MŒURS DES HABITANTS
ges et coutumes de ses habitants. Leurs mœurs sont celles des anciens colons de l'Amérique espagnole; les Californiens ont conservé les qualités et les défauts de leurs ancêtres. Malheureusement un grand nombre de circonstances ont, dans ces derniers temps, contribué à les corrompre; le contact des étrangers, en introduisant parmi eux des habitudes de luxe, a augmenté leurs besoins, et n’a fait que les exciter au pillage des Missions ; la désorganisation des milices espagnols lesa rendus moins braves, et leur penchant naturel pour le jeu et l’ivrognerie surtout s’est accru à ce point, qu'on ne rencontre guère de Californien qui ne porte dans les fontes de sa selle, à côté de ses armes, une bouteille d’eaude-vie : « La bouteille pour l'ami, disent-ils, et « les armes pour l'ennemi.» Ces hommes, qui sont d’une très-belle race, ne vont jamais à pied. Leur premier soin en se levant est de seller un cheval, qui reste attaché à la porte de leur maison, et dont ils se servent même pour franchir des distances de moins de cinquante pas. Leur vie s'écoule dans l’oisiveté la plus complète. On ne voit jamais un colon californien travailler la terre. Si l’on entre dans un rancho, on est assuré de trouver les hommes couchés, fumant et buvant de l’eau-de-vie ; les femmes seules sa: 1pent un peu
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DE LA CALIFORNIE. 28 d'agriculture et de jardinage; elles parviennent à louer quelques Indiens et à faire de petites semailles.
Ces femmes sont en général grandes, fortes, et ont conservé le type de beauté des paysannes espagnoles. Leur fécondité est extrême ; il n'est pas rare d'en voir qui ont jusqu'à douze et quinze enfants, ce qui, avec la supériorité numérique des hommes, explique le rapide accroissement de la population en Californie ; sur cinq mille habitants de race blanche, on compte, en effet, près de six cents étrangers, hommes faits, que les femmes préfèrent aux gens du pays, parce qu’ils sont en général plus laborieux , qu'ils les traitent mieux, et prennent plus de soin de leurs
enfants. L'existence de ces femmes est fort
active, la plupart des travaux ordinairement réservés aux hommes leur étant dévolus ; elles manient les chevaux et le lazo avec autant d’adresse que leurs maris, auxquels elles’sont d’ailleurs bien supérieures pour l'intelligence et les qualités morales.
Comme le nombre des “anses augmente tous les jours, il est à craindre qu'avant peu quelque perturbation ne résulte de l'immense disproportion existant entre la population masculine et celle des femmes.