POLYGAMIE
de bonne heure, va se baigner tous les matins dans le ruisseau voisin, et se livre avec ardeur aux soins domestiques, afin de donner d’elle une idée avantageuse à son prétendu. Au bout de quinze jours environ, toutes les loges se réunissent. Les sorciers enlèvent à la jeune fille les colliers et les coquillages qu’elle porte au cou, aux - bras et aux oreilles ; ils lui attachent une ceinture autour des reins, et lui mettent sur la tête une couronne de plumes renversées. C’est en cet état qu’elle est remise à son mari; thutefois, avant de se séparer d'elle, ses parents ont soin de lui recommander la fidélité conjugale, lui représentant le déshonneur qui rejaillirait sur sa famille, si elle manquait à ses devoirs, et les châtiments qu'elle attirerait sur sa propre tête; ils ajoutent que si'elle avait à se plaindre de son mari, elle pourrait revenir dans la maison paternelle.
Les consanguins ne se marient point entre eux; un Indien ne peut épouser sa cousine ; il en est autrement des collatéraux. Un Indien qui a perdu sa femme peut se remarier avec la sœur de cette dernière. Il est à remarquer que cette coutume se retrouve dans la Loi Mosaïque.
La polygamie, dans les tribus du Sud, n’est en usage que parmi les chefs ; ils ontle droit d’épouser deux femmes et de les répudier ; mais chaque
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* Voir : Vida Manuscrit du trano, pag. 28. ( Torquemada :
MŒURS. — USAGES. 371 Indién ne peut en posséder qu'une, et n’est autorisé à la quitter qu’en cas d'adultère. Dans certaines tribus, le complice est puni de châtiments corporels qui entraînentsouvent la mort. D'autres gardent la femme qu'ils ont séduite, mais à la condition d’en payer le prix au mari outragé. On est douloureusement surpris de rencontrer chez ces Indiens des vices qui semblent le partage exclusif des sociétés les plus corrompues. Il existe dans chaque tribu des individus appelés Joyas, qui s’habillent en femmes, habitent avec elles, participent à leurs travaux, et ont des droits sur toutes , à la condition de se prêter eux-mêmes aux plus infâmes débauches'. Ces êtres dégradés sont du reste l’objet d’un mépris général , et il leur est interdit de porter des armes.
La plus grande partie de la vie des Indiens habitant la vallée de los Tulares se passe dans l'oisiveté. Tout le temps qui n’est pas employé à combattre l'ennemi pendant la guerre ou à chasser, ils le passent à jouer, à fumer, à danser et à dormir. Les femmes sont chargées de tous lestra-
vaux pénibles; ce sont elles qui vont chercher de
‘ Voir : Vida del P. Junipero Serra, pag. 228.
Manuscrit du R. ?. 5oscana de la Mission de San Juan Capistrano, pag. 28. (Entre nos mains.)
Torquemada : Monarquia Indiana, lib. 13, cap. 9.