REVERS DE LA MÉDAILLE
vent pendant des journées et des nuits entières, manquant d’eau et denourriture, exposé l'hiver à des pluies glaciales, traversant des bois remplis d'ours, obligé de mettre partout la main à l'œuvre, car dans ce pays, quel que soit le nombre des domestiques dont on se fasse suivre, on est réduit à faire presque tout soi-même; il faut savoir manier le /azo pour s'assurer un cheval au besoin , la hache pour couper le bois, l'aviron pour traverser les lacs et les rivières , la carabine pour tuer le gibier ou défendre sa vie contre les bêtes fauves et les Indiens des tribus errantes. On ne saurait se faire une idée des tristesses et des découragements qui accompagnent le voyageur dans de semblables explorations. Que de fois, étendu par terre, malade, abattu par la fatigue et la faim, brisé par des courses furieuses sur des chevaux à demi sauvages, seul dans ces immenses déserts ou livré à la foi de domestiques mercenaires ou d’Indiens souvent perfides , nous avons soupiré après l’Europe, en pensant, hélas! à ceux que nous ne devions plus retrouver ! Mais au milieu de cet abandon complet où on nous a laissé à quatre mille lieues de la France, l'espoir que le résultat de notre voyage pouvait être utile à notre pays, nous donnait des forces, car nous étions loin de‘prévoir les déboires et les dé-
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