FUNÉRAILLES D'UN CHEF
derrière le plateau, des petits bois de chênes et de pins, entre lesquels s'élevaient les loges des Indiens formées de pieux recouverts de peaux de buffle représentant diverses figures d'animaux. Sous la plus belle de ces tentes, entouré des femmes de la tribu, reposait le cadavre du chef, peint de couleurs éclatantes, revêtu d’une robe de bison, et ses longs cheveux relevés en panache, indice de sa dignité. Après que le cacique appelé à lui succéder eut débité, en accompagnant ses paroles de gestes expressifs, une sorte d’oraison funèbre, où il appelait le défunt l'aigle de la tribu, et comparait sa valeur à celle de l’ours et sa prudence à celle du castor, le cadavre fut solidement attaché sur son plus beau cheval à l’aide de lanières de peau de cerf. On plaça sa lance dans une main, son arc dans l’autre, les chevelures de ses ennemis à l’arcon de sa selle, à son cou et sur ses bras ses colliers de verre et ses ornements de cuivre; puis on le conduisit, au milieu des gémissements des femmes, sur le plateau, où les œuerriers à cheval formaient un demi-cercle dont les deux extrémités aboutissaient au torrent. Le cheval prit place au centre de ce demicercle, et les cavaliers agitant leurs armes, entonnèrent leur chant de guerre, dont rien ne saurait rendre l’expression sauvage. Le cheval
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