CHASSE INGÉNIEUSE
déposer aux pieds du démon, pour le fléchir, leurs arcs et leurs flèches. Alors le devin, qu'on est allé querir, s’avance vers la victime en dansant, avec des gestes bizarres ; il s'agenouille auprès d'elle, applique ses lèvres sur la blessure, et fait semblant d’en retirer un caillou tranchant. Le corps du blessé est alors porté devant le feu, mais si près qu on sent l'odeur de la chair brülée. L'Indien a le courage d'y rester jusqu'à ce que le démon, vaincu par les prières et les présents de ses amis, consente à s'approcher de lui et à souffler sur sa bouche pour lui rendre l’âme. Lorsque cette cérémonie est terminée, le blessé se relève et court se mêler aux autres Indiens qui recommencent à danser.
Une autre fois, étant campé sur la rivière del Sacramento, nous aperçümes de loin une soixantaine de squelettes qui dansaient une danse guerrière autour d’un grandfeu. En approchant, nous reconnümes que ces Indiens étaient des guerriers Kosumnès, qui avaient peint en blanc sur leurs Corps naturellement fort noirs, etavec une exactitude effrayante , toutes Les côtes et les ossements de la charpente humaine.
Pour s emparer des cerfs et des chevreuils, les Indiens se servent d’un artifice très-ingénieux ; ils préparent avec beaucoup d’habileté la tête de
ARMES DES INDIENS. . 377 cet animal , en ayant soin de remplir le cuir du cou et du poitrail avec des herbes sèches ; ils se couvrent ensuite de ce masque et se cachent dans les taillis, marchant accroupis, appuyés sur la main gauche , et tenant de la droite un arc et une flèche. Dès qu'un cerf ou un chevreuil vient à paraître , 1ls imitent les mouvements et les cris de l'animal du sexe contraire , avec une perfection telle qu'ils ne manquent pas de l'attirer jusqu’à la portée de leur arc. Du reste, leur coup d'œil est si juste et leur force à tirer si grande, qu’à une distance de quarante pas, ils traversent de part en part un cheval au galop.
Leurs armes sont des massues, des lances et des flèches fabriquées avec soin et armées de cailloux tranchants. Leurs arcs, doublés de tendons de cerf, et dont la courbure est renversée afin d'augmenter la tension , n’ont pas plus d’un mètre de long ; la corde, faite avec du chanvre sylvestre , est garnie d’un petit morceau de peau qui en étouffe le sifflement; aussi, peut-on, en voyageant, recevoir une flèche tirée à une très-grande distance, sans avoir entendu aucun bruit et sans soupçonner la main qui l’a lancée".
A l'exemple des peuplesorientaux , les Indiens
1 Voir dans l'Atlas le dessin n° 25.
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