‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer vermeille [microforme]Chapitre 257 sur 313 · ÉLECTION DES CHEFS · texte numérisé non relu

ÉLECTION DES CHEFS

l'eau, qui coupent le bois, construisent les loges et préparent les peaux d'animaux qui servent de vêtements aux Indiens pendant l'hiver. Nous avons souvent rencontré de ces malheureuses, portant d'énormes fardeaux et succombant presque sous le faix , tandis que les hommes fumaient tranquillement leurs pipes, étendus à la porte de leurs cabanes. ik R Dès qu’un cacique devient vieux, il donne une grande fête à tous les chefs voisins et à ses amis , et leur annonce que son but , en lés réunissant , est d'élever son fils à la dignité de chef. Les crieurs se répandent aussitôt dans la tribu pour faire part de cette résolution à tous les Indiens. Le lendemain, le nouveau cacique, le corps peint de couleurs éclatantes, portant un plumet brillant dans ses cheveux, et le front ceint d'une couronne de plumes, est amené devant les chefs, et reconnu publiquement par ces derniers qui forment autour de lui un cercle en dansant; mais cette reconnaissance n’entraîne pas l'exercice immédiat du pouvoir. Le nouvel élu n'entre souvent en fonction qu’à la mort de son père. On voit quele principe héréditaire est consacré parmi ces tribus. À défaut d'enfants mâles , les filles sont aptes à succéder. La femme chef peut choisir le mari qui lui convient; mais ce dernier, fût-il fils

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POUVOIR DES CACIQUES. 373 de cacique, ne participe point à l'autorité, qui demeure concentrée entre les mains de sa femme, jusqu'à ce que l’aîné des enfants mâles ait atteint sa majorité. Le pouvoir des caciques ne consiste guère que dans le droit de diriger les expéditions guerrières, de traiter de la paix avec l'ennemi, et d'indiquer les jours de fête. Pour tout ce qui concerne les affaires intérieures , l'influence des devins est bien supérieure à la leur. Toutefois, les pères ne manquent jamais d'inspirer pour les caciques à leurs enfants autant de crainte que de respect. Le chef d’une tribu n’a jamais qu’une femme légi'ime, les autres sont considérées comme des concubines , et ce n’est qu'à défaut d’enfants de la première que les leurs peuvent hériter

du pouvoir.

Les Indiens érigent en l'honneur de leur dieu Chinigchinig une espèce de temple d’une forme ovale , ayant dix à douze pieds de diamètre ; ils placent au milieu l’image grossière de ce dieu, auquel ils offrent en sacrifice des peaux d’animaux , des grains, des plumes, des becs et des serres d’aigles, oiseau pour lequel ils ont une grande vénération ; ils l’expliquent en disant qu'un homme étant tombé dans un puits, un aigle l'en retira. Le privilége de l'immunité est attaché à ce temple. Les Indiens qui peuvent s’y

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