‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 74 sur 139 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Le règne végétal est un peu plus riche que le règne minéral, car, quoique les sommets des montagnes, leurs versants, ainsi qu'une partie des plateaux, soient dénudés et entièrement stériles, on trouve, dans les nombreuses vallées du pays, des points plus favorisés où la végétation saharienne s'allie avec quelque représentants de celle des tropiques et du bassin de la Méditerranée.

Les végétaux domestiques sont en très-petit nombre. Si je devais ne citer que ceux cultivés par les Touareg eux-mêmes, la liste serait close quand j'aurais nommé le dattier, le figuier, le blé, l'orge, le sorgho, le millet: en tout six végétaux.

Mais, dans le territoire même des Touareg, sont les oasis de Ghadâmès, de Rhât, de l'Ouâdi-Lajâl , de l'Ouâdi-'Otba, de Djânet, d'Idélès, habitées par des sédentaires dont les cultures sont un peu plus variées.

Voyageur et non botaniste, j'ai recueilli à peu près toutes les plantes que j'ai vues et tous les renseignements que pouvaient me donner les indigènes sur la végétation de leur pays; mais je n'ai pas la prétention d'avoir rapporté de mon voyage toute la richesse végétale des contrées traversées, comme eût pu le faire un explorateur exclusivement chargé d'étendre le domaine de nos connaissances en histoire naturelle au Sud de l'Algérie.

J'ai scrupuleusement recueilli les noms indigènes, en langue arabe et en langue temâhaq , parce que je crois la connaissance de cette double synonymie nécessaire aux personnes auxquelles l'avenir réserve de voyager avec les caravanes. Cette synonymie n'a pas les défauts de celle des noms vulgaires assignés aux plantes par nos paysans en Europe; chez les peuples pasteurs, chacun connaît exac-

m TOUAREG DU NORD.

tement le nom, les stations et les propriétés de chaque plante, et les noms, quand les caractères distinctifs sont bien tranchés, ne varient pas d'une localité à une autre, mais se conservent tant que la même langue est parlée. Or, comme la langue arabe est connue dans tout le monde musulman , et la langue berbère , dont le temâhaq est un des dialectes, dans tout le Nord du continent africain, il y a presque certitude d'être compris des indigènes en leur nommant une plante dans l'une de ces deux langues.

Dans la classification des plantes, objet de cet examen, j'ai adopté l'ordre naturel des familles.

Je dois à l'extrême obligeance de M. le docteur Cosson, président de la Société botanique de France et chargé par le gouvernement de la publication de la Flore de l'Algérie, la détermination exacte de toutes les plantes de mon -herbier et même de quelques-unes de celles dont je me suis borné à mentionner le nom dans mon journal de voyage, sachant par les comptes-rendus des explorations du savant botaniste qu'il les avait déjà déterminées.

Je mentionne cet utile concours; autant par reconnaissance que pour assurer à cette partie de mon travail le caractère sérieux que lui donne la collaboration de M. le docteur Cosson.

RENONCULACÉES.

Adonis migrocarpa DC?

Boû-garoûna {arabe).

Récolté le 13 mars 1860, dans les environs du Chott-Meighigh.

Sans emploi connu.

RANDIfCULUS MCRICATDS L.

Kosberbîr (arabe).

Récolté le 13 mars 1860, dans les environs du Chott-Melghlgh. Sans emploi connu. Croît dans les terrains humides.

NiGELLA SATIVA L.

Sahnoudj, Habbet-es-soûda (arabe).

Cultivé dans quelques Jardins des oasis. «Procurez-vous de la graine noire (mot à mot, habbet-es-soûda) ^

a dit le prophète Mohammed : c'est un préservatif contre toutes les maladies. »

En exécution de cette prescription, les bons musulmans prennent volontiers, le matin, une pincée de graine de nigelle dans une cuillerée de miel, à Tefifet de préparer les voies digestives et d'ouvrir l'appétit.

fumariacëes.

FUMARIA CAPREOLATA L.

Guerîn-djedey, Sibân (arabe).

Récolté le 13 mars 1860, dans les environs du Chott-Melghtgh.

Cette plante est employée par les indigènes en lotion contre* les démangeaisons et en fumigations contre les douleurs.

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