‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer Vermeille, exécutée pendant les années 1840, 1841 et 1842 Vol.2Chapitre 56 sur 383 · Æ | VA QUE À · texte numérisé non relu

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68e VUES PATRIOTIQUES DES ÉTATS-UNIS

[l n'y à rien à ajouter à ce document que nous venons de citer; les intentions du gouvernement des États-Unis y sont assez clairement manifestées; les négociations furent suivies avec activité par le Plénipotentiaire américain, et il est probable que les offres eussent été acceptées par le gouvernement mexicain, qui en est toujours aux expédients, sans les représentations de l’Angleterre.

Dans les derniers mois de 1841, cinq bâtiments de guerre des États-Unis ont mouillé dans la baie de San Francisco, et l’ont relevée avec soin, ainsi que tous les terrains environnants. Nous avons passé plusieurs semaines à bord de ces navires, dont les officiers nous ont fait l'accueil le plus amical, et, en rapprochant les renseignements que nous y avons puisés, de ceux recueillis par nous, à bord des bâtiments anglais et des navires de la Compagnie de la baie d'Hudson, nous nous sommes aisément convaincu que l'Angleterre et les États-Unis se flattent également d’enlever ce territoire au Mexique. Il est du reste évident pour nous, que la Californie appartiendra à la nation quelconque qui voudra y envoyer une corvette et deux cents hommes, et nous ne pouvons qu'approuver la conduite patriotique des gouvernements anglais et américain , de s’as-

ET DE L’ANGLETERRE. 69 surer à l'avance des points importants dans la Mer Pacifique.

La Nouvelle Espagne tend à une dissolution complète, conséquence inévitable de sa séparation d'avec la Mère Patrie. Le sort de ce pays est d’être conquis, s’il ne se replace sous la protection d’une monarchie européenne, seul moyen de salut qui lui reste. Ce moyen est, il nous semble, celui que la France doit préférer ; mais, du reste, nous croyons avoir prouvé que l'état actuel du Mexique est si nuisible à nos intérêts, que nous aurions beaucoup à gagner commercialement et politiquement à son absorption par les États-Unis.

L'histoire des troubles politiques de la Californie, que nous avons déjà tracée, a pu donner une idée du mépris et de la haine que la masse de la population californienne a pour les Mexicains et leur gouvernement. Le seul parti véritablement fort est le parti royaliste, autour duquel viennent se grouper presque tous les Européens, les Californiens restés honnètes gens, et même ceux qui ont pillé les Missions; en un mot, tous les habitants qui, par leur religion, leurs mœurs, leur langue et leur origine, sont naturellement antipathiques aux Anglais et aux Américains leurs descendants.

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