Séshéké, littéralement bancs de sable
KXI'LORATItlNS
On trouve dans cette partie de la contrée une petite antilope, inconnue dans le Midi, et que les indigènes appellent Tianyané ; elle est très-commune dans le pays, et peut avoir quarante-cinq centimètres de hauteur ; tous ses mouvements sont pleins de grAce; sa robe est d'un rouge lavé de brun s le dos et sur les flancs, et toute la partie inférieure de son corps est blanche, ainsi que l’extrémité de la queue. Son cri d’alarme se rapproche de celui de la poule domestique, dont elle a toute la tendresse maternelle; timide et craintive par nature, son dévouement l'exalte jusqu’à lui faire attaquer l’homme qui s’approche de son faon. Lorsque vous rencontrez seule une antilope dont l’habitude est de vivre en société, soyez sûr qu'elle a conduit son petit dans un endroit écarté où il est endormi. Si, au moment du danger, celui-ci est trop jeune pour la suivre, sa mère pose l'un de ses pieds de devant sur le garrot de la pauvre petite créature, qui s’agenouille aussitôt et qui reste immobile jusqu’à ce qu’elle ait entendu la voix de sa protectrice. J’ai vu, lorsque j’étais à Aden, les Arabes faire agenouiller leurs chameaux en appuyant du pouce sur le garrot de l’animal , absolument comme le fout les antilopes à l’égard de leurs petits ; c’est probablement la gazelle qui leur a donné ce procédé. La couleur des jeunes, dans toute la famille des antilopes, se confond avec celle de la -terre, dont elle se rapproche beaucoup plus que la robe de l'adulte, qui a moins besoin d’échapper à l'œil de l'oiseau de proie.
Une énorme quantité de buffles, de zèbres, detsessébés, de tahaetsis et d’élans, paissent tranquillement dans ces lieux, et il nous est facile de pourvoir à l’approvisionnement des personnes de notre escorte. Néanmoins il est très-pénible de chasser à pied dans cette contrée. 11 fait tellement chaud, bien que nous soyons en hiver, que je céderais volontiers à un autre le plaisir delà chasse pour me délivrer de la fatigue que m’impose cette jouissance; mais les .Makololos tirent si mal que, pour épargner la poudre, je suis obligé d’aller chercher moi-même le gibier qui nous est nécessaire.
Nous avons tué un élan femelle qui se reposait à l'ombre ; il était évident que son petit lui avait été enlevé depuis peu de temps par un lion ; car elle portait sur les flancs , près des cuisses de derrière, cinq déchirures profondes qu'elle avait reçues en