‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 51 sur 139 · C. — Plateau du Mouydtr · texte numérisé non relu

C. — Plateau du Mouydtr

La forme particulière du Mouydir, la situation du point dominant, rifettesen, par rapport aux trois points culminants du Ahaggàr, le prolongement de ses assises caractérisé dans l'Est par des pitons isolés : Tisellêlin, Afisfés, Sakkàya, le voisinage de la source sulfureuse de Dhâyet-el-Kâhela, tout semble indiquer que la formation de ce plaleau est due à l'action volcanique. Cependant, je dois le dire, aucune indication précise de mon journal de voyage ne justifie cette opinion ; j'ai négligé d'interroger les indigènes à ce sujet.

Mes note» se bornent à signaler la présence du fer à Tlwonkenîn, appelé par les Arabes Kheng-el-Hadîd.

L'abondance relative des eaux dans le Mouydlr est aussi un fait confirmé par tous les informateurs.

D. — ^fassif du Ahaggàr.

Le soulèvement du massif du Ahaggèr par l'action du feu souterrain n'est pas seulement attesté par la forme de son relief et par les témoignages nombreux des indigènes, il est encore affirmé par les laves roulées que M. Ismayl-Boû-Derba a trouvées dans le lit de righarghar à son débouché des montagnes, dans un endroit où les sables ne sont pas venus cacher la nature des alluvions.

Voici ce que dit ce voyageur :

5 Septembre. « Vers les quatre heures du matin, nous gagnâmes « rOuâdi-lgharghar. Une grande vallée unie venant du Sud-Ouest et « se dirigeant vers le Nord -Est forme le lit de la rivière. De gros « cailloux roulés , en pierre ponce, semblent indiquer l'origine de cet <i ouâdi.

« Les Touareg, en me montrant cette pierre, me dirent qu'elle est « tout à fait semblable à celle dbnt est formé le pâté de montagnes « du Ahaggâr. Elle est très-légère, celluleuse, d'une couleur noirâtre, H et affecte l'apparence d'une éponge. »

M. le docteur Marrés, qui a vu les échantillons de M. Ismayl- Boû-Derba, les a trouvés identiques à ceux que j'ai rapportés de Sâghen et que M. Des Cloizeaux a reconnus être de la lave de volcan éteint.

Ces laves ne peuvent provenir du même point, car les sables de la plaine des Igharghâren empêchent aujourd'hui et depuis longtemps la communication de FOuâdi-Tikhâmmalt avec l'Igharghar. Ainsi la certitude scilhtiflque est absolue.

Voici maintenant les indications particulières que me donnent mes renseignements.

Tout FAtakÔr-en-Ahaggâr est en pierres noires. Du côté du Touât, elles s'étendfent jusqu'à l'Ouâdi-Idjeloûdjâl. De ce point à Menîyet, la roche est blanche , mais elle redevient noire lorsque l'on monte le Mouydlr.

Le promontoire du Tîfedest est aussi noir: tout indique qu'il a dû

être couvert par les laves du puy d'Oûdân, comme TAtakôr par celles des puys de Ouâtellen et Hîkena.

Quoi qu'il en soit, si Tidentification des trois monts ci-dessus nommés avec d'anciens volcans est permise , celle des cônes des gradins inférieurs, quoique possible, est moins probable.

Le Ahaggâr doit à son altitude et à sa constitution géologique une richesse de sources d'un débit assez abondant, car elles suQisentaux besoins de l'irrigation. On y cite des ruisseaux à eaux courantes, ceux d'Idélès, de Tàzeroûk et deïazoùlt, très-grande rareté dans le Sahara. On parle même de la cascade d'un ouâdi du nom d'Adjellal , descendant du Tîfedest; ce serait la seule peut-^tre entre la vallée du Nil et rOcéan Atlantique.

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