du plateau central du Sahara, de chercher à donner une idée, aussi nette que possible, de la zone qu'elles forment entre la chaîne atlantique et les massifs de l'intérieur.

Ce chapitre comprendra donc deux paragraphes : l'un spécial à la zone des dunes, l'autre exclusivement consacré aux parties surélevées des plateaux, dont les détritus jouent un si grand rôle dans la géographie physique du Sahara.

S !•'. — ZOWB DES DUNES.

Les noms suivants ont été donnés aux diverses parties de cette zone par le^ populations qui la traversent :

'Erg, 'Arg, 'Areg (veines), par les Arabes * ; Adehî, au plur. Edeyen (dunes), par les Touareg;

1. CaiUé écrit Helk, mais, par la description de la contrée à laqueUe il donne ce nom , il est facile de reconnaître quMl a mal entendu le mot *Erg.

Iguidi, Igdia, K-Ci^rféo (dunes), par les Berbères marocains et sénégaliens.

Cette zone a été reconnue ou traversée, par des voyageurs européens, sur différenls points de son immense étendue, savoir :

Au Sud de VOuâd-Noûn, entre le Sénégal et le Maroc, du 22^ au 230 latitude N. par M. Panet, en 1850; par M. le capitaine Vincent, en 1860;

Au Sud du Maroc, par René Caillé, en 1828, du 22« au 28'» latitude N.;

Au Sud de l'Algérie, entre les montagnes des Oulâd-Sîdi-Cheïkh et le Touât, par MM. de Colomb, Colonieu et Marrés ; entre El- Golêà et le plateau de Tàdemàyt, par moi, en 1859 ; entre Ouarglâ et la Zaouiyade Timâssaiiîn, par M. Ismayl-Boû-Derba, en 1858; entre El-Ouâd et Ouarglâ, par moi, en 1860 ;

Au Sud de la Tunisie, entre El-Ouâd et Nafta, par moi, en 1860; entre El-Ouâd et Ghadâmès, par M. le capitaine de Bonnemain, en 1858; par moi, en 1860; par la mission placée sous la direction de M. le lieutenant-colonel Mircher, en 1862 ;

Dam la partie Sud de la Tripolitaine, entre El-Hesî et TOuâdi-el- Gharbi, par M. le docteur Barth, en 1850; entre le plateau de Tînghert et la vallée des Igharghâren, par moi, en 1860; entre rOuâdi-el-Gharbi et les lacs du Fezzân, par moi, en 1861.

De plus, j'ai recueilli, par renseignements, de nombreux itinéraires traversant F 'Erg dans toutes les directions : trente-trois, pour la zone comprise entre Ouarglâ, Gâbès, Ghadâmès et ïimâssanîn ; trois entre El-Golêà et le Touât; quatre entre le Beni-Mezâb et le Maroc; trois entre Geryville et le Gourâra; enfln des détails trèscirconstanciés sur la limite des dunes au Nord et à l'Ouest des montagnes des Touareg.

Avec ces éléments, complétant ceux fournis par les autres voyageurs, on peut aujourd'hui estimer, au moins approximativement, l'étendue et la direction générales de la zone des dunes, entre la Méditerranée et l'Océan Atlantique.

Si je ne me trompe, cette zone s'étendrait, avec ou sans interruptions, du Nord-Est au Sud-Ouest, sur une longueur de 2^0 myriamètres environ, du golfe de Gâbès, dans la Méditerranée, au cap Barbas, sur l'Océan Atlantique, en suivant une direction qui semble comman-

(lée par la disposition réciproque de la chaîne atlantique et du massif des montagnes des Touareg. Le plus grande largeur de cette zone serait de 50 myriamètres; la plus petite, de 5,

Les causes constitutives d'un phénomène géologique aussi étendu seront étudiées ultérieurement; pour le moment je me borne à constater ce que j'ai vu et ce que j*ai appris.

Les indigènes distinguent quatre variétés de formes de dunes :

La Gara (plur. Goûr), sorte de témoin, rocheux ou terreux» qui marque l'ancien niveau du sol primitif:

LeGhourd, vraie montagne de sable qui atteint parfois les dimensions des montagnes ordinaires;

La Zemla, dune allongée, régulière, affectant la forme d'un dos d'âne, avec pente normale sur ses deux principales faces;

Le Si/; dune comparée à la lame d'un sabre, semblable à la précédente, mais en différant par la paroi verticale de Tune de ses faces.

La Gara n'est pas une dune proprement dite, car sa base est la roche ou une terre compacte ; le Ghourd, la Zemla, le Sîf ne sont que des masses de sables.

Ces différentes formes de dunes sont séparées entre elles par des dépressions parmi lesquelles les indigènes distinguent aussi quatre variétés : le Thenîya, YOuâd, le Haoudh, le Saimn.

Le Thenîya est un col oblong, étroit, resserré entre deux dunes, servant généralement de passage aux caravanes, mais dont la traversée ne s'opère pas toujours sans difficulté, car, en raison de leur étroitesse, ces défilés sont souvent barrés par des amas de sable provenant d'éboulements ou accumulés par les vents. Alors on doit parfois s'ouvrir un sentier à lacets en pratiquant à la main un plan incliné qui permette aux chameaux de prendre pied.

L'Ouàd est une vallée, plus large que le Thenîya, toujours ouverte dans la direction des vents régnants et formée par eux. Son basfond sert de réservoir aux eaux pluviales, d'où lui a été donné le nom d'Ouâd (lit de rivière).

Le Thenîya et l'Ouâd prennent le nom de Dourîya (tournant), quand une dune circulaire oblige la dépression à prendre la forme d'un labyrinthe.

Le Haoudh est un bassin d'une certaine étendue qui laisse quelquefois plusieurs kilomètres d'intervalle entre une dune et une autre;

Le Sahan est une dépression plate, dont le palier est généralement composé de sable en mélange avec du plâtre cristallisé.

C'est dans les bas-fonds des Thenîya, des Ouâd, des Dourîya, des Haoudh, des Sahan, comparés par les Arabes à un réseau de veines, (*Erg, 'Areg) que se trouvent les chemins et les puits sans lesquels les dunes seraient infranchissables.

On aura une idée approximative de l'aspect général des dunes en se figurant une mer en courroux qu'un miracle aurait instantanément solidifiée. Les Goûr seraient les pointes de rochers montrant leurs létes au milieu des eaux; les Ghourd, les Zemla et les Sîf, les vagues que les vents auraient soulevées et dressées au-dessus du niveau général ; les Thenîya, les Ouàd, les Dourîya, les Haoudh et les Sahan, les dépressions houleuses séparant les vagues.

Mais quelle que soit la puissance de l'imagination de l'homme, elle ne peut pas plus se figurer l'émouvant spectacle du chaos des dunes que celui des mers de glaces à leur dégel. Il faut avoir vu, et, quand on a vu, renoncer à reproduire ses impressions.

Plus de détails sont nécessaires sur les dunes, les chemins et les puits de l"Erg.

Si la pente de quelque Zemla est assez douce pour qu'un homme, s'aidant de ses mains et de ses pieds, puisse,* à la rigueur, la gravir, on peut affirmer que, ni homme ni animal d'aucune espèce, n'a pu lutter contre les pentes de quelques Ghourd.

La hauteur des dunes, comme leurs formes, varie 5 l'infini, depuis celle d'un petit tertre de 1 à 3 mètres, jusqu'à celle du pic s'élevant à 150 et même 200 mètres.

Ici, la base d'une dune présentera un développement de 4 à 6 kilomètres; là, elle n'aura pas une centaine de mètres.

Dans les parties de T'Erg que j'ai parcourues, il n'y a pas une dune importante qui n'ait un nom propre que tous les bons guides connaissent.

Bien que les vents régnants déplacent continuellement les sables à la superficie des dunes et en modifient nécessairement la forme, les proportions, par rapport à la masse, dans lesquelles ont lieu ces changements sont tellement minimes et inappréciables à l'œil , qu'il faut la vie d'un homme pour constater quelque différence sensible. Cela se comprend : le vent opposé remet en place, le lendemain, le grain de sable déplacé la veille. Cependant, il est incontestable que

les dunes marchent dans la direction des vents alizés, du N.-E. au S.-O.

Il est plus facile de constater le déplacement continuel des sables sur le terre-plein du sol. En marche, par exemple, lorsque le vent souffle, un voyageur ne peut suivre la trace des pas de son compagnon, si ce dernier le devance de quelques mètres seulement. Comme le navire à la mer qui ne laisse de trace de son sillage que par les résidus de Toffice surnageant à la surface des eaux, de même la caravane ne marque souvent son passage sur les sables que par les crottins de ses chameaux.

L'absence de tracé de route, l'obligation de cheminer dans des dépressions sans horizons, le changement d'aspect des lieux, font que les voyages à travers T'Erg présentent toujours des difficultés sérieuses.

Avant d'entrer dans l"Erg, le Cheikh-'Othmân, chargé de me conduire chez les Touareg, me fit quatre recommandations :

a M'armer de beaucoup de patience et de résignation;

« Ne pas intervenir dans les discussions des guides ou khebh\ relativement à la marche de la route ;

(t Faire provision de beaucoup d'eau ;

« Être libéral envers les guides, envers mes serviteurs et mes compagnons de voyage. »

L'expérience avait dicté ces conseils à la sagesse du Cheikh- 'Othmân.

Mes compagnons de voyage, connaissant les dangers de la traversée, recommandèrent leur âme à Dieu, au prophète, à tous les marabouts, en réclamant leur puissante intervention pour les faire sortir sains et saufs d'un pays qu'ils qualifiaient de champ de la mort.

Des guides sont indispensables pour voyager dans T'Erg; quand je quittai El-Ouâd, l'autorité locale exigea que j'en eusse deux, comme garantie de sécurité.

La profession de guide est héréditaire dans certaines familles et elle constitue chez elles une sorte de sacerdoce, car de l'expérience du guide dépend souvent le salut ou la perte d'une caravane. On juge de l'importance de cette profession par le respect dont tous les khebîr sont entourés et par les honneurs qui leur sont rendus au départ et à l'arrivée de chaque caravane.

La marche à travers les sables n'est pas sans difficultés pour les

chameaux eux-mêmes, et, pour les surmonter, il faut qu'ils y soient habitués dès leur enfance, si la distance à parcourir est un peu considérable. L'habitude des sables donne aux pieds de l'animal une conformation appropriée aux besoins : élargissement de la surface plantaire, à la façon des palmipèdes, pour ne pas enfoncer; ongles aigus et longs, pour éviter les glissements aux montées et aux descentes.

Quoique les sables soient des éponges qui absorbent les eaux pluviales et les conservent à l'abri de l'action solaire, la question des puits a une importance réelle par la profondeur à atteindre pour trouver l'eau, par la nécessité de les coffrer dans la partie sablonneuse et mouvante des terrains traversés , par l'obligation d'entretenir ces coffrages et de couvrir les orifices, si l'on veut prévenir les éboulements et les ensablements, qui transforment les puits vivants en puits morts, pour me servir de l'expression caractéristique des indigènes.

Entre El-Ouâd et Gbadâmès, j'ai mesuré la profondeur des puits des stations de ma route ; elle s'élève successivement de 8" 55 à 22"30, dernière limite que les indigènes, avec les moyens dont ils disposent, puissent atteindre.

Le coffrage est fait au moyen de poutrelles de palmier et de fascines en branchages.

Généralement, on trouve l'eau dès que la pioche du puisatier a traversé la couche de sable qui recouvre le sol primitif, et généralement aussi elle est de bonne qualité. Cependant il y a quelques puits dont l'eau est saumâtre.

L'absence de seuil à l'orifice des puits, malgré le soin de les couvrir, fait que les vents y amoncellent des sables et des crottins de chameau qui les comblent ou altèrent la qualité de leurs eaux. Quelquefois l'abondance des matières étrangères est assez considérable pour qu'à l'arrivée des caravanes il faille les nettoyer avant d'avoir de l'eau potable; pour éviter ce travail très-fatigant et très-pénible, les khebîr ont toujours le soin d'ordonner de recouvrir les puits d'une couche de branchages; mais jamais ce travail n'est fait avec assez de soin pour empêcher les sables d'y pénétrer. Comment le pourrait-on, quand on ne peut éviter leur introduction dans les chronomètres les mieux fermés?

Le fascinage qui couvre l'ouverture des puits n'est réellement

efficace que pour prévenir les chutes d'hommes ou d'animaux.

Pour abreuver les chameaux, on a des auges en terre argileuse pratiquées dans les déblais qui ont été tassés à cet effet au moment de l'ouverture des puits.

Dans toute la région de T'Erg, le maximum de profondeur des puits paraît être de 22 à 25 mètres. Quand il y a lieu à creuser plus profondément, on s'abstient, sans doute à cause des difficultés de forage et de coffrage; aussi, dans les parties que j'ai parcourues, les puits sont limités à la zone la plus rapprochée des lignes de fond des oasis algériennes. Le reste est complètement dépourvu d'eau.

Sur la carte qui accompagne ce travail, je comprends la presque totalité de la partie orientale de T'Erg dans les limites frontières de rAlgérie. Voici les raisons sur lesquelles s'appuie cette délimitation nouvelle :

Tous les puits de cette partie de T'Erg ont été creusés et sont entretenus par les Souâfa, les Rouâgha et les Ghaânba, tribus soumises au gouvernement de l'Algérie.

Ges tribus sont les seules dont les chameaux aient la pratique de TErg; enfin, elles sont les seules chez lesquelles on trouve deskhebîr pour guider les voyageurs.

Les puits de Berreçof, de Bîr-Ghardâya et de Bîr-Djedîd, ainsi que les territoires de parcours qui en dépendent, appartiennent incontestablement aux Souàfa, à l'exclusion de tous autres, car toujours les bergers et les chasseurs de cette tribu y ont leurs campements.

Ges faits, dont l'authenticité est irrécusable, portent dans l'Est la limite méridionale de l'Algérie, au delà du Sahara tunisien, jusqu'aux territoires de la Tripolitaine et des Touareg.

Le nom d'un de ces puits rappelle celui d'un gouverneur de Conslantine, Sàlah-Bey, dont le règne a laissé dans toute la province, par des institutions et des travaux remarquables, les traces évidentes d'un grand génie.

Au Sud de Methlîli, sur la ligne que j'ai reconnue en 1859, la limite est celle des terres de parcours de Ghaànba d'El-Golêà, limite qui, à peu de distance au Sud de cette ville, vient se confondre avec celle des terres de parcours des Touareg et des Oulàd-Bâ-Hammou, arabes nomades de la confédération indépendante du Touât.

Les chefs Touareg, dont j'ai pris l'avis, assignent à leur territoire, comme limite Nord, les points suivants :

Tin-Yagcuin, sur la route de Ghadâmès à In-Sàlah, par la voie d'El-Beyyodh ;

*AïN-irr-TAÏBA, sur la route d'Ouarglâ à Timâssanîn ;

HamÂd-el-'Atchan*, sur TOuâd-Mîya, entre les Touareg et les Chaénba d'El-Golêa*.

La localité de Tigmi, disent-ils, est aux Touareg.

A moins d'admettre qu'entre ces points et ceux occupés par nos tribus, il y ait une zone n'appartenant à personne, la presque totalité de T'Erg au Sud et au Sud-Est de nos possessions fait partie de l'Algérie.

D'ailleurs, dès que les Touareg veulent généraliser leurs déterminations, ils disent : « Les Dunes (El-'Erg) sont aux.Souâfa et aux Chaânba, et les Plateaux au Sud (Hamàd) aux Touareg, w

Ces derniers revendiquent, comme leur appartenant, le plateau de Tâdemâyt, quoique les arabes d'In-Sàlah et d'El-Golêà y mènent paître leurs troupeaux.

J'aurai, dans la suite de ce travail, l'occasion d'apporter un nouveau témoignage à l'appui de celui des Touareg, en constatant que Ghadâmès faisait partie de la Numidie et que sa garnison lui était fournie par la III® Légion Auguste, dont le dépôt était à Lambèse.

\ l'époque romaine, comme aujourd'hui, la propriété des puits entraînait celle de la contrée qu'ils pourvoyaient d'eau.

Je terminerai ce que j'ai à dire de la zone de T'Ergen signalant au Sud-Est d'Ouarglà et à l'Ouest de Ghadâmès les ruines d'El- Menzeha et d'Es-Sohoûd, sur l'emplacement d'une ville fort ancienne, qui, d'après la tradition, aurait eu jadis une certaine importance, mais dont les chroniques arabes ne font aucune mention.

J'ignore en quoi consistent ces ruines, à quelle ci\nlisation elles appartiennent ; je sais seulement qu'elles sont au milieu des dunes et que l'abandon de la ville est attribué à l'invasion des sables.

1. Hamàd-el-'Atchàn est situé près de Tln-Fedjaouin ; c'est un point très-facile à trouver, car on y signale des peupliers blancs {safsaf)^ arbres exceptionnels à cette latitude.

S 11. — MASSIF TOUÂHEG.

Vu de haut et d'ensemble, le massif Touareg offre une série de plateaux superposés, s'élevant graduellement, par étages, de hauteurs de 500 à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer jusqu'à 2,000 mètres environ d'altitude.

Le Ahaggâr est le point culminant; viennent ensuite, en contrebas, le Tasîli* du Nord et la chaîne d'Anhef qui atteignent des altitudes de 1,500 à 1,800 mètres ; sur la circonférence de ces trois points surélevés on trouve, à un gradin inférieur, le plateau d'Eguéré, la chaîne de TAkàkoûs, la chaîne de TAmsâk, la Hamàda de Mourzouk, la Hamàda-el-Homra, la Hamàda de Tînghert, le plateau de Tàdemàyt, celui du Mouydîr, le Bàten Ahenet, le Tasîli du Sud et une Hamàda innomée, à l'Est du Tâfasâsset, séparative du pays des Touareg du Nord de celui des Teboû.

Tout ce pâté constitue, sinon en totalité, du moins en partie, ce qu'on appelle, en géographie, le plateau central du Sahara.

Dans son ensemble, il présente trois versants qui forment trois grands bassins, vallées ou gouttières d'écoulement des eaux pluviales vers la mer : un versant méditerranéen qui embrasse toutes les têtes de l'Ouàdi-Igharghar ; un versant nigritien, à l'opposite du précédent, dont toutes les eaux se réunissent dans l'Ouâdi-Tâfasàsset, affluent du Niger; enfin un versant occidental que j'appellerai atlantique, parce que, malgré l'obstacle des dunes d'Iguîdi, ses eaux doivent aboutir à l'Océan Atlantique par l'Ouâdi-Drâa.

Quelques lignes sur les principaux reliefs de ce pâté doivent compléter cette énumération.

Ahaggâr : Le Ahaggâr est le point le plus élevé du plateau central du Sahara, dont il forme la tête occidentale. D'après un plan en relief dressé dans le sable par le Cheikh-'Othmàn lui-même, ce serait un immense plateau, de forme circulaire, se prolongeant vers le Nord, sous le nom de Tîfedest, en forme de promontoire, jusqu'au mont Oudân que les indigènes qualifient de nez du Ahaggâr, Ce

1. Tastti signifie p/ateau élevé et accidenté; /iamdda désigne un plateau large, plat et bas ; bàten est une expression géographique propre au Sahara, qui correspond au mot colline.

massif s'élève par gradins supeqwsés, œuronnés eux-mêmes par un dernier plateau, TAtakôr-n-Ahaggâr {faite du Ahaggâr), au centre duquel se dressent deux pics jumeaux, Ouâtellen et Hîkena, que je n'hésite pas à considérer ainsi que TOudàn comme des puys volcaniques analogues à ceux de l'Auvergne. D'autres puys ou pics isolés, volcaniques ou non, existeraient aux étages inférieurs de la montagne, ceux d'Aheggar, d'ilamân, de Tahàt, sur le gradin intermédiaire; ceux de Tasnao, de Téhé-n-Akeli, de Tâhela-Ohàt, de Serkout, sur le gradin inférieur.

Tasili du Nord : Ce tasîli, généralement connu sous le nom de TaMli des Azdjer, pour le distinguer d'un autre tasili sis au Sud du Ahaggâr, est un grand plateau, ainsi que l'indique son nom, mais très-accidenté, car de nombreuses vallées, étroites et encaissées, le découpent en caps allongés, surtout sur son rebord Nord. Son rebord Sud, plus élevé que le précédent, est comme le Ahaggàr couronné d'un plateau supérieur, l'Adrar, dominé lui-même par le pic d'In- Esôkal, certainement un puy volcanique. Divers plateaux secondaires ou pitons isolés marquent le relief de ce massif. Je cite entre autres: Takarâhet, Asàdjen,Tàfelàmin, Atafeyfagh, Tinaorherh, Têlout, Eselî, Aderedj, Mezzerîren, Tahônt-Terohet, Eguelé, Adjer. A l'aval de ces points culminants et dans les lignes de fond des ouâdi sont de nombreux lacs persistants dont l'existence, en pareil lieu, ne s'explique que par la transformation d'anciens cratères en réseiToirs d'eau.

La forme du Tasîli du Nord est celle d'un grand carré long, isolé, dont les murailles s'élèvent presque verticalement à pic audessus du milieu environnant.

Chaîne d'Anhef : Cette chaîne, entièrement isolée aussi, semble un coin jeté entre le Ahaggàr et le Tasîli du Nord. M. le docteur Barth , qui a traversé son faîte entre les origines du Tâfasâsset, la représente couronnée de pics, comme le Tasîli et le Ahaggàr. Sans doute, cette chaîne est aussi due à la même formation volcanique. Ce qu'on dit de la localité de Tâdent, campement renommé pour l'abondance de ses eaux et la richesse de sa végétation, l'assimile encore davantage au Tasîli et au Ahaggâr.

Plateau d'Eguéré : Plus encore que l'Anhef, le petit plateau d'Eguéré ressemble à un coin, interposé entre le Tasîli, le Mouydîret le Ahaggàr, comme pour les séparer. On le prendrait volontiers pour un fragment détaché de l'un de ces trois massifs, au moment

de la dislocation, par l'action souterraine du feu, du grand plateau central du Sahara.

Chaîne de rAkâkoûs : Presque parallèle au rebord oriental du Tasîli dont la gorge d'Ouaràret la sépare, la chaîne de TAkâkoûs, peu large, mais étendue du Nord au Sud, est un massif de rochers infranchissable et peu connu, même des indigènes, car ils redoutent de s'y égarer. Ils citent cependant la localité de Tâderart comme ayant du être un ancien centre d'habitation, car on y remarque des myrtes, nécessairement introduits par la culture, et des sculptures rupeslres importantes, indices d'une civilisation disparue.

Chaîne de l'Amsâk : Je donne ce nom, en cela d'accord avec les indigènes, au rebord rocheux du grand plateau de Mourzouk, parce que sa traversée, dans certaines parties, offre les diflBcultés d'une véritable chaîne de montagnes. L'Amsàk nous est connue dans sa partie Ouest par le voyage de M. le docteur Barth et dans sa partie Nord par mes reconnaissances, entre le désert de Tâyta et rOuâdi-ech-Chergui. Ses prolongements au Sud et à l'Est sont encore inconnus.

Hamâda de Mourzouk : Quoique de nombreux voyageurs aient traversé ce plateau dans toutes les directions, ses limites orientales et méridionales sont vaguement indiquées, sans doute parce qu'il se continue sans ligne de démarcation tranchée jusqu'au Hâroûdj-el- Abiodh dans l'Est, et vers le Sud jusque dans une partie du Sahara encore inexplorée.

Le caractère de ce plateau est d'être uniformément plat, sauf quelques dépressions, bas-fonds d'anciens lacs desséchés, dans lesquelles sont les oasis de l'Ouâdi-'Otba, de la Hofra et de la Cherguîya. .

On pourrait à la rigueur considérer cette hamàda comme une prolongation orientale du plateau du Tasîli des Azdjer.

Hamàda-el-Homra : Partie seulement de cette hamâda, nommée le plateau rouge à cause de sa couleur, appartient aux Touareg, mais, géographiquement, elle ne saurait en être distraite, car elle sert d'assise inférieure aux massifs du Sud et les relie aux formalions volcaniques du Hâroûdj-el-Asoued, de la Soda, de la Syrte et du Djebel-Nefoûsa.

Rien ne donne l'idée du désert, dans sa monotone nudité, comme cette hamâda : ni une goutte d'eau, ni une plante, ni un insecte ne

s'y rencontreQl. La puce elle-même ne peut y vivre, et la limite Nord de ce plateau est la limite méridionale de ce parasite. A la place de tout ce qui réjouit la vue du voyageur en d'autres pays, on a là la roche nue, une chaleur réfractée accablante, des vents que rien ne brise, pas même d'horizon, tant la hamâda est grande, de sorte que l'uniformité de la désolation est absolue.

Hamâda de Tinghert : Tînghert signifie pierre à chaux. Cette hamâda, sur laquelle est assise la ville de Ghadàmès, n'est, en réalité, qu'une continuation à l'Ouest de la Hamâda-el-Homra, sous un nom différent, l'un arabe, l'autre berbère, à cause de la nature différente de la roche de sa base. Au Nord-Est, ce plateau commence au pied du Djebel-Nefoûsa, pour finir au Sud à la dépression d'Ohânet, tête des eaux de Timàssanîn. Dans l'Ouest comme dans l'Est ses limites sont indéterminables, car tout indique qu'il se continue sous les sables de l"Erg jusqu'aux plateaux de Tàdemàyt, des Cha'anba et des Benî-Mezâb, dans le Sahara algérien.

Plateau de Tâdemâyt : Ce bas plateau, compris entre l"Erg, le Touàt et les étages supérieurs du massif des Touareg, joue un certain rôle dans l'hydrographie de cette partie du Sahara. Par son rebord occidental, qui porte le nom de Bâten, et par sa tête (Ràs Tâdemâyt), sise à l'angle Sud-Ouest du vaste quadrilatère qu'il forme, il donne au Touât les eaux qui alimentent ses trois cents villages et arrosent les forêts de palmiers qui les environnent; par l'éventail de son versant Nord-Est, il fournit à l'Ouâd-Mîya, la rivière des cent sources, les nombreuses origines qui lui ont valu ce nom.

Un rebord nettement accentué limite ce plateau sur ses quatre faces et protège la partie du Touàt qu'il abrite contre l'invasion des • sables de 1' 'Erg.

Plateau du Mouydîr : Ce plateau, qui semble former dans le Nord- Ouest le pendant de la chaîne d'Anhef dans le Sud-Ouest, est remarquable par sa forme oblongue, concave sur un de ses rebords, convexe sur l'autre, et surtout par le pic d'Ifettesen qui en occupe le centre, probablement un puy volcanique aussi', et d'où partent.

1. Je suis d*aatant plus disposé à croire à la formation volcanique du pic d'Ifettesen , que dans la plaine d'Adjemôr, au pied du plateau, se trouve une source sulfureuse, Dhàyâ-el-Kâhela.

dans trois directions opposées, rOuâdi-Rharîs, affluent de l*lgharghar, rOuàdi-Tîrhehêrt et l'Ouâdi-Akâraba, qui vont se perdre dans les sables de TOuest.

Bâlen Ahenet : Bàten est une expression technique de géographie saharienne, comme hamâda, tasîli, adrar; elle indique un relief du sol, allongé et peu considérable. Celui d' Ahenet, orienté Sud-Est et Nord-Ouest, occupe le centre d'une hamàda entre le Ahaggàr, le Mouydîr, le Touât, les dunes d'Iguîdi, le Tànezroûft et le Tasîli du Sud.

Tasîli du Sud : Le Tasîli du Sud, qu'on désigne aussi sous le nom de Tasîli des Ahaggâr, pour le distinguer de celui des Azdjer, est un plateau rocheux, sans eau, sans végétation , presque inconnu des indigènes eux-mêmes, tant il est inhospitalier. Les chameaux qui s'y égarent, disent les Touareg, ou périssent ou deviennent sauvages, car personne ne veut exposer sa vie pour aller les rechercher.

Ce tasîli sépare le Ahaggâr de l'Adghagh des Aouélimmiden.

De ces détails, je passe à l'examen de la cause qui a déterminé ces reliefs.

J'ai attribué à ufi soulèvement volcanique la formation isolée de chacun de ces plateaux; mon opinion à cet égard est basée, pour les points les plus remarquables, sur des témoignages géologiques.

La présence certaine de roches pyrogènes * dans les massifs du Ahaggâr et du Tasîli, ainsi que dans les montagnes de la Soda au Sud de Sôkna et du Hâroûdj à l'Est d'El-Fogha ; la situation de ces quatre massifs, sur une même ligne courbe, me portent à penser que le soulèvement de ces montagnes peut très-bien être dû au même effet volcanique, quoiqu'elles soient à de grandes distances les unes des autres. Cette appréciation , si elle était confirmée, s'accorderait parfaitement avec les nouvelles découvertes sur l'action circulaire des tremblements de terre.

La distribution géographique des roches volcaniques dans cette partie du continent africain nous montre l'action du feu souterrain commençant à la grande Syrte où l'on connaît des mines de soufre, se continuant à Ghariân où percent quelques roches de basaltes et se

t. Le massif d'Air aussi renferme des roches pyrogènes.

prolongeant jusqu'à la Soda et au Hàroûdj, pour reparaître dans le Tasîli et le Ahaggàr chez les Touareg.

La zone de ces formations est d'autant plus large qu'elle s'avance plus vers le Sud-Ouest.

Telle est la charpente du pays des Touareg du Nord, je devrais dire son squelette, car les plateaux et les montagnes sont presque toujours décharnés.

Entre ces montagnes et au pied de leurs versants , se trouvent des plaines et des vallées qui complètent l'ensemble du territoire.

Ces plaines sont ; Amadghôr, Admar, Ouaràret, Tàyta, Ouàdi- Lajâl, Igharghâren et Adjemôr.

Plaine d' Amadghôr : Cette plaine, connue Sous le nom de Reg (la plaine), est un long couloir entre le Ahaggàr, la chaîne d'Anhef et le Tasîli du Nord ; elle appelle l'attention à plus d'un titre.

Au centre est une sebkha ou lac salin desséché qui donne, en grande abondance, un sel excellent, jadis utilisé, mais dont l'exploitation est aujourd'hui abandonnée, par suite de l'insécurité qui règne dans la contrée.

Jadis aussi une foire annuelle, remplacée depuis par celle de Rhât, se tenait sur les bords de la saline,* et une grande voie de communication directe entre Ouraglâ , Agadez et le Soudan , très-fréquentée par les caravanes , la traversait dans toute sa longueur.

Comme il n'y a, dans le Sahara occidental, que quatre salines pour alimenter de sel cinquante millions de nègres qui en ont le plus grand besoin, il y a lieu d'espérer la réouverture prochaine du marché d' Amadghôr, car, au dire des indigènes, le sel de cette contrée est aussi beau que celui de la sebkha d'Idjîl, et supérieur à ceux de Taodenni et de Bilma. C'est au gouvernement de l'Algérie, qui a le plus grand intérêt à rétablir des relations directes avec le Soudan, à hâter le moment où la paix permettra de reprendre l'exploitation abandonnée. Les quatre confédérations des Touareg le désirent vivement; déjà les Kél-Ouï de l'Aïr, dont les caravanes ont souvent été pillées à Bilma , sont entrés en pourparlers avec les Azdjer et les Ahaggàr à cet effet.

La plaine d* Amadghôr doit être ti'ès-élevée au-dessus du niveau de la mer, car elle est, avec le Ahaggàr et le Tasîli des Azdjer, un des points de partage d'eau entre le bassin du Niger et celui de

la Méditerranée. La ligne séparative des deux bassins est jalonnée par une série de petits monts isolés qui semblent relier le pic ahaggârien du Serkoût au mont tasîlien d'Ounân et servir de trait d'union entre les volcans éteints du Ahaggâr, ceux du ïasîlr et môme de TAnhef.

La sebkha d'Amadghôr ne paraît plus communiquer aujourd'hui avec le lit de Tigharghar, mais, si elle ne lui fournit plus d'eau, elle donne encore à tout le bassin les principes salins qui sont un des caractères communs des puits et des chott échelonnés sur tout le parcours de l'ouàdi.

Piaille d'Admar : Resserrée entre le Tasîli et la chaîne d'Anhef, la plaine d'Admar aboutit, par son extrémité occidentale, à celle d'Amadghôr et, par son extrémité orientale, elle va se confondre avec un désert sans nom, une hamàda, qui sépare le pays des Touareg de celui des Teboû.

Vallée dOuarâret : Une partie porte le nom d'Aghelad-wàn- Azàrif , dè^ de Calxm, parce qu'on y trouve des affleurements de ce sel. Cette vallée n'est en réalité qu'une large gorge qui sépare le Tasîli de l'Akâkoûs et par laquelle passe la route de Ghadàmès à Rhàt. En raison de cette grande voie de communication, elle a une importance réelle dans la géographie physique du pays.

Plaine de Tàyta : Aride, sans aucune végétation, couverte de cailloux, elle est plutôt un désert séparatif, participant de la nature des hamàd, qu'une plaine proprement dite, car les indigènes ne réservent ce nom qu'aux parties abritées de leur territoire et dans lesquelles les alluvions des plateaux environnants permettent à la végétation de s'y développer. J'ai considéré ce désert comme une plaine parce qu'il est dominé par l'Akâkoûs et l'Amsâk entre lesquels il est situé.

Vallée de VOvÂdi-Lajâl: Cette vallée, comprise entre l'Amsâk et les dunes d'Edeyen , est couverte d'oasis , de forêts de palmiers et de gommiers. Dans sa partie occidentale, par laquelle elle comraiAique avec la plaine de Tâyta, elle prend le nom d'Ouâdi-el- Gharbi, et, dans sa partie orientale, celui d'Ouâdi-ech-Chergui. La nature de son sol rappelle celle des terres alluvionnaires de rOuâd-Rîgh, terres légères, un peu salines, parfaitement propres à la culture.

Au Nord et au Sud de cette vallée principale on trouve deux

petites vallées isolées, de même nature, rOuâdi-ech-Chiati et TOuâdi- 'Otba.

La Hofra (dépression) de Mourzouk et les oasis de la Cherguiya rentrent aussi dans le même système de formation.

Plaine des Igliarghâren : igharghâren *, les rivières, est le pluriel d'Igharghar, nom que porte la grande vallée d'écoulement des eaux de tout le versant méditerranéen du massif des Touareg. On a appelé ainsi la vaste plaine qui longe le pied Nord du Tasîli , de Tîterhsîn à Timàssanîn, parce qu'elle reçoit toutes les rivières qui descendent du plateau et forment la tête orientale de Tartère principale du pays.

Cette plaine basse, abritée des vents du Sud, riche en alluvions et en eaux à peu de profondeur, est le refuge des Touareg Azdjer dans les années calamiteuses , c'est-à-dire dans lès périodes de longues sécheresses.

Sa pente générale est du Sud-Est au Nord-Ouest, mais cette pente semble ne plus être continue aujourd'hui; dans le haut, des amas d'alluvions, arrêtés à mi-chemin de leur course, ont transformé cette vallée en plusieurs bassins ; dans le bas , des dunes de sables la barrent et l'empêchent de communiquer à ciel ouvert avec le lit de l'Igharghar, mais la communication souterraine des eaux a toujours lieu comme dans les temps anciens.

La nature de son sol est une terre sablonneuse, micacée.

Plaine d'Adjemôr : La plaine d'Adjemôr, orientée Est et Ouest, avec pente à l'Ouest, est comprise entre les plateaux de Tàdemâyt au Nord et du Mouydîr au Sud. Par son extrémité occidentale, elle aboutit au Tidîkelt, l'une des confédérations du Touât.

Cette plaine est, dans l'Ouest, pour les Ahaggàr ce que celle des Igharghâren, dans l'Est, est pour les Azdjer, c'est-à-dire un lieu de refuge dans les années de sécheresse, car l'Ouâdi-Akâraba, avec ses nombreux affluents du Sud et du Nord, est réputé pour l'abondance de ses eaux souterraines. On dirait que, dans le Sahaîra, la Providence ait voulu soustraire les eaux à l'action dévorante du

1. Le radical ghar, ghor, ghir, gher, signifie eau qui ruisselle. Dans le mot Igharghar on a répété deux fois le radical pour produire le son imitatif de Peau quand elle coule avec rapidité.

soleil en remplaçant les rivières à ciel ouvert de nos climats par des rivières souterraines. Cette particularité, bien connue des indigènes , est appelée par eux Bàhar-taht-el'Ardh , mer sous terre. Le géographe doit tenir compte de cette particularité dans la détermination des lits de ces rivières.

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