KIAKTA, VILLE RUSSO-CHINOISE
en voiture. De cette ville à Kiakta, par le lac
Baïkal, la route se détourne vers le sud-ouest, et
demande huit jours.
On trouve à Kiakta dix mille âmes. La partie russe est séparée de la partie chinoise par une simple palissade en planches; de chaque côté de la porte il existe un poste de soldats des deux nations. Dans le jour, les habitants circulent librement, mais ils ne peuvent rester la nuit hors de leur enceinte réciproque. Si la ville russe renferme des individus des deux sexes, il faut noter qu'il n’y a que des hommes dans la ville chinoise. C’est par Maïmachin que passent l'archevêque et les popes grecs qui se rendent annuellement à la Mission russe de Pékin, ou ceux qui en reviennent, et il est, on le conçoit, très-facile à des savants de se joindre à cette manière de légation, et de visiter ainsi la portion la plus intéressante du céleste empire. Par cette voie il eût été aisé au gouvernement russe d'envoyer, à l'insu de tout le monde; des ingénieurs aux Chinois pour les aider dans la guerre désastreuse qu'ils ont eue à soutenir contre l'Angleterre. Sur toute la limite le nom de l’Autocrate est tout-puissant , et de même que dans le reste de l’Asie, les populations tartares des deux côtés
de la frontière regardent déjà le Czar comme leur /