LABIÉES
Lavandula multifida L.
Kammoûn-el-djemel , Kerouïet-el-djemel (arabe); Djey (temâhaq).
Récolté sur rOu&di-Arhl&D, près de Djàdo, le 28 octobre 1860; dans le pays des Harâba, le 42 novembre 1860; à Tîn-Air&y, le 1*' mars 186i. Signalé comme étant commun dans les montagnes du Âhaggàr.
Cette plante est recherchée par les chameaux à raison de ses propriétés aromatiques.
Thymus hirtds WiUd.
Za'ater {arabe).
Récolté entre H&mma et Gàbès, le 18 mars 1860. Tous les thyms auxquels les indigènes donnent le nom de za^ater sont récoltés et employés pour aromatiser les aliments. Les habitants des pays où ils croissent les échangent dans les oasis contre des dattes.
Dans la médecine arabe, les thyms sont employés comme stomachiques.
Thymus capitatus Link et Hoffm.
Za'ater (arabe).
Récolté sur l'Ouâdi-Tirbît, le 18 novembre 1860.
En général, dans le Sahara, les thyms marquent les lignes des basfonds par lesquelles s'écoulent les eaux pluviales.
SaLVIA iECYPTIACA L.
Récolté sur les berges de TOuM-Mezàb, le 18 juiUet 1859.
Les feuilles et les sommités fleuries de toutes les sauges sont employées par les indigènes en infusion théiforme, comme excitant digestif.
Beaucoup d'entre eux mettent volontiers des feuilles de sauge dans leurs fosses nasales pour y maintenir la fraîcheur.
ROSMARINUS OFPICINALIS L.
Kelîl (arabe); Ouzbîr (berbère).
Récolté dans le pays des Haràba, le 12, et sur rOu&di-Tirblt, le 18 novembre 1860.
Les feuilles de romarin, récoltées dans le Sahara, sont transpor-
tées par les caravanes dans l'Afrique centrale comme article d'échange.
On s'en sert pour aromatiser les aliments.
La médecine arabe leur attribue des propriétés vulnéraires : aussi toutes les plaies récentes sont-^lles couvertes de poudre de romarin.
GLOBULARIËES.
Globdlaria Alypdm L. Tâselrha (arabe et temâhaq).
Reconnu entre Ghadàmès et Rh&t.
Dans toutes les contrées où pousse cette plante, ses branches et ses feuilles sont employées en tisane concentrée, et avec succès, contre les fièvres intermittentes et les éruptions furonculeuses.
PLOMBAGINÉES.
Statigb BoNDDELLii Lestib.
Châchîet-edh-dhobb (arabe).
Récolté sur TOuàd-Mez&b, dans Tété 1859.
StATICE GLOBULARIiEFOLIA Desf.
Messâs (arabe).
Récolté dans l'Ouâdi-Tagotta, le 18 novembre 1860. Staticb pruinosa L.
Guedhâm-el-ghozâl (arabe).
Récolté dans la heycha de Ghegga, le 25 novembre 1859. En général, toutes les Statice sont recherchées par les animaux comme plantes salées.
LiMONIASTRUM GcTONIANUM DR.
Zeïta (arabe); Tafonfela (temâhaq).
Récolté dans la beycha de Ghegga, le 25 novembre 1859; à El-Faîdh, le 31 mai 1860; signalé comme étant commun dans les oasis du Tou&t et dans les montagnes du Ahagg&r.
Cet arbuste atteint quelquefois les proportions d'un petit arbre et couvre d'assez grands espaces pour former des bosquets.
Bdbania Feei de Girard.
Melhafet-el-khàdem, Ràs-el-khâdem (arabe).
Reconnu en 1859, entre Methllli et El-Golèà.
L'herbier de cette course, ainsi que d'autres parties de mon bagage, a été confisqué par les habitants de la ville alors inhospitalière d*El- Golêa'.
PLANTAGINÉES.
Plantago ovata Forsk.
Halma (arabe).
Reconnu en quatre stations de ma route , entre El-Ouàd et Ghad&mès , du 26 juiUet au 12 août 1860.
Plantago albicans L.
Inem (arabe).
Récolté le 7 mars 1860, aux environs de Nakhlet-eUMengoûb.
Affectionne les terrains de heycha.
Plantago Pstllium L.
Récolté le 13 mars 1860, aux environs du Chott-Mèlghlgh.
La poudre de tous les plantains est employée comme astringent pour cicatriser les ulcères.
SALSOLACÉES.
Beta vdlgaris L, var. Gicla.
Selk (arabe).
Cultivé comme plante alimentaire dans les oasis.
Atriplbx mollis Desf.
Jell, Djell (arabe).
Récolté dans la heycha de Ghegga, le 25 novembre 1859; reconnu en six stations, de Titerhstn à la Ghergutya.
Les Arabes attribuent au suc de cette plante la propriété d'amener la stérilité : aussi les femmes trop fécondes en font- elles souvent usage.
Atriplex Halimds L.
Guetof (arabe); Aramâs (temâhaq).
Récolté en mai et en octobre 1860, à El-Faidh et à Djàdo. Reconnu en quatre stations, entre Ghadàmès et Rhàt. Signalé dans les montagnes, entre Rh&t et In-S&lah, ainsi que sur le plateau de T&dem&yt.
Cette plante est recherchée par tous les animaux à cause de la saveur saline de ses jeunes pousses. L'homme lui-même ne la dédaigne pas comme aliment. De plus, les Touareg récoltent ses graines qu'ils mangent en bouillie.
Le bois de sa racine sert de brosse à dent; on lui atttribue des vertus antiscorbutiques.
On extrait de sa tige une soude que les indigènes appellent melhr eirguetof. Cette soude, quelquefois employée en médecine, sert principalement à la saponification de Thuile.
Cette plante frutescente, qui forme d'énormes buissons, déjà commune sur les côtes de Provence, s'étend sur le continent africain du littoral aux confins les plus reculés de mon exploration. Partout où le sol est un peu salin, on est à peu près certain de la retrouver.
Chenopodium murale L.
Lessîg {arabe); Tîbbi {mezabite).
Récolté à Ghard&ya, en 1859, sur la lisière des jardins et sur les murs d*enceinte.
Chenopodina tbra Moq.-Tand.?
Souïd {arabe); Tirbâr {temâhaq).
Récolté sur TOuàdi-Tagotta, le 18 septembre 1860.
SUADA VERMICULATA Forsk.
Souïd {arabe); Tirbâr {temâhaq).
Récolté dans les dunes d*El-*Arefdji , près de Negoûsa , le 20 février 1860. Reconnu aux environs de Gbad&mës.
Traganum nudatcm Delile.
Dhomrân , Souïd-Ahmar {arabe) ; Tirehît {temâJiaq) ; Tâsra {mezor bite).
Échantillons de rOuâdi-Saâdàna (19 août 1859), entre MethllU et El-Golèà; reconnu depuis en deui stations, autour de Ghadâmès; en cinq, entre Giiadàmès et Rhât; en trois, entre Tîterhsîn et la Cherguîya. Signalé dans le Âhaggàr, plaine et montagne, ainsi qu'au Touàt.
Cette plante frutescente est recherchée avec avidité par les chameaux.
Garoxylom articulatum Moq.-Tand.
Remeth {arabe) ; Ouân-Ihedân {temâhaq).
Récolté, en 1859 et 1860, dans le Sahara algérien et tripolitain, où il est
très-commun. Reconnu en six stations, plus au Sud, entre Ghadàmès et Rhàt.
Sàlsola vermicdlata L. Var. microphylla. 5. brevifolia Desf.
Guedhâm (arabe); Adjerwâhi (temâhaq).
Récolté dans les sables de Mouî-er-Robââya , le 29 juillet 1860. Signalé comme étant commun dans les montagnes des Tou® et dans Toasis du Tou&t
Salsola longifolia Forsk.
Semommed (arabe).
Récolté, le 12 novembre 1860, sur l'Ouàdi-Tlnzeght. Par l'incinération, cette plante, comme la précédente, donne une soude employée dans la fabrication du savon.
ÂNABASis ARTiGULATA Moq.-Tand. var, gracilis.
Bàguel, Belbâl, Belbâla (arabe); Abelbâl, Tàza (temâhaq).
Récolté, le 20 novembre 1860, àDhàhar-^l-Djebel, et le 23 novembre 1859, à El-Mogherreb , au N.-O. d'El-'Aliya. Reconnu en cinq stations, dans la région de T'Erg, entre £l-Ouàd et Ghadàmès. Commun aux environs de Ghad&mès.
Cette plante ligneuse, quoique peu riche en matière alimentaire, est mangée par les chameaux.
Les Sahariens prétendent qu'on peut creuser des puits avec sécurité partout où croît le belbâl, parce qu'on est certain de trouver l'eau à peu de profondeur.
Ainsi, entre El-Ouâd et Ghadàmès, au milieu des dunes de T'Erg, mes guides et le Cheikh-'Othmàn ont été unanimes à me signaler Haoudh-el-Belbâlàt comme un point d'élection pour doter cette route de l'eau qui lui manque.
La disposition de la localité m'a paru correspondre aux indications des khebîr.
Cornulaca monacantha Delile.
El-Hâdh (arabe); Tâhara (Umâhaq).
Récolté à ChaÂbet-Lekkàz, le 21 novembre 1859. Reconnu en cinq stations, entre £l-Ouàd et Ghad&mès; en trois stations, de Ghadàmès à Rhàt; en deux, de Tlterhsîn à la Chergulya. Indiqué comme étant commun dans les plaines au pied du Âhaggàr.
Cette plante sous-frutescente couvre de très-grands espaces sur les
versants Sud des montagnes des Touareg. Elle constitue un des fourrages recherchés des chameaux, malgré ses épines.
AMARANTACÉES.
MnYk Jatanica L.
Tamakerkaït, Timekerkest (temâhaq).
Récolté à Aghelàd, le 8 février 1861. Signalé dans les montagnes entre Rhàt et In-Sàlah.
SALVADORACÉES.
Salvadora Pbrsica L.
Siouâk {arabe vulgaire) ; Irak {arabe littéral) ; Têhaq {temâhaq du Nord); Abesgui {dialecte d'Aïr); Teguî, Tijat {dialecte de Timbouktou).
Récolté en fleors et en fruits à Afara-n- Wechcber&n , le 1*''' Janvier 1861. Commun partout au delà de la région de l"Erg.
Cet arbre de la région tropicale, très-répandu dans le bassin du Niger, vient cependant en troisième ligne comme importance de la végétation ligneuse de la partie du territoire des Touareg que j'ai visitée. Toutefois on ne Ty trouve que dans les vallées abritées et de préférence dans celles où les alluvions sablonneuses abondent.
Cest un bel arbre, de deuxième grandeur, dont le feuillage d'un beau vert tendre repose agréablement la vue fatiguée de la couleur sombre du pays.
Son fruit, d'un goût délectable, est employé comme aliment et comme médicament.
Ce fruit consiste en petites baies, semblables aux raisins de Corinthe , dit M. le docteur Barth, lesquels offrent un léger supplément au frugal menu du désert ; frais , il a un goût de poivre assez prononcé.
Comme l'illustre voyageur, j'ai mangé ce fruit, et mes impressions sur son mérite sont les mêmes.
Son bois odorant et solide, susceptible de se diviser en fibres trèsfines, fournit les cure-dents et les brosses à dents si recherchés par les musulmans pour l'entretien de leur bouche. On sait que pour tous les peuples d^Orient la question du cure-dents est une grave affaire pour laquelle il est fait d'importantes recommandations dans les ouvrages de religion et de jurisprudence.
L'écorce de l'arbre, légèrement épispastique, est appliquée par les indigènes sur les blessures d'animaux venimeux.
Les chameaux mangent volontiers les feuilles fraîches de cet arbre, mais mélangées avec celles d'autres plantes à cause de leur goût d'amertume prononcé.
Dans toute la région où croît ce Salvador a, ses feuilles sont employées comme antisiphylitiques. A cet effet , on les réduit en poudre avec les épices connues sous le nom de râs-^l-hânout (tête de la boutique), et chaque matin on en prend une dose en breuvage.
Calligonoh cohosum LHérit.
Arta, Resoû, Ezâl {arabe)\ Aresoû, Isaredj (temâhaq).
Récolté dans rOu&di-Saàd&n, le 21 août 1859; sur POu&di-Izèkra, le 5 février; à Tln-Têrdja, le 2 mars; à Ouar&ret, le 11 mars 1861. Reconnu en treize stations dans T'Erg, entre El-Ouàd et Ghadàmës; en onze stations, de Ghad&mès à Rhàt; en trois, de Tlterhsln à la Cherguiya; en plusieurs stations , de MethlUi à El-Golèâ. Signalé dans les montagnes entre Rh&t et In-Sàlab, ainsi que dans tout le Tou&t.
Le Calligonum comosum forme d'épais buissons auxquels les chameaux donnent toujours un coup de dent en passant. Le bois de cette broussaille est souvent la seule ressource des caravanes pour cuire les aliments. Dans T'Erg , cet arbuste devient un véritable arbre.
POLYGONÉES.
POLYGONCM EQUISETIFORHE Sibth. et Sm.
Récolté dans la Djefâra, 16 octobre 1860.
RUMEX VESICARIUS L.
El-Hommîz (arahe); Tânesmîm {temâhaq).
Récolté au Rhedir de Sàgben, dans TOuàdi-Tikhàmmalt, le 3 janvier, et dans rOuàdi-Âlloûn, le 19 février 1861.
Plante comestible dont le goût rappelle celui de l'oseille.
THYMÉLÉACÉES.
Thyxeljea hirsuta Endl. Passenna hirsuta, L.
Methenân (arabe).
Récolté dans TOuàd-Biskra, en janvier 1860.
Croît dans les sables. Commune sur le littoral de la Syrte.
EUPHORBIâGÉES.
EupHORBiA CALYPTRATA Cos8. et DR. io BulL Soc, bot.
Oumm-el-leben (arabe); Tellâkh {temâhaq).
Récolté le 3 janvier 1861, à Sàgheo.
EuPHORBiA GcYOKiANA Boiss. et Reut.
Lebbîn (arabe).
Récolté dans les sables du Soûf , entre El-Ouàd et Sahéo, le 5 mars 1860.
EUPHORBIA PaRALIAS L.
Lebbîn, Lebeïna (arabe).
Récolté près de GM>ès, les 17 et 21 mars 1860. Le SUC de ces diverses Euphorbiacées est employé contre les morsures des vipères.
gânnâbinées.
Cannabis sativa L.
Kemeb, Tekroùri, Hachîcha (arabe).
Cultivé dans quelques oasis, notamment dans le Fezzân, à Trâgheo.
Les sommités fleuries de ce chanvre sont fumées dans des pipes ou mangées en confitures en vue de déterminer une sorte d'extase que les amateurs de hachîch (hachchâchin) appellent kîf.
L'hébétude résulte souvent de ces pratiques qui heureusement ne sortent guère du cercle des fainéants ou de ceux qui ont voyagé en Orient. Les Touareg entre autres ne font jamais usage du hachîch.
MORÉES.
Ficus Carica L.
Kerma (arabe) ; Ahar, Tâhart (temâhaq).
Après le dattier, le figuier est Tarbre le plus cultivé chez les Touareg. Non-seulement on en trouve quelques pieds dans chaque jardin des oasis, mais encore on compte çà et là, dans les montagnes, quelques vergers exclusivement peuplés de figuiers.
Les figues provenant de ces cultures sont généralement mangées fraîches. Les figues sèches sont principalement tirées du littoral: cependant, on m'en a donné provenant de Miherô.
SALICINÉES.
POPCLCS ALBA L.
Safsaf (arabe).
Signalé sur un point du plateau de Tâdemâyt, à Hamâd-el-'Atchàn, près de Tîn-Fedjaculn.
Le peuplier blanc, très-commun dans le Tell, est une exception unique à cette latitude.