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AVEC LA FRANCE, L'ESPAGNE ET LA RUSSIE. 280 Les Américains soutiendraient en vain qu'au Sud, à partir du quarante-deuxième parallèle et au delà , l'Espagne et le Mexique ont abdiqué en leur faveur tous leurs droits de possession et de souveraineté, et qu’au Nord, au-dessous du 54° degré 40 minutes de latitude, les Russes, par leur traité avec le cabinet de Washington du + avril 1824, leur ont reconnu les mêmes droits. Cette argumentation serait complétement détruite pour le Nord par le traité du ++ février 1825 entre l'Angleterre et la Russie. En effet, dans ces deux conventions le gouvernement russe accepta la promesse de l'Angleterre et des États-Unis, de ne fonder aucun établissement sur la côte Nord-Ouest, au nord du 54° degré 40 minutes, etil s’engagea même à n’en point former au sud de ce parallèle, mais sans reconnaître aucunement à l’une des deux nations la propriété exclusive des territoires situés au sud de ses possessions. Pour la limite du Sud, l'Espagne et le Mexique
“ont agi de la même manière. Par l’article 4 du
traité des Florides, ces deux gouvernements ont abandonné aux États-Unis leurs droits de souveraineté sur les pays situés au nord du quarante-deuxième degré de latitude; mais il est évident que le traité des Florides ne saurait por-
290 OPINIUN PERSONNELLE
cédente de 1790; il ne constitue qu'une simple renonciation, et les États-Unis en y adhérant, s'étant substitués à l'Espagne pour le territoire à l'égard duquel cette puissance résignait ses prétentions, doivent respecter tous les droits qu’un traité, antérieur au leur, a reconnus aux Anglais. Il est d’ailleurs hors de doute qu’à l'époque de la publication du traité des Florides, en 1819, le Gouvernement Britannique n'aurait point manqué de réclamer, s’il eût cru attaqués les droits plus anciens et manifestes qu'il tient du traité avec l'Espagne de 1790, qui ne font que corroborer ceux obtenus dès 1763 par l'acquisition de la Nouvelle France.
Si nous avions maintenant à émettre une opinion sur cette question importante, nous ne pourrions, malgré toutes nos sympathies pour les États-Unis et notre aversion profonde contre la politique ambitieuse de l'Angleterre, nous
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SUR LA QUESTION DE L'ORÉGON. 291 empêcher de reconnaître que la justice et la raison sont, cette fois, de son côté, et qu’elle a un droit absolu et exclusif à la possession du Territoire en litige. Ce jugement soulèvera, sans doute, contre nous, les plus violentes critiques; mais il part d’une conviction sincère, et résulte moins de notre exploration de l'Orégon, que de l'étude et de l’examen sérieux des traités, des conventions et des documents de toute espèce relatifs à la question.
Nous avons parcouru le Territoire en litige à l'époque où Sir Georges Simpson, gouverneur de la Compagnie d'Hudson, et l’Expédition scientifique américaine l’exploraient simultanément. Tous les officiers de cette escadrille intelligente ont assuré hautement devant nous qu'après l’examen qu’ils venaient de faire, les États-Unis ne pourraient accepter pour frontière que le quarante-neuvième degré de latitude, depuis les Montagnes Rocheuses jusqu'à la mer. Quant à Sir Georges , il nous a plusieurs fois répété que l'Angleterre se confierait à la chance des armes plutôt que d’obtempérer à cette limite et de sacrifier la baie de Puget. De telles paroles dans la bouche de tels hommes nous ont paru d’un grand poids et présager pour un avenir, peutêtre rapproché, les plus sérieuses complications.
292 AVENIR DU CANADA, Qu’arrivera-t-il donc si les négociations entamées échouent ? quelle sera l'issue de cette lutte? Les deux nations auront-elles recours au choix hasardeux des armes, ou bien, pour trancher la difficulté, en viendront -elles à un partage? Mais on n'ignore pas que la baie de Puget, dans le détroit de Fuca, seul point qui ait une valeur maritime et militaire, n’est pas divisible. La Grande-Bretagne cédera-t-elle, ainsi que pour les frontières du Maine? L'Union aura-t-elle encore la gloire d'humilier sa rivale, ou les États- Unis, plus clairvoyants,se souviendront-ilsqu’audessous du quarante-deuxième parallèle, au sud de l'Orégon; il y a une région plus fertile, plus près de leurs possessions, offrant un port qui est la clef du Nord de la Mer Pacifique : une
province qui attend un maître, un pays qu'ils .
savent, par expérience, hors d'état de résister à uñe attaque maritime, où leurs citoyens sont nombreux et puissants : la Californie en un mot, dontils feront, à un signal donné, un autre Texas'?
et, en. échange de l'abandon de ses prétentions.
* Greenhow's History of Oregon and California, p. 368 : « … but « itis evident that: all:the. efforts of Mexico would be unavailing « to retain those distant. possessions, in the event of awar with a « powerful maritime state. » ie
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