AVENIR PROCHAIN
En Californie comme dans le reste de l'Amérique, les membres de l’ancien clergé espagnol s'éteignent tous les jours sans être remplacés par leurs compatriotes , et, il faut bien le dire, le clergé américain est en général loin de posséder les vertus des prêtres européens. Mêlé trop intimement à la population dont il sort, il n’exerce pas sur elle l'empire nécessaire. Ce serait certes là une belle occasion, pour les sociétés ecclésiastiques , d'établir leur influence dans ces contrées, en substituant leurs Missionnaires à l’ancien clergé espagnol, et en préparant, par l’ascendant religieux , les voies d’une prépondérance pohtique.
Depuis longtemps les hommes sensés de Ia Californie sont convaincus que les présidents de Mexico, inhabiles à les gouverner, impuissants à les défendre, ne cherchent qu’à se débarrasser d'eux en vendant lâchement leur territoire aux Anglais où aux Américains : des négociations rendues publiques sont là pour attester ce fait. Tous ces hommes se voient sur le point d’être livrés à une raceimpitoyable, et le sort de notre malheureux Canada, celui des Florides espagnoles et du Texas, n'est guère de nature à les rassurer. C’est donc vers l’Europe catholique qu’ils tournent leurs regards, car ils sentent fort bien qu'elle
DE LA CALIFORNIE. 71 seule peut les soustraire à la domination de deux puissances qu ils redoutent également; mais il est probable qu'avant peu le flot de la population des États-Unis, se portant à l'Ouest, inondera cette province de ses invasions d’émigrants.
Bien que le sénat de Washington vienne de rejeter l’annexation du Texas, on peut assurer que la ratification du traité de réunion n’est qu’ajournée , et sera accordée à la prochaine session du Congrès américain. Alors le sort de la Californie sera décidé : comme le Nouveau Mexique, elle sera absorbée par contiguité, et il est douteux que les Anglais, malgré l’admirable force d’expansion de leur gouvernement, puissent devancer leurs rivaux dans l'occupation de ce beau territoire. Quant à nous, il est inutile d'ajouter que nos sympathies politiques sont pour les Américains, et que, puisque la Californie doit changer de maîtres, nous aimerons évidemment mieux la voir aux mains des États-Unis qu'entre celles de l'Angleterre.
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