‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 50 sur 139 · C. — Le plateau du Mouydîr · texte numérisé non relu

C. — Le plateau du Mouydîr

D. — Le massif du Ahaggâr.

A. — Plateau du TasUi.

Je résume succinctement les indications géologiques sur le Tasîli que me fournissent mes observations et mes itinéraires par renseignements.

La masse du plateau est de grès, noir à la surface, mais semblable aux échantillons de ma collection pris entre l'Ouàdi-Tàrât et rOuâdi-Tîterhsîn. — Le nom d'Éguélé (le coléoptère), donné à un pic

isolé du rebord Sud du Tasîli , indique que cette roche se retrouve dans le Sud-Ouest comme dans la partie Nord-Est du plateau que j*ai traversée.

Sur plusieurs points, des roches blanches, probablement des calcaires crayeux, sont signalées, notamment à Tâfelâmt-Tamellet et à Tiôkasîn. L'informateur qualifie ce dernier point de hamâda à sol blanc.

Après les grès, les roches de formation volcanique, semblables à celles que j*ai trouvées à Sâghen et dans la Soda, les -unes poreuses et légères, les autres compactes et pesantes, semblent être fréquentes, notamment dans TAdrar, dont la longueur est de quatre jours de marche et la largeur de deux.

Le point culminant d'In-Esôkal est-il le seul volcan éteint d*où sont sorties toutes ces roches volcaniques ? Je Tignore , mais je suis tenté de lui assigner ce rôle en commun avec d'autres pics isolés qui me sont signalés sur toute l'étendue du plateau, car la dissémination des laves démontre que le feu souterrain a dû se faire jour en plus d'un endroit.

Un long ravin , tellement profond et encaissé que le soleil y pénètre à peine quelques heures par jour, coupe le Tasîli par son milieu, du Sud au Nord , du pic d'In-Esôkal à la vallée des Igharghâren. Ce ravin, qui porte le nom d'Ouâdi-Afara dans sa partie supérieure et d'Ouâdi-Sâmon dans sa partie inférieure, peut être considéré comme une fracture du plateau , contemporaine sans doute de l'action volcanique.

La force du feu épuisée pour soulever la portion orientale du Tasîli a laissé en contre-bas la portion occidentale; de là la brisure, de là le niveau différent des deux parties du plateau, l'une surélevée, l'autre plus basse et s'inclinant en pente douce vers le bassin de 1 Igharghar.

Après ces indications générales, mes renseignements me donnent comme détails les faits géologiques suivants :

Carrière de serpentine dans le ravin de Tehôdayt-tân-Hebdjân, ainsi appelé parce qu'on en tire la pierre dont on fait les anneaux de bras que portent les Touareg ;

Débris d'un grand mammifère fossile* dans le ravin de Tehôdayttàn-Tamzerdja;

1. D*aprè8 les Tou&reg, une femme peut s'asseoir à Taise dans la cavité de Varticulation coxo-fémorale de ranimai.

Sebkha ou saline à laquelle aboutit ce dernier raviq ;

Mine de bon alun à Tifernîn sur la; route d"iJn-eI-Hadjàdj à *Apuînet-Tîn-AbderkcIi ;

Fer oligiste semblable à l'échantillon n» 29, et grès ferrugineux sur plusieurs points du plateau ;

Roches bouleversées en un grand nombre d'endroits.

D'après les remarques et tes échantillons de M. Ismayl-Boû-Derba, l,es grès et la rraie blanche du Tasîli reposeraient sur le terrain dé- Yoiûen.

Indépendamment des lacs de Mlherô, assez riches en eaux pour nourrir des poissons, mes informateurs me signalent dans Amguîd, sur le rebord occidental du Tasîli , une source du nom de Tîn-Selmakin , dont le bassin est assez grand pour que de gros poissons y vivent aussi.

B. — Plateau cTÈguéré.

Le petit plateau d*Éguéré semble être une seconde fracture du Tasîli, mais la fracture, au lieu de s'étendre sur toute sa largeur comme celle d'Afara, est restreinte à l'angle Sud-Ouest du plateau. La séparation, au lieu d'une ravine profonde et étroite, forme ici une plaine ou large vallée parcourue par TOuâdi-Tôdjert, prolongement Nord de la plaine d'Amadghôr.

Je n'ai aucune indication sur la nature de la roche d'Éguéré, mais tout me porte à croire que la masse est de grès.

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