LES FRANÇAIS DU CANADA
obtint du gouverneur le droit exclusif de trafiquer pendant trois ans dans les ports de la Mer de l'Ouest et des lacs Ouinipigous et Ouimipeg , qui recoit les eaux de la Saskatchaouan, rivière
dont les hautes eaux sont voisines de celles de
l’Atabaska et de la Colombie. Ce privilége, concédé le 19 mai 1731, fut renouvelé à son expiration pour six années encore. Le gouvernement ne voulant pas faire les frais des expéditions, M. de
la Vérendrye était obligé de pourvoir à ses dé-
penses au moyen de ses bénéfices dans les échanges des fourrures avec les Indiens. M. de Beauharnais demanda une somme de trente mille livres pour favoriser les explorations ; malheureusement, une décision du Conseil, du 21 avril 1734, les lui refusa. | M. de la Vérendrye ne se découragea pas; il
fit de nouveaux sacrifices, employa ses quatre fils
et son neveu à ces voyages, se fit aider dans ses excursions par le Père Messaiger, Jésuite, et revint plusieurs fois au Canada pour solliciter des secours, ne cessant d'adresser au capitaine général des mémoires si pleins d'intérêt, que la plupart
sont extraits pour le Roi et annotés de la main du comte de Toulouse et du Régent. Dans une dé-
pêche adressée de Québec, le 15 octobre 1730, par le marquis de Beauharnais, il est dit textuel-
CONNAISSAIENT LA COLOMBIE. 259 lement, à propos de la découverte de la Mer de l'Ouest : « Que le sieur de la Vérendrye envoie « avec ses mémoires une carte dressée d’après ses « relèvements et les indications des Indiens, et « entre autres, celles d’un chef Cris. Cette carte «comprend le cours du fleuve de l'Ouest, et «marque qu'il doit se décharger au-dessus de « la Californie, vers l'entrée découverte par Mar- « tin d'Aguilar.» Rien ne saurait être plus clair ; le cap Blanco, près duquel Aguilar crut voir l'embouchure d’une rivière , est situé près du quarante-troisième parallèle, et la Colombie se jette dans la mer un peu au-dessus du quarantesixième degré. Cette différence est très-minime, et en outre, les rumbs de route et le nombre de journées de marche indiqués s'accordent parfaitement avec les distances réelles.
. Dans l'été de 1735, M. de la Vérendrye eut la douleur de voir son fils aîné, son neveu, M. de la Jenneraye, et le Père Anneau, massacrés par les Indiens. Ce courageux officier n’en continua pas moins ses explorations ; il envoya un de ses subalternes, M. de la Ronde, et son second fils, fonder un nouveau fort au milieu des Cris, et retourna à Montréal le 25 août 1740. Il repartit en juin l’année suivante avec le Père Coquart, Missionnaire, resta trois années entières à faire de nouvelles
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