DIMINUTION DE LA POPULATION
simple, question de temps , et qui, selon nous, n’a pas été étudiée avec assez de soin ; c'est celle de la dépopulation croissante de ces îles. Le capitaine Cook, quiles visita plusieurs fois et y fut tué en 1779, évaluait leur population à quatre cent mille âmes ; en 1792 elle n’était estimée qu'à trois cent mille par Van Couver, dont les assertions sont confirmées par les naturels les plus anciens et les plus intelligents, ainsi que par les indices que le pays offre d’une culture naguère plus étendue. Depuis lors, le décroissement a suivi une progression si effrayante, que le nombre des habitants était à peine, en 1832, de cent trente mille individus , et en 1836 de cent dix mille, d’après les recensements faits par les Méthodistes américains répandus dans les diverses îles, et qui possèdent tous les moyens de donner à ce travail une rigoureuse exactitude. En 1837, suivant le docteur Chapin, le nombre des naissances ne fut que trois mille trois cent trente-cinq, tandis que celui des décès s’éleva à six mille huit cent trente-huit!.
‘The Sandwich islands : by Alex. Simpson late x. 8. m. Consul. 1 vol. London, 1848.
Voir : An Inquiry into the causes of decrease in the population of the Sandwich islands. Hawaïian spectator, n®% 1 et 3, 1838- 1839. Excellent travail du docteur Chapin et de M. Bishop, ministres méthodistes américains aux îles Sandwich.
DES ILES ET SES CAUSES. F6 Cette disproportion n’a fait que s’'accroitre; en 1838, le cens donna cent cinq mille habitants ; dans ce chiffre, lé nombre des enfants est seulement d'un peu plus du tiers du total (presque tous meurent avant leur deuxième année), et à peine le quart des familles a des enfants vivants. Plusieurs d’entre elles n’ont d’héritiers d'aucune espèce.
Les causes principales de cette dépopulation
doivent être, il faut bien le dire, attribuées aux lois que les Méthodistes américains, tout-puissants auprès du roi et des chefs, leur ont fait promulguer. Îls ont soumis ces insulaires à un régime que les blancs eux-mêmes ne sauraient sup-
porter, et ont voulu les arracher d’un seul coup
à la vie sauvage. À une population habituée à des mœurs trop faciles peut-être, à des peuplades accoutumées à aller nues, à se livrer aux jeux, à la danse , à la natation, à des bains de mer continuels, ils ont imposé l’obligation de se vêtir et interdit tous divertissements. Ils ont appris au roi à infhiger, sous le plus léger prétexte, des chätiments corporels et des amendes à son bénéfice , et tout en construisant des temples et des écoles (qui ne sont pas gratuites) et en forçant les Kanakas
à les fréquenter, ils ont complétement négligé
leur éducation physique; ils ont voulu avoir à