SALON DES CÉLIBATAIRES
vont distribuer les marchandises dans les stations de l’intérieur. Il en résulte que le fort Van Couver qui, à l'extérieur, ressemble à une grande ferme entourée de bâtiments d'exploitation agricole, n’est en réalité, au dedans, qu’une boutique et un comptoir de la cité de Londres. Une quinzaine de commis sont employés aux échanges avec les Indiens, à la vente et aux écritures; ils se réunissent dans leurs bureaux au son de la cloche, dès sept heures du matin et y travaillent jusqu'à neuf heures du soir, sauf les moments nécessités pour les repas, qui se font en commun et sont présidés par l'agent supérieur.
Le soir les jeunes commis se réunissent, pour fumer, dans une chambre nommée Île salon des célibataires, Bachelor’s Hall; chacun raconteses voyages, ses aventures, ses combats avec les Indiens : l’un s'est vu forcé de manger ses mocassins; l’autre est si sûr de sa carabine qu'il ne vise les ours que dans la bouche pour ne pas endomma-
ger la peau; et quelquefois enfin les mélodies.
écossaises se mélant aux chansons canadiennes, l'on voit la gaieté française animer les robustes highlanders. Les habitations sont des espèces de casernes où rien ne rappelle le comfort anglais.
Le mobilier consiste en une petite table, une
chaise où un banc, et un lit de camp en plan-
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