COURAGE DES INDIENS
On conçoit que ce malheureux , épuisé par la fatigue de l'ivresse, est assez naturellement conduit à avoir des hallucinations qu’on accepte comme un présage, et qu'on interprète en conséquence. Les devins, à l’aide de plantes réduites en pate, forment sur les bras et la poitrine du jeune homme, la figure de l’animal auquel il est consacré , et mettent le feu à cette espèce de moxa; une fois la combustion complète , ils frottent la plaie avec des sucs d’herbe diversement colorés, et ce stigmate devient ineffacable.
Pour apprendre à devenir hommes , les jeunes gens s'accoutument de bonne heure à souffrir les plus dures privations et à endurer les plus cruels tourments. [ls ne s’approchent jamais du feu, afin de s’aguerrir contre les intempéries des saisons, et ne mangent que les aliments les plus grossiers ; mais Ce qui est à peine croyable, c’est qu'ils se flagellent le corps avec des poignées d’orties, et se placent tout ensanglantés au milieu de fourmilières où ils restent comme morts sans bouger ni pousser un cri. Quelques-uns s’infligent ce supplice plusieurs fois. Après l'avoir subi , ils disent qu'ils sont tannés , et que les flèches de l'ennemi ne peuvent plus les atteindre. L'éducation que reçoivent les jeunes filles ne diffère pas essentiellement de celle des garçons. On leur enseigne à
DEVINS ET SORCIERS. | 369 ètre humbles et soumises, à recueillir et à préparer les grains, à coudre les peaux d’animaux , à tresser les nattes et les corbeilles, et à vaquer à tous les soins du ménage. On tatoue les femmes autour des yeux , de la bouche, des seins, et sur les bras, en enfonçant une épine dans la peau, de manière à faire sortir une goutte de sang , et en frottant la place avec du charbon pilé. Les Indiennes considèrent comme un ornement les lignes bleues que ce mélange produit.
La terreur que les sorciers inspirent est si grande, que les Indiens n'hésitent pas à leur livrer leurs filles, et vont jusqu’à défendre à cellesci de leur opposer aucune résistance. Ces sorciers prétendent être issus du loup de prairies (coyote), et ils attribuent à leur origine l’usage où ils sont de manger de la chair humaine. Il est très-rare de trouver d’autres Indiens qui n'aient pas cet usage en horreur. Lorsqu'un jeune homme veut se marier, il commence par tourner pendant plusieurs jours autour de la loge de celle qu’il convoite. Cette formalité remplie, il pénètre dans la cabane et offre son présent, consistant en peaux de loutres ou en grains de verre. Il est dès lors admis à habiter avec les parents de sa fiancée, à la condition de leur apporter chaque jour quelques aliments. Pendant ce temps, la jeune fille se lève
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