MOEURS DES HABITANTS
ges et coutumes de ses habitants. Leurs mœurs sont celles des anciens colons de l'Amérique espagnole ; les Californiens ont conservé les qualités et les défauts de leurs ancêtres. Malheureusement un grand nombre de circonstances ont, dans ces derniers temps, contribué à les corrompre; le contact des étrangers, en introduisant parmi eux des habitudes de luxe, a augmenté leurs besoins, et n’a fait que les exciter au pillage des Missions ; la désorganisation des milices espagnols les a rendus moins braves, et leur penchant naturel pour le jeu et l’ivrognerie surtout s’est accru à ce point, qu'on ne rencontre guère de Californien qui ne porte dans les fontes de sa selle, à côté de ses armes, une bouteille d’eaude-vie : « La bouteille pour l’ami, disent-ils, et « les armes pour l'ennemi.» Ces hommes, qui sont d’une très-belle race, ne vont jamais à pied. Leur premier soin en se levant est de seller un cheval, qui reste attaché à la porte de leur maison, et dont ils se servent même pour franchir des distances de moins de cinquante pas. Leur vie s'écoule dans l’oisiveté la plus complète. On ne voit jamais un colon californien travailler la terre. Si l’on entre dans un rancho, on est assuré de trouver les hommes couchés, fumant et buvant de l'eau-de-vie ; les femmes seules s'occupent un peu