USINES ET MOULINS
annuellement six cents hectares. Sur la plage se trouvent des hangars et un chantier pour les barges et les chaloupes, et à quelques centaines de pas du fort, les maisonnettes des engagés. Il y a aussi à peu de distance une mauvaise baraque servant d'hôpital, des granges, deux bergeries, une laiterie, des étables, des greniers et une machine à battre le blé’.
À deux kilomètres au-dessus du fort et sur un petit ruisseau qui ne se tarit jamais et se Jette dans la Colombie, on a construit un moulin à farine, et une scierie mécanique qui peut débiter jusqu’à trois mille pieds de bois par jour. Cette usine emploie une vingtaine d'ouvriers, tous Sandwichois, et un nombre proportionné de.
chevaux, de paires de bœufs et de charrettes. Non loin des maisons, mais de l'autre côté du fleuve, s'élèvent une trentaine de loges d’Indiens Têtes Plates, qui apportent au fort les produits de leur pèche et de leur chasse. La population totale du fort Van Couver se compose de sept cents individus , dont vingt-cinq Anglais et cent
* Voir dans l’Atlas la carte n° 17.
Latitude Nord : 45° 35° 53".
Longitude Ouest : 124° 40’ 34".
Distance du cap Désappointement, 82 milles.
Fort Van Couver :
POPULATION DE VAN COUVER. 191 Engagés francais-canadiens avec leurs familles. Ces blancs, qui pour la plupart sont mariés à des femmes indiennes, ne parlent que la langue française. Quant aux Indiens Tchinouks, dont les huttes avoisinent Van Couver, ils se servent d’un jargon formé de mots indiens mêlés de mots français et de quelques expressions anglaises.
Comme tous les autres Indiens de ce Territoire, les Tchinouks distinguent fortbien à première vue les différentes nations de blancs ; ils désignent les Espagnols de la Californie par le nom de Spagnols, et les Anglais par celui de Xnjor (corruption des mots King George), comme étant sujets du roi George; ils appellent les Américains Poston, sans doute parce qu'ils viennent presque tous de cette ville, et les Français-Canadiens Fransé ou Pasayouk, c'est-à-dire visages blancs, les Français étant incontestablement les premiers ‘blancs qui aient traversé les Montagnes Rocheuses. C'est avec ces derniers que les Indiens entretiennent les rapports les plus familiers.
Le mouvement commercial est assez considérable au fort Van Couver, car c’est le point où arrivent généralement les produits des autres forts du Territoire, et c’est aussi de là que partent les caravanes et les brigades de porteurs qui
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