FECIT
Τρ Aug{usto) Sac{rum) C{aius) lulfius) Crescens, vis[u] (admonitus), ar(am)
Tec”.
On ἃ rapproché le nom d'Ifru du mot fre, qui signifie
«grotte» en berbère, et l'on ἃ supposé qu'Ifru était une divi-
nité des cavernes. On a assigné le même caractère à un Bacax Augustus dont la grotte du Djebel Taïa, près de Thibilis, était
certainement le sanctuaire ὃ. Les parois du couloir étroit qui
donne accès à cette grotte sont couvertes d'inseri ptions votives,
gravées pour la plupart par des magistrats de la ville voisine,
et portant une date °.
BALDIR (Ἄνα:
SACRVM MACEDO
PVB
VOTVM SOLV
IT Llbens ANimo
TELLVRI GILVAE AVG * C. I. L., t. VIH, n° 2228 :
KAVTO PATI
Ἢ Cherbonneau , Ann. de la Soc. archéol.
de Constantine, 1860-1861. Reboud, Inscr.
lhibyco-berbères, Ρ- 8. Wilmanns (C. 1. L.,
t. VII, n° 5693) a corrigé à tort le nom d'Ifru qu'il lit IERV.
BACACI AVG SAC GENTIANO ET PAS Ο COS VII 'ID MAIAS C : IVLIVS FRONTO NIANVS ET ῥἤ7 ES TDIVSYPRVDES MAGS THIB VSL
Cf. 5505-5510, 5512, 5514, 5517.
‘ La plus ancienne de ces dates remonte à l'année 211; la plus récente, à l'année 279.
Nous retranchons de cette liste un Caub augustus et un Eruc augustus qui figurent comme divinités libyennes dans le Recueil de la Société archéologique de Constantine (1. VE, p. 34, et t. XVIII, p. 615). Vérification faite des deux textes, Wilmanns a lu dans le premier : G: AVB:AVG. Genio Aub... auqusto; dans le second : DEO : SANC *FRVG:SAC:, Deo Sancto frugt- Jero auqusio Sacrum.
Une inscription votive de Tiklat (Tupusuctu), dédiée à Temsal et datant du πιὸ ou du arr siècle, semble indiquer que les anciens souverains numides avaient été divinisés et recevaient un culte analogue à celui des Dit”.
Les divinités tutélaires des villes, des bourgs, des montagnes, des fleuves, des sources, des lacs, prennent, à l'époque romaine, le nom de Génies, emprunté à la mythologie latine. C'est ainsi que nous trouvons : à Saint-Denis-du-Sig, un MVumen et Genius fluminis?; à la source du Bou-Merzoug, le Genius huminis caput Amsaqae *; à Guern-el-Esnam, près d'Aumale, le Genius montis Pastorianensis "; à Cirta, le Genius coloniae Cirtae ° ou populi Cirtae; à Lamasba, le Genius Lamasbae auqustus 7; à Lambaesis, le Genius Lambaesis* ou υἱοῖ Lambaesis”; à Uzappa, le Genius cwitatis Uzappae auqustus ". Ces génies tutélaires sont
| CI. L., t. VII, n° 8834 : ‘ C.L. L., L VI, n° 9180: IEMSAU GENIO MONTis L'PERCIINIVS PASTORIAnen L'F'STEL SIS .VIM. Tan ROGATVS PESTATVM « Vs la PATRIAN ar : C.I. L., t VIII. n° 9749. CENTI SCI##4 s CI. L., à VII, n° 5884. UT NICTIM##
CI L, à VII, n°2595, 5698. — “ C. L ζω, τ: VIII, n” 6947, 6948. — 7 C. I. L., t. NII, n° 4437. — 8 CI. L., t. MI, n°2528, 2611. -——1 "10 t, VIII, n° 2604, “θοῦ. — ! Inscription inédite d'El-Ksour.
—#2>( 189 ).43--évidemment les anciennes divinités topiques, protectrices des premières agglomérations libyennes : l'inscription d'Auzia, dé-diée à l'Auzius Deus, Genius et Conservator Coloniae', prouve que ces divinités éponymes gardaient quelquefois leur nom.
À côté ou au-dessus des divinités topiques se placent les divinités ethniques. Chaque grande fraction de la race indigène paraît avoir eu la sienne. À cette catégorie appartiennent le Deus Numidarum magnus*, le Numen Mauretaniae, les Maurt ou Du Maur, les Du Maurti Augustr, les Du Mauricr, les Du hospites Maurici et enfin les Maurt Barbari de la curieuse inscription de Lambaesis .
La Johannide de Corippus nous fait également connaître trois divinités indigènes : Sinifere”, Mastiman® et Gurzilf. La dernière semble appartenir à la Marmarique ”. Mastiman, assimilé
ἢ Corpus inscriptionum latinarum , τ. VIT, n° 9014 : AVZIO DEO GENIO ET CONSERVATORI COL ? Annales de la Soc. arch. de Constant. , Ἢ Johann., IV, 681 : 1878, p. 192:
DEO : NVM:MAG
Hinc Sinifere vocans acies Maurusia clamat.
PROS ENT Er D:N ® Johann., IV, 682 :
IMP : CAES :M:AVRELI Mastimanque ferum : Mastiman assonat echo. ΞΕ ΕΝ το RER MALUS EMI ANSE “ Johann., VIT, 304 :
Wiälmanns pense qu'on doit lire Deo Hi mactant Gurzil, dl tibi, corniger Ammon. numeri magno. Un simple genius nous pa- Ibid! IV, 683/:
raît très suffisant pour un numerus ou dé-
Inde ferunt Gurzil : Gurzil cava saxa resultant, ἙΝ ΜΑΧΣΝ troupes. runt Gurzi urzil cava saxa resultant
# C. I. L., τ VII, n° 2641, Lambaesis, Ibid., IL, 109 : dans le prétoire :
lerna ferox his ductor erat Gurzilque sacerdos. NPA ARE Sons ΒΒ Δ. ΕΒ.
ΘΕ ΕΝ See ΜῈ 7 Johann., IV, 669 :
TRATVS : VO : SO: LIB : AN «νον Ammoniü signantem numine Gurzil VICTOR - VENI:VIC ME FAC Omina prima suis...
IMPRIMERIE NATIONALE
Costume.
——#+2( 190 \ses-— au Jupiter Taenartus, est une divinité infernale, dont le culte était ensanglanté par des sacrifices humains”.
Le culie des génies des eaux, des sources, des arbres, des rochers, ἃ laissé quelques traces dans l'Afrique musulmane. Les indigènes de la Tunisie suspendent encore des lambeaux de laine à certains arbres désignés par la tradition. Dans le nord du Maroc les rochers isolés d’une forme particulière ou ceux qui donnent naissance à une source reçoivent chaque année une marque blanche, tracée à la chaux. Peutêtre faut-il rattacher au culte d’une divinité champêtre deux coutumes encore en vigueur au Maroc et dans notre Kabylie. À l'époque des moissons, dans la province de Tanger, on promène à travers champs une sorte de poupée qui porte le nom de Mata. Des cavaliers se la disputent et la portent à tour de rôle en lançant leurs montures à fond de train. Dans la Kabylie, à certains jours de l'année, les Mrabtin de chaque village, précédés d'un homme qui porte une poupée informe, à grosse tête, appelée Tishit ou amän, la «fiancée des eaux», font une procession solennelle et vont quêter de maison en maison ?.
Les monuments figurés ne fournissent que très peu de renseignements sur le costume des indigènes. Une femme représentée sur les bas-reliefs rupestres de Tiout (fig. 49) semble porter une tunique dont les manches sont ornées de franges, détail qu'on a observé dans les gravures de l'époque magdalénienne. Sur un autre bas-relief saharien, celui de
! Johann., VIH, 307: Bulletin de corresp. africaine, fase. 1, D. τᾶς Mastiman ali : Maurorum hoc nomine gentes M. Masqueray voit avec raison dans celte Taenarium dixere Jovem, cui sanguine multo coutume un souvenir du culte primitif, qui
Humani generis mactalur victima pesti. prit une forme plus précise à l'époque pu-
* E. Masqueray, Inscript. ined. d'Auzia, nique et devint celui de la Virgo Caelestis.
—+#>( 40] )»-:.--- Moghar-et-Tahtania (fig. 50), on remarque un homme vêtu d'un pagne et dont la tête paraît être ornée de plumes. [l est
Fig. 49 D Pre ln
possible toutefois que l'artiste ait simplement voulu figurer la chevelure. Les figures gravées sur les rochers de Bou-Hadjar
sont complètement nues et n'accusent pas un progrès sensible
comparées à la plupart des œuvres d'art de l'époque pré-
historique. Le monument d'Abizar! et la pierre de Souama ?
sont évidemment d’une date plus récente et peuvent être con-
sidérés comme deux précieux spécimens de l'art libyen. La
Fis. 51.
stèle d'Abizar (fig. 51) représente un guerrier nu, à cheval, tenant de la main gauche un bouclier rond et les trois javelots dont se munissaient les Nomades des Syrtes δ᾽. La main droite
* La pierre d'Abizar a été trouvée dans le village de ce nom, chez les Beni-Djennad , tribu du cercle de Tizi-Ouzou. Publiée d’abord en 1859 dans la Revue africaine, t. IV, p. 153, elle a été donnée plus exactement par M. Masqueray dans le premier fascicule du Bulletin de correspondance africaine.
? Ce second monument a été découvert dans la même région, entre les villages de Bel-Ghezelia et de Souama. Voir E. Masqueray, La stèle libyque de Souama (dans le Bulletin de correspondance africaine , fase. x, p- 38).
ὁ Diodore, II], xzix.
ouverte est élevée à la hauteur de la tête. Le visage, très caractéristique, est encadré par une épaisse chevelure. La barbe se prolonge en pointe. Un personnage de très petite taille, enfant ou génie, est debout sur la croupe du cheval et tient de la main droite un sceptre ou un bâton surmonté d'une pomme arrondie. À l'encolure du cheval est suspendu un objet qui peut représenter l'amulette, ou glada, qui fait encore partie du harnachement africain. Devant le cheval sont figurés deux animaux : un chien de chasse et une autruche. L'inscripüon gravée dans la partie supérieure du bas-relief, à droite
de la figure, donne le nom et la filiation du personnage : Babavadil fils de Kenroun Ravaï”.
La stèle de Souama (fig. 52) représente également un
guerrier nu, armé dun bouclier rond et de trois javelots,
* D'après le système de transcription proposé par M. Halévy. D'après celui de M. Letourneux, ἢ] faudrait lire Babadjedel fils de Kazrouz Radyi.
—#+2( 404. ).::--mais à pied. La position du bras droit est la même. La barbe pointue est grossièrement figurée par un triangle dont la base se place sous le nez. Les trois caractères libyens gravés audessus de l'épaule droite peuvent être lus Daran où Daraz, suivant que l'on adopte l’un ou l'autre des deux systèmes de transcription.
Une troisième stèle, trouvée à Aïn-Sidi-Youssel (Naraggara) (fig. 53), représente également un guerrier à pied, mais vêtu d'une tunique flottante, tenant de la main gauche une lance courte, à large fer, et élevant la main droite ouverte à la hauteur du visage. L'inscripuion, toujours gravée à la droite du personnace, peut se lire Dia ou Daïa fils de Kansan ou Kasajes.
Les stèles funéraires de l'époque romaine ont un caractère moins original. Les personnages y sont représentés sans armes, vêtus de robes légèrement fendues sur la poitrine,
comme la gandoura tanisienne etalgérienne ou la djelluba marocaine*.
Le cornac d'un éléphant, figuré
sur une médaille maurétanienne, porte un bonnet conique exactement semblable au fez marocain {voir ci-dessus, fig. 37). On retrouve ce même bonnet, comme coiffure de guerre, sur les bas-rcliefs libyens du musée
de Tchinli Kiochk (fig. 54).
! Recueil des notices de la Soc. arch. de berbères, Paris, 1870. — Inscriptions des Constantine, 1878, pl. V. environs de Miluh et de Souk-Ahrus, Conἢ Reboud, Recueil d'inscriptions libyco- stantine, 1879.
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