VOYAGE DE LESSEPS
Le voyage à travers la Sibérie ne présente plus les difficultés que rencontra, en 1787, le courageux M. de Lesseps, le seul survivant de l’expédition de La Peyrouse'. Aujourd’hui, les postes et relais sont établis à travers le Continent asiatique, de Moscou à Okhostk, sur une ligne de plus de deux mille lieues. Un courrier peut franchir cette distance en cinquante jours. Le trajet le plus pénible est celui de deux cents lieues qu'il faut faire à cheval , et qui sépare Okhostk, ville de cinq mille habitants et port du débarquement, d’lakoutsk, cité de quinze mille âmes. Ce voyage dure huit à douze jours. Le pays, très-montueux, est coupé de marais, et le voyageur est assailli par des nuées de moustiques qui obligent à porter constamment un voile. Si l’on a pris terre à Okhostk à la fin de juin, on se trouve, versle milieu de juillet, à Irkoustk. Dans cette ville, qui compte quarante mille habitants, on prend de grands bateaux couverts, et l’on remonte la Léna pendant cinq cents lieues. À moitié chemin, on rencontre la petite ville de Kirensk. La poste est organisée le long du fleuve ; on peut effectuer le parcours en quinze jours à cheval, et les cent dernières lieues avant Irkoustk peuvent même se faire
* Journal historique du voyage de de Lesseps, etc. 2 vol. in-8°. Paris, 1790. | |
KIAKTA , VILLE RUSSO-CHINOISE. 319 ; en voiture. De cette ville à Kiakta, par le lac Baikal, la route se détourne vers le sud-ouest, et qi demande huit jours. he |
On trouve à Kiakta dix mille âmes. La partie : russe est séparée de la partie chinoise par une ‘4 simple palissade en planches; de chaque côté Lie | de la porte il existe un poste de soldats des ‘1
deux nations. Dans le jour, les habitants cir- fe culent librement , mais ils ne peuvent rester la de | nuit hors de leur enceinte réciproque. Si la ville À | russe renferme des individus des deux sexes, il | ie | faut noter qu'il n’y a que des hommes dans la À. | ville chinoise. C’est par Maïmachin que passent A |
l'archevêque et les popes grecs qui se rendent annuellement à la Mission russe de Pékin, ou
ceux qui en reviennent, et 1l est, on le concoit, D très-facile à des savants de se joindre à cette : manière de légation, et de visiter ainsi la por- | : | tion la plus intéressante du céleste empire. Par à | cette voie il eût été aisé au gouvernement russe da | d'envoyer , à l'insu de tout le monde, des ingé- ‘1 nieurs aux Chinois pour les aider dans la guerre hi: désastreuse qu’ils ont eue à soutenir contre l’Angleterre. Sur toute la limite le nom de l’Autocrate À est tout-puissant , et de même que dans le reste : de l’Asie, les populations tartares des deux côtés 3 | de la frontière regardent déjà le Czar comme leur ‘4 | là !| |
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