‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 79 sur 139 · PI. VI · texte numérisé non relu

PI. VI

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Fip. 12 et 13.

Fip. 1. — VUE i>ES nriNES t>r cnÀTE\r n'Ar.iiREM, a serdélès

( PHIHK Dl' CÔTli niKSTJ.

D'après ua dessin de M. H. Duvej'rier.

Fig. 2. — AHATès (acacia albida ).

(aubrr nrdAiHTRSQi'R PRfcs' nit châtrât ruink df sp.Rnéi.fcp. ) r)';»pr^«i un dessin H" Nf, lî. OuvovriT

« pour ce qu'elle est de semblable couleur et odeur. // s'en trouve an « désert de la Numidie, de la Libye, et au pays des noirs : mais les « arbres qui croissent en la Numidie estant ouverts apparaissent « de telle blancheur au dedans que les autres arbres et ceux de Libye c( sont violets et très-noirs : mais ceux de "la terre des noirs sont u très-noirs, et du cœur d'iceus (que les Italiens appellent sangu) Cl Ton fait de très-beaux et gentils instruments^de musique. Le bois « violet est aujourd'huy en usage entre les médecins pour guérir le c( mal de Naples, au moyen de quoy le bois prend son nom de tt Teffet : bois guérissant de la vérole, »

L'arbre de la Numidie et de la Libye auquel Jean Léon attribue tant de propriétés est bien le'lalha rencontré par moi dans mon voyage, mais il ne jouit plus de la même réputation qu'autrefois, car on se borne à récolter sa gomme, sans exploiter son bois.

V Acacia Arabica des forêts du pays des Touareg atteint les proportions des plus grands amandiers dans le Nord de l'Afrique et en Provence : 3 niètres environ d'élévation sous branches et 1 mètre de circonférence. D'après M. Pélissier, ceux de Boû-Heudma seraient non moins remarquables par leur grosseur et leur grandeur.

La gomme que j'ai récoltée à Oubâri est aussi belle que celle de la côte de l'Océan. L'échantillon de la forêt du Boû-Heudma, que M. Pélissier avait envoyé à Marseille, y a été reconnu, par le commerce de cette ville , d'aussi bonne qualité que la gomme du Sénégal.

La gomme, on le sait, est une production maladive de l'arbre, provoquée par une haute température et sous l'influence souvent renouvelée des vents du Sud. Elle sort spontanément des gerçures que la chaleur détermine sur l'écorce de l'arbre; du moins c'est ce que j'ai constaté dans mon voyage.

On a écrit que la gomme était obtenue par incision ; il est possible que, pour avoir une plus grande production de gomme\ on se livre à cette opération , mais elle est inusitée dans les contrées que j'ai parcourues. D'ailleurs, chez les Touareg, qui manquent souvent de vivres, la gomme est presque toujours mangée dès qu'elle est produite, et on ne la récolte, pour le commerce, que dans les oasis du Fezzân, où l'homme trouve facilement une nourriture plus substantielle.

J'ai cherché à préciser d'une manière certaine les stations de

V Acacia Arabica dans les parties les plus rapprochées du Sahara algérien, parce que cet arbre est un de ceux que nous avons le plus d'intérêt à y acclimater.

Avant moi, M. le docteur Cosson, juge beaucoup plus compétent, a déjà appelé l'attention du gouvernement sur le choix à faire de cette essence pour le reboisement des solitudes sahariennes.

D'après les points où sa présence a été constatée ou signalée , il semble que l'altitude et la qualité du sol lui sojit à peu près indifférentes. Laf seule condition que réclame cet acacia pour prospérer et produire de la gomme est d'avoir beaucoup d'air et de lumière. Dans tous les bois que j'ai parcourus, les arbres sont très-espaces, ce qui avait déjà été remarqué au Sénégal et au Sud de Maroc.

V Acacia Arabica ne croît pas toujours en arbre : sur la circonférence des forêts et à l'exposition Nord, il ne forme guère que des buissons.

Les Fezzaniens et les Touareg considèrent l'acacia broussaille comme constituant une espèce différente de l'acacia arbre et lui donnent des noms différents : 'Ankîch (arabe), Tamât (temâhaq); mais après comparaison des échantillons de V*ankkh récoltés à Ouarâret avec ceux du guerodh de provenance fezzanienne , les deux ont été reconnus appartenir à la même espèce.

Les gousses de l"anktch, plus faciles à récolter, sont employées à la préparation des cuirs.

La broussaille, comme l'arbre, donne de la gomme.

Les fleurs de VAcacia Arabica m'ont paru répandre un parfum suave qui aurait quelque succès, s'il pouvait être fixé.

Dans l'inventaire des arbres cultivés au Touât figure un acacia du nom d'aggâra dont les gousses sont aussi récoltées pour la tannerie.

Cet arbre croît spontanément dans le Ahaggâr où il est connu sous le nom de Tâdjdjart. 11 m'est indiqué avec la note suivante : c( Arbre épineux , à graines amères, dont les gousses sont employées comme tannin. Semblable au talha ou Acacia Arabica y mais distinct cependant. »

Est-ce, sous un nom différent, une variété de V Acacia Arabica? Est-ce une autre espèce? Je l'ignore.

Je consigne ici ce détail pour mémoire et à titre de simple renseignement.

Cassia obovata Coll.

Senà, Hachîcha, Senà-el-Mekki (arabe); Adjerdjer (lepiâhaq).

Récolté à Oubàri le 17 mai 1861 ; trouvé sur deux points de ma route entre Ghadàmès et Rhât, sur quatre points différents du Fezzàn, sur un point entre Methlîli et El-Goléà; signalé comme couvrant de grands espaces à Wahellidjen et à Arhafra dans les montagnes du Ahaggàr ; très-commun jdans le pays d'Air.

Le séné pullule partout où les vents portent sa graine. Jadis on le récoltait en abondance pour le vendre sur les marchés de Tripoli, mais la concurrence a tellement fait baisser les prix qu'ils ne couvrent plus les frais de transport.

Les Touareg distinguent deux variétés de séné : Vadjerjer-afelâmi ou séné des autruches, qui est le plus commun, et Yadjerjer-omn- Anhef, que produisent les montagnes d'Anhef et qui est le séné noble des Arabes.

Celui du Ahaggâr, qui croît en montagne, est réputé plus actif que celui des autres contrées.

Les indigènes des pays de production, sur la foi de cette parole du Prophète : « Procurez-vous du séné ; vous y trouverez des reu mèdes contre touteé les maladies, excepté la mort, » en font usage dès qu'ils éprouvent le moindre mal.

PiSUM SATIVCM L.?

Hammîz, Hommoz, Djeldjelân [arabe).

Cultivé dans les oasis. Près de la source de Tinoûhaouen , entre Rhàt et le village de Fêouet, j'en ai trouvé un grand champ à maturité le 13 mars 1861. Le propriétaire consentit à m'en vendre. Ce pois me parut délicieux.

Les indigènes mangent toujours les pois secs et non verts. Les ménagères aiment à décorer les plats de couscoussou de guirlandes de pois.

Indépendamment du Pisum salivum, les Oasiens cultivent aussi, pour le même usage, le Cicer arielinum L., sous le nom de djelbâna.

Lathyrus Ochrds DC.

Garfâla {arabe).

Ce lathyrus est cultivé au Fezzân comme plante fourragère.

Faba vdlgaris Mœnch.

Foula (arabe).

La fève de marais est également cultivée dans les oasis. On la mange crue ou cuite. Au printemps, les citadins s'en nourrissent presque exclusivement.

DOLICIIOS...?

Loûbia {arabe).

Le haricot dolichos est plus rare dans les oasis ; cependant il doit figurer au nombre des plantes potagères qui y sont cultivées.

Medicago?

Guedhob {arabe et lemàhaq).

Sous ce nom, on cultive au Fezzân, comme plante fourragère, une luzerne qui croît spontanément dans le pays et que j'ai trouvée en six stations entre Oubàri et Zoulla.

Ne rayant rencontrée ni en fleurs, ni en fruits, elle ne figure pas dans mon herbier.

Cette plante serait-elle le Medicago pentaajda D G. que Prax a trouvée dans les cultures tunisiennes?

Trifolu'M?

Foçça {arabt^).

Cultivé au Fezzàn et au Touât comme plauto fourragère, priucipalemeut pour l'usage des chevaux.

D'après M. le commandant Colonieu, au Touàt, on faucherait

cette Légumineuse tous les vingt jours pour en nourrir les moutons.

Au Fezzân, on vend également cette plante sur tous les marchés.

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