ET COUTUMES DES INDIENS
Un devin ou sorcier assiste à la cérémonie, pres
du bücher, en faisant des gestes bizarres accom-
pagnés d'imprécations. Avant que la combustion commence, 1l approche de la bouche du mort ses deux mains à demi fermées, afin de recevoir son âme, puis se tournant vers son plus proche parent, 1l ouvre les mains et souffle sur lui, comme pour lui communiquer l'esprit du défunt, dont lhéritier prend dès lors les armes et le nom. Après la combustion, les cendres sont recueillies avec soin, placées dans une corbeille de jonc, et portées par les parents dans toutes les migrations de la tribu.
Quelques peuplades du Nord, telles que les Sikanis, enterrent leurs morts; d’autres choisissent pour leurs caciques les sépultures les plus étranges. Il y a quelques années, un chef des Indiens du Sang ayant été tué dans un combat, ses funérailles présentèrent le spectacle terrible que nous allons essayer de décrire.
Pour se faire une idée du lieu de la scène, 1l faut se figurer sur le dernier plan, des montagnes de quatre à cinq mille mètres de haut, couronnées de neige à leurs sommets et chargées sur leurs flancs d’arbres magnifiques ; au pied de ces montagnes, un torrent impétueux et d'une effrayante profondeur; en decà un plateau de prairie;