‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer vermeille [microforme]Chapitre 81 sur 313 · BARRE DE L'ENTRÉE · texte numérisé non relu

BARRE DE L'ENTRÉE

Que l'on se figure, en effet, une immense ligne de brisants s'étendant, pendant trois lieues, du cap Désappointement à la pointe Adams, et formant devant la bouche du fleuve une espèce de croissant. Au moment où la marée descend, le courant de la rivière a une rapidité de six et sept milles par heure, et lorsque les vents venant de la mer, tels que le nord-ouest, poussent les flots vers l'embouchure, il résulte de ce choc des eaux arrivant dans des directions contraires, d'énormes montagnes de vagues qui atteignent une élévation de plus de soixante pieds. Quand on est mouillé dans l’intérieur du fleuve, dont les bords sont couverts de la plus riche végétation et de forêts magnifiques, on ne saurait imaginer le spectacle terrible qu'offre la barre, dontle bruitse fait entendre à plusieurs lieues, et dont les lames en déferlant dérobent l'horizon de la mer, et semblent former une barrière insurmontable à la sortie comme à l’entrée du fleuve. Au-dessus des crêtes écumeuses des vagues, on voit planer des bandes d'oiseaux pêcheurs, de cormorans et d’albatros.

La barre, dont la largeur est de quinze cents mètres, s'étend à un mille de terre. On peut reconnaître sans difficulté le canal qui conduit dans le fleuve, parce qu'il brise beaucoup

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