EXAMEN DES DROITS RÉCIPROQUES
plus grande énergie; dans toutes les villes principales ont lieu des réunions, des meetings nombreux, où cette question grave est agitée et traitée par des orateurs populaires, et il sera du plus haut intérêt politique de voir si, sur un point aussi important, la fermeté des Américains fera encore, comme dans l'affaire du Maine, fléchir l’orgueil des Anglais.
Dès le commencement des négociations, les Américains et les Anglais comprirent qu'il leur serait impossible de s'entendre, si chacune des deux puissances ne consentait à faire quelques concessions. Aussi, les Américains renoncèrentils à fixer la limite au delà du cinquante-quatrième parallèle, et, de leur côté, les Anglais abandonnèrent, à tort selon nous, le quarantedeuxième degré de latitude. Il est vrai qu’en renoncant à une partie de la rive gauche du Rio Colombia et à toute la branche Sud, la Grande- Bretagne restait maîtresse du canal de l'Amirauté, et pouvaiten outre commander le détroit de Fuca en occupant les ports de Noutka, San Juan, Revillagigedo , Cordova dans l'extrémité sud-est de la grande île de Quadra, et la magnifique baie de Puget, sur laquelle reposent tous ses projets de colonisation.
Indépendamment de la possession incontestée
CESSION DU CANADA, 1763. 283 des territoires de la baie d'Hudson, l'Angleterre, à notre avis, doit baser ses prétentions sur les deux points suivants. D'abord, et c’est pour nous la meilleure raison , la Grande-Bretagne, par la cession du Canada par la France, en vertu du traité du 10 février 1763, a acquis les droits les plus positifs sur les régions à l’ouest des Montagnes Rocheuses. Nous croyons avoir prouvé, par les auteurs et par les cartes, tous documents trèsauthentiques, que la Nouvelle France avait toujours été considérée comme bornée à l’ouest par la Mer Pacifique, bien que ce fussent les Espagnols qui eussent découvert par mer les côtes et les îles de la partie occidentale de l’Amérique du Nord.
Quant aux droits de possession et d’établissement sur la côte elle-même, ils sont concédés à l'Angleterre de la manière la plus formelle, par le traité de l’Escurial , signé le 28 octobre 1790. Ce n’est, point ici le cas d'examiner de quelle manière ce traité a été obtenu. Sans doute la conduite du gouvernement anglais fut loin d’être honorable; mais il faut reconnaître aussi que l'Espagne adhéra librement à cette convention, et qu’elle ne réclama jamais contre son exécution.
Les deux premiers articles du traité de l'Eseurial sont simplement relatifs à la cession de
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