DE LA CALIFORNIE
d'agriculture et de jardinage; elles parviennent à louer quelques Indiens et à faire de petites semailles.
Ces femmes sont en général grandes, fortes, et ont conservé le type de beauté des paysannes espagnoles. Leur fécondité est extrême; il n'est pas rare d’en voir qui ont jusqu'à douze et quinze enfants, ce qui, avec la supériorité numérique des hommes, explique le rapide accroissement de la population en Californie; sur cinq mille habitants de race blanche, on compte, en effet, près de six cents étrangers, hommes faits, que les femmes préfèrent aux gens du pays, parce qu'ils sont en général plus laborieux, qu'ils les traitent mieux, et prennent plus de soin de leurs enfants. L'existence de ces femmes est fort active, la plupart des travaux ordinairement réservés aux. hommes leur étant dévolus ; elles manient les chevaux et le lazo avec autant d’adresse que leurs maris, auxquels elles sont d’ailleurs bien supérieures pour l'intelligence et les qualités morales.
Comme le nombre des étrangers augmente tous les jours, il est à craindre qu'avant peu quelque perturbation ne résulte de l’immense disproportion existant entre la population mas- culine et celle des femmes.