‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer vermeille [microforme]Chapitre 138 sur 313 · SALON DES CÉLIBATAIRES · texte numérisé non relu

SALON DES CÉLIBATAIRES

vont distribuer les marchandises dans les stations de l'intérieur. Il en résulte que le fort Van Couver qui, à l'extérieur, ressemble à une grande ferme entourée de bâtiments d'exploitation agricole, n’est en réalité, au dedans, qu’une boutique et un comptoir de la cité de Londres. Une quinzaine de commis sont employés aux échanges avec les Indiens, à la vente et aux écritures; ils se réunissent dans leurs bureaux au son de la cloche, dès sept heures du matin et y travaillent jusqu'à neuf heures du soir, sauf les moments nécessités pour les répas, qui se font en commun et sont présidés par l'agent supérieur.

Le soir les jeunes commis se réunissent, pour fumer, dans une chambre nommée le salon des célibataires, Bachelor’s Hall; chacun raconteses voyages, ses aventures, ses combats avec les Indiens: l’un s'est vu forcé de manger ses mocassins; l’autre est si sûr de sa carabine qu'il ne vise les ours que dans la bouche pour ne pas endommager la peau ; et quelquefois enfin les mélodies écossaises se mélant aux chansons canadiennes, l'on voit la gaieté française animer les robustes highlanders. Les habitations sont des espèces de casernes où rien ne rappelle le comfort anglais. Le mobilier consiste en une petite table, une chaise ou un banc, et un lit de camp en plan-

ches, c laine. ] ameub

fait ver glican ; de se r saient < bytérie à la ch assister l'absenc sionnaï core to Nesqua

Le fa ghlin, de la C Agent g d'Hudsi Montag

stations rt Van grande in agri- > bouties. Une changes ires; ils n de la vaillent noments :ommun

it, pour lon des

conte ses cc les In- D CASSINS ;

vise les domma-

élodies diennes, robustes pèces de anglais.

ble, une en plan-

VIE À VAN COUVER. 193 ches, criblé d'insectes, avec deux couvertures de laine. Il faut avouer cependant que ce modeste ameublement paraît superbe, pour qui a passé deux années dormant en plein air, et des semaines entières à explorer des fleuves en canots découverts, au milieu de pluies incessantes et glaciales.

Le dimanche, la salle à manger se convertit en oratoire; et l’un des employés lit les prières de la liturgie protestante. La Compagnie avait fait venir de Londres, en 1837, un ministre anglican; mais au bout de deux ans, il fut obligé de se retirer à cause des discussions qui ne cesaient de s'élever entre lui et les Écossais presbytériens. Quant aux Français, ils se réunissent à la chapelle pour y faire des lectures pieuses, assister aux offices et chanter des cantiques en l'absence des prêtres. Il y a maintenant un Missionnaire à Van Couver. Avant son arrivée, encore toute récente, ceux du Ouallamet ou du Nesqually y venaient une fois par mois.

Le fort est la résidence du docteur Mac Loughlin, autrefois l’un des membres les plus actifs de la Compagnie du Nord-Ouest et aujourd’hui Agent spécial et surintendant de la Compagnie d'Hudson pour tout le Territoire à l’ouest des

Montagnes Rocheuses. Ce personnage, fervent ca- LLE 13

Page 1