‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer vermeille [microforme]Chapitre 131 sur 313 · DURÉE DU PARCOURS · texte numérisé non relu

DURÉE DU PARCOURS

nent est quelquefois si long, que la brigade qui part de Montréal au commencement de mai, n’atteint le fort Van Couver que dans le courant d'octobre; elle repart du fort à la fin de mars, et arrive à Montréal dans les derniers jours de septembre ; mais on doit remarquer que cette caravane est composée de soixante à quatre-vingts personnes, et de dix ou douze canots portant souvent des bagages et des marchandises. Si l’on veut aller à la légère, comme le font le gouverneur Simpson et les courriers que la Compagnie expédie de temps en temps, on peut se rendre du Rio Colombia au fleuve Saint Laurent en moins de trois mois.

Mais on ne saurait se faire en Europe une juste idée des fatigues et des périls qu’entraîne cette manière de voyager ; il faut passer des jours, et souvent des nuits entières, accroupi dans les barges, essuyer les coups de vent, la neige et des torrents de pluie, sauter des rapides et des cascades sans nombre ; faire à pied de longs portages, en s'ouvrant parfois, la hache à la main, un passage à travers les bois, les rochers et les marécages ; camper en plein air, l’hiver, dans des lieux froids et humides, et l’été au bord desrivières, où l’on rencontre desserpents venimeux, et où l'atmosphère est infestée de moustiques ; se nour-

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VIEILLES CHANSONS FRANÇAISES. 153 rir enfin d'aliments sinon insuffisants , toujours mal accommodés ; et enfin avoir quelquefois. à défendre sa vie contre les attaques d’Indiens hostiles.

Dans les canots, si le courant est difficile, on va à la perche et à la ligne; mais lorsque le temps est favorable , on hisse les voiles des barges et on les fait avancer à l'aviron. C’est alors que pour ramer en mesure les Canadiens font retentir ces solitudes de leurs vieilles chansons françaises. Plusieurs fois, parcourant en canot le Rio Colombia, notre cœur a battu en entendant, même au milieu du vent et de la pluie, nos rameurs entonner des airs qui nous rappelaient la patrie, eten retrouvant sur ces rivages éloignés, chez ces fils de la Nouvelle France, le courage et la gaieté de notre ancien caractère national!

La Compagnie de la baie d'Hudson, tout en poussant ses établissements à l’ouest et au sud, au delàdes Montagnes Rocheuses, ne manque pas d'étendre ses reconnaissances géographiques au nord sur l'Océan Pacifique, et vers la mer Polaire. Dès 1834, le facteur en chef John Mac Leod avait découvert la rivière Stikine où les Indiens Nabanis trafiquaient avec les Moscovites, et fondé le fort aux Liards. Trois ans plus tard, son successeur, M. Robert Campbell jeune Écossais, pour.

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