‹ Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et voyages à travers le continent de Saint-Paul de Loanda à l'embouchure du Zambèse de 1840 à 1856Chapitre 105 sur 130 · Eglise libre · texte numérisé non relu

Eglise libre

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de mes compagnons qu’ils allaient rejoindre pussent avoir des vêtements. Il me restait vingt défenses que j’ai déposées entre les mains du colonel Nunes, pour que l’on ne pût pas supposer dans le pays que j’étais parti en emportant l’ivoire du chef des Makololos; je priai le colonel, dans le cas où je viendrais à mourir, de vendre ces défenses et de remettre à mes hommes les valeurs qu’il obtiendrait en échange ; mais si je conserve la vie, mon intention est d’acheter en Angleterre les objets que Sékélétou m’a demandés, et à mon retour, de me rembourser de la dépense que j’aurai faite à cet égard, avec le prix de l’ivoire que j'ai laissé au colonel. J'ai clairement expliqué à mes hommes toutes les dispositions que j’avais prises. « Non, père , m’ont-ils répondu, vous ne mourrez pas et vous viendrez nous retrouver pour nous reconduire à Sékélétou. • Ils m'ont promis de m’attendre, et la mort seule pourrait m’empêcher d’aller les rejoindre. Je leur en ai donné l’assurance, malgré la lettre que je venais de recevoir des directeurs de la Société des missions, qui , disaientils, « se voyaient dans l’impossibilité de s'associer à aucun projet dont le but ne se rattacherait pas uniquement à la prédication de l’Évangile, ajoutant que l'état des finances de la société ne leur permettait point d’entrevoir l’époque où ils seraient en position de fonder un établissement dans un pays inconnu. >

Ces paroles avaient été écrites sous l'impression d' une gêne pécuniaire momentanée, ainsi que jel’ai appris plus tard; quant à moi, plein de confiance en mes amis makololos , j'étais , même à cette époque, bien déterminé à revenir et à me fier à leur générosité, et je sentais se réveiller dans toute sa force cet amour de l’indépendance qui me dominait autrefois avant que je fisse partie de la Société des missions; mais lorsque je fus arrivé, les directeurs comprirent immédiatement l’importance de la voie qui venait de leur être ouverte, et prirent à cœur de faire pénétrer l’Évangile dans une région nouvelle. Espérons que leurs projets pourront acquérir 'tout le développement dont ils sont susceptibles, et qu’ils ne seront pas entravés par le reflux d’une bienfaisance spasmodique, laissant échouer tout à coup l’œuvre qu'elle aurait donné le moyen d’entreprendre dans un moment d’enthousiasme.

J’espère également continuer avec la société les rapports affectueux qui ont caractérisé nos relations; mais différents motifs m’obligent désormais à ne plus accepter aucun salaire d’une

société quelconque. J’ai rendu quelques services aux païens, mais je n’ai rien fait pour ma vieille mère, dont les droits sont encore plus sacrés; je n’ai rien fait pour elle, parce que je ne l’ai pas pu , et si je restais attaché à la Société des missions, je perpétuerais cette impossibilité de pourvoir aux besoins de sa vieillesse; la mort de mon père m’impose de nouvelles obligations, et le moyen de remplacer mon traitement par un revenu plus fort m’ayant été offert sans que je l’aie sollicité, je l’accepte avec empressement, puisqu’il me permettra de remplir mon devoir à l’égard de ma vieille mère, sans nuire aux services que je peux rendre aux sauvages.

Si le lecteur se rappelle de quelle manière je fus conduit à commencer mes explorations 'pendant que j’étais chez les Bakouains, il y reconnaîtra, je suppose, le doigt de la Providence. Avant cette époque, la grande charte des droits et des privilèges qui constituent la civilisation moderne, l’Évangile avait été donné aux Béchuanas par M. Moffat, tandis que Sébitouané, se dirigeant vers le nord, répandait, dans une région plus grande que la France , la langue où les oracles sacrés avaient été traduits ; il dispersait, en outre, ces hordes sanguinaires chez lesquelles un blanc n’aurait pu pénétrer sans y laisser son crâne, dont se serait enrichi quelque trophée de village. Il m’a ouvert les provinces du centre; espérons que c’est à l’Évangile qu’il a frayé la route. Et cependant, tandis que je travaillais à Kolobeng, n’apercevant qu’un point du cycle providentiel, je maudissais la sécheresse, et, ne pouvant la comprendre, j’étais parfois tenté de l’attribuer à l'esprit du mal ; mais lorsque, forcé par la famine et par l’attaque des Boërs de quitter le Sud où les missions sont nombreuses, et de me tourner vers le Nord, cherchant l’endroit où je pourrais m’établir, la Providence disposa l'esprit des païens en ma faveur, et j’aperçus de nouveau la main divine. C’est alors que, poursuivant mes explorations, j’appris que des mulâtres portugais, ayant voulu se rendre sur la côte orientale, avaient été obligés de revenir sur leurs pas sans avoir pu atteindre leur but, et que je me dirigeai vers la province d'Angola. Eussé-je commencé par me tourner vers Quilimané, ainsi que m’y invitait le Zambèse, j’aurais trouvé la guerre dans toute sa fureur aux environs de Tèté, au lieu d’y arriver quand la paix fut conclue; et de même, lorsqu’à Loanda, résistant au désir de retourner en Angleterre, je revins

à Linyanti, l’accomplissement de ce devoir m’empécha de partager le sort de mes papiers, qui se perdirent par le naufrage du Forerunner. Enlin, tandis que j’ouvrais une partie de l’intérieur de l'Afrique à la chrétienté, l’œuvre que j’avais abandonnée pour explorer cette région avait été reprise par Séchélé, qui, de son propre mouvement, s’était fait le missionnaire de son peuple. J’ai fini par sentir la main invisible qui n’a cessé de me conduire; et j’espère humblement qu’elle continuera de me guider pour que je puisse accomplir le bien dans la mesure de mes forces.

Il est impossible d’envisager l’ouverture de cette nouvelle région sans être frappé de l’influence qu’elle doit avoir sur la question de l’esclavage. Nos demandes de sucre et de coton s’accroissent tous les jours, et nous réprouvons en même temps les moyens que nos frères d’Amérique emploient pour satisfaire à nos besoins. C’est sur la race anglo-américaine que repose l’espoir du progrès et de la liberté ; n’est-il pas affligeant de voir qu'une partie de cette race pratique l’esclavage, et que l'autre portion perpétue ce monstrueux régime par la demande croissante des produits qui exigent le travail des esclaves? L’tle Maurice, un point imperceptible au milieu de l’Océan, fournit à elle seule, au moyen du guano, des machines perfectionnées et du travail libre , le quart du sucre dont la Grande-Bretagne a besoin pour sa consommation; la terre y est d’un prix élevé; aucune récolte ne s’obtient sans fumure, et c’est de l’Inde que viennent les travailleurs. En Afrique, le sol est pour rien, il estriche, et les bras nécessaires à la culture se trouvent sur les lieux mêmes. Si donc le projet d’établir des stations commerciales dans les endroits salubres était réalisé, tous les produits de l’intérieur se réuniraient dans ces stations, l’esclavage cesserait de paraître indispensable en Amérique, aux yeux même des possesseurs d’esclaves. C’est par l’entremise des indigènes, et par eux seuls, que les produits des hameaux dispersés peuvent être recueillis et apportés dans les différents comptoirs , ainsi qu’ils le sont avec succès dans la province d'Angola. Si la Grande- Bretagne avait possédé cette langue de terre , l’activité des colons anglais aurait développé les ressources qu’elle présente, et l’exportation , au lieu d’être aujourd’hui de cent mille livres, serait au moins d'un million . L'établissement du système que je propose exigera certainement des années, et rencontrera plus d’obstacles.

sur la côte de Mozambique, où la traite des nègres est le seul commerce du pays, que sur la côte occidentale, où l’influence des missionnaires et celle de la grande expédition du Niger ont laissé des traces profondes, et où la Grande-Bretagne s’estatliréde vives sympathies par sa haine de l’esclavage et par son activité commerciale. Mais à l’est se trouve un fleuve magnilique, pénétrant au cœur d'une population amie des blancs; si donc nous parvenons à nous concilier les peuplades qui habitent les bords du Zambèse et à introduire parmi elles un commerce légitime , nous aurons porté le dernier coup à la traite des nègres dans celte partie de l’Afrique ; et en nous attachant les noirs par un intérêt commun, nous pouvons espérer, comme résultat inévitable de cette entreprise, le progrès moral de la race africaine. Mon frère Charles Livingstone arrive d’Amérique et vientme rejoindre, après dix-sept ans de séparation, pour me seconder dans cette œuvre, qui, avec du tact et de la prudence, peut devenir si féconde.

La petite ville de Uuilimané repose sur un grand banc de vase situé au milieu de vastes marécages et de rizières étendues ; les racines des mangliers qui croissent le long des bords fangeux du fleuve , sont alternativement exposées au soleil et baignées par la marée; si l’on creuse à soixante ou quatre-vingts centimètres dans n’importe quelle partie de la ville, l’eau vient immédiatement; il en résulte que les murs des maisons, bilties en briques cimentées avec de la chaux qu’on a tirée de Mozambique, s’enfoncent graduellement et qu’il a fallu scier une partie des portes afin de pouvoir les ouvrir. 11 est inutile après cela d'ajouter que cette résidence est malsaine; tout pléthorique est sûr d’y avoir bientôt la lièvre, et lorsqu’il arrive un homme vigoureux, on entend dire à propos de lui : « C’est un homme perdu; il ne vivra pas longtemps. ■

Un vaisseau de Hambourg avait échoué sur la barre un peu avant notre arrivée, ce qui me donna l'occasion d’étudier les progrès de la lièvre sur les hommes de l’équipage ; plus sobres et d’habitudes plus régulières que les matelots anglais, ils n’éprouvèrent d’abord que du malaise; puis ils pâlirent peu à peu, devinrent anémiques, s’émacièrent par degrés et s’éteignirent dans un état voisin de celui des bœufs qui ont été piqués par la tsetsé. Le capitaine, jeune et robuste , conserva pendant trois mois une santé parfaite, puis il fut saisi tout à coup de

cette affreuse maladie, qui le terrassa immédiatement; il avait conçu, par malheur, une folle prévention contre la quinine, dont l'usage est si précieux en pareil cas. Bien que ce sujet soit complètement médical, et par conséquent étranger à la plupart de mes lecteurs, que l'on me permette de protester ici contre un préjugé qui n'est nullement fondé : la quinine est un remède d’une valeur inappréciable dans la fièvre, et qui ne produit jamais de résultats fâcheux à aucune époque de la maladie, si on l’administre concurremment avec un apéritif; le capitaine fut sauvé par la quinine, sans savoir à quel moyen il devait sa guérison ; et je fus heureux d’acquérir ainsi la preuve que ce traitement , si efficace à l’égard des indigènes , ne perdait rien de sa puissance lorsqu’on l’appliquait à des Européens.

Après six semaines d’attente, pendant lesquelles je me guéris à peu près de ma fièvre tierce, grâce aux bons soins de mes hôtes, le brick de Sa Majesté, le Frolic, arriva dans les eaux de Quilimané. Comme le village est à douze milles de la barre et que la mer était mauvaise, il resta pendant dix jours à l'ancre à sept milles de l’entrée du port, avant que nous fussions avertis de sa présence ; le capitaine était chargé pour moi de tous les objets qui pouvaient m’être utiles et d’une somme de trois mille sept cent cinquante francs destinée à payer mon passage en Angleterre et que m’envoyait mon excellent ami , M. Thompson , agent de la Société des missions à la ville du Cap. L’amiral me faisait en même temps offrir le passage gratuit jusqu’à l’tle Maurice, proposition que j’acceptai avec reconnaissance. Je n’avais plus auprès de moi qu’un serviteur et mon fidèle Sékouébou. Celui-ci était fort intelligent, plein de sens et de tact; il possédait parfaitement tous les dialectes des tribus que nous avions rencontrées sur notre passage, et il m’eût été bien difficile d’atteindre la côte, s’il ne m’avait pas accompagné. Je désirais, en l’emmenant en Angleterre, reconnaître les services importants qu’il nous avait rendus : c’était d’ailleurs répondre au désir de Sékélétou, qui aurait voulu que tous mes compagnons vinssent en Europe avec moi ; je pensais aussi à l’heureuse influence que pourrait avoir sur ses compatriotes le récit que leur ferait Sékouébou des merveilles de la civilisation. Presque tous les hommes de ma suite avaient insisté pour venir; j’avais eu beaucoup de peine à leur faire comprendre qu’il m’était impossible de les emmener; et

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c'est avec un vif regret que je me vis dans l’obligation de résister aux prières du dernier qui m’eût suivi jusqu’à la côte. « Vous ne pouvez pas m’accompagner, lui disais-je, le froid qu'il fait dans mon pays vous tuerait. — Cela m’est égal , répétait-il, laissez-moi mourir à vos pieds. »

A notre départ de Quilimané, la mer était si grosse que le passage de la barre effrayait même les marins ; le capitaine avait envoyé deux chaloupes en cas d'accident ; les vagues étaient si hautes que, lorsque nous étions dans l’entre-deux des lames, elles nous cachaient entièrement les mâts du navire ; l’instant d’après nous nous trouvions au sommet des flots, d’où nous étions précipités immédiatement avec une violence qui faisait croire que nous allions toucher le fond de la mer. Il faut que les embarcations soient singulièrement bien construites pour résister à de pareils chocs; trois brisants fondirent sur nous, les rameurs suspendirent leurs efforts , une lame enveloppa toute la chaloupe , et il me sembla que cette fois nous avions disparu dans l’abtme. Nous n’avions fait que descendre la vague, et un homme rejetait avec une écope l’eau qui se trouvait dans notre embarcation. Pauvre Sékouébou! c’était la première fois qu’il voyait la mer; à chaque vague qui se précipitait sur la chaloupe, il me regardait en me disant d’un air surpris : « Est-ce là{ votre manière de voyager! — Certainement, » lui répondais-je avec un sourire, afin de lui donner du courage. Il connaissait (bien le maniement des pirogues; mais il n’avait rien dans ses souvenirs qui fût comparable à ce qu'il voyait alors. Cependant nous atteignîmes le vaisseau , un beau brick de seize canons, monté par cent trente hommes d’équipage , et dont nous apercevions une partie de la carène, tant le roulis avait de force. Il était complètement impossible à des terriens de monter à bord par les moyens ordinaires ; une chaise fut descendue à notre intention, et nous fûmes hissés comme on le fait habituellement pour les femmes. Le capitaine Peyton nous accueillit d’une manière si franche et si cordiale que je me sentis immédiatement à l’aise, excepté dans ma langue maternelle, dont j’avais perdu l’usage ; elle m’était toujours bien connue, mais les paroles me manquaient et ne venaient pas à mon appel. En quittant l’Angleterre, je croyais n’y plus revenir, et j’avais depuis lors dirigé toute mon attention vers Ips dialectes africains ; à l’exception des quelques jours que j'a-

vais passés à Loanda, il y avait quatre années que je n’avais entendu un mot d'anglais ; depuis bientôt dix-sept ans je ne me servais plus de cette langue, et je me trouvais fort embarrassé au milieu de l’équipage du Frolic.

Nousavions quitté Quilimané le 12juillet 1856, et un mois après, jour pour jour, nous arrivions à l’ile Maurice. Sékouébou , qui était le favori des officiers, comme des simples matelots, commençait à comprendre l’anglais, dont il savait [déjà quelques phrases. Il semblait un peu désorienté; mais sur un vaisseau de guerre tout était pour lui si neuf et si étrange , que cela n’avait rien d’étonnant. « Quel singulier pays ! me disait-il parfois ; rien que de l’eau, et toujours, toujours de l’eau ! » Cependant il paraissait heureux , et me répétait souvent, à propos des attentions dont il était l’objet : « Vos compatriotes sont extrêmement aimables. » Tout ce qu’il voyait semblait l'intéresser, et il comprenait, me disait-il , pourquoi je me servais du sextant. A notre arrivée à l’ile Maurice, nous fûmes remorqués par un steamer qui nous conduisit au port. L’étonnement de Sékouébou fut au comble ; mais cette tension d’esprit continuelle avait été trop forte , et dans la nuit il perdit la raison. Je crus au premier instant qu’il s’était enivré ; il était descendu dans la chaloupe, et, quand j’avais voulu le suivre pour le ramener à bord , il s’était enfui à l’arrière en s’écriant : « Non, non! je dois mourir seul! Vous ne devez pas mourir, vous ! Ne venez pas , ou je vais me jeter à l'eau ! » Voyant alors qu’il n’avait plus sa tête : « Sékouébou, lui dis-je, nous allons trouver Ma-Robert. » Ces mots retentirent dans son cœur. « Oh ! oui, dit-il d’une voix émue, où estelle, où est Robert? » et il parut avoir recouvré la raison. Les officiers me proposèrent de nous assurer de sa personne en lui mettant les fers ; mais comme il était l’un des principaux personnages de sa tribu , et que les fous se rappellent quelquefois les mauvais traitements qu'on leur a fait subir, je ne voulus pas que Sékélétou pût me reprocher un jour d’avoir enchaîné l’un de ses hommes les plus respectables , et de l’avoir traité comme un esclave. J’essayai de ramener le pauvre malade sur le rivage, mais il refusa d’y venir. Il fut pris dans la soirée d’un nouvel accès de folie , voulut frapper de sa lance un des matelots et s'élança dans la mer. Bien qu’il sût parfaitement nager, il suivit la chaîne qui retenait le navire sans essayer de lutter contre les

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vagues ; et nous n’avons pas retrouvé le corps du pauvre Sékouébou.

Je fus accueilli à l'He Maurice de la façon la plus hospitalière par le major général C. M. Hay , qui me força généreusement de rester auprès de lui jusqu’au jour où , grâce à l'influence du climat, et à celle d’une vie confortable et paisible , je me débarrassai d’une hypertrophie de la rate que m’avait donnée la fièvre.

Au mois de novembre, j'échappai dans la mer> Rouge h un naufrage imminent dont nous sauva l’admirable manœuvre du capitaite Powell , commandant la Candia , vaisseau de la Compagnie orientale, et le 22 décembre je me retrouvai dans la vieille Angleterre.

La Compagnie m’a restitué généreusement la somme que j’avais donnée pour mon passage. Je n’ai pas mentionné la moitié des faveurs qui m’ont été faites , des bontés dont on m’a comblé en tout lieu ; mais je termine en disant que personne n'a plus de motifs que moi de se sentir reconnaissant envers ses semblables et de rendre grâce au Créateur des hommes. Puissé-je en être plus humblement dévoué aux intérêts de mes frères , et au service de Celui de qui tous les biens procèdent !

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