‹ Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et voyages à travers le continent de Saint-Paul de Loanda à l'embouchure du Zambèse de 1840 à 1856Chapitre 53 sur 130 · Procellaria · texte numérisé non relu

Procellaria

sur les feuilles des lotus et des autres plantes aquatiques, où elles font l’effet des raquettes dont on se sert pour voyager sur la neige.

Les échassiers, dont la proie est dans un milieu où ils ne rencontrent pas de résistance, et qui pour s’en emparer ont besoin de la viser et d’agir dans une direction voulue, ont le bec droit comme la bécassine et le héron , tandis que certaines espèces, qui ne peuvent se nourrir qu’en brisant des matières dures, tels que les mangeurs de coquillages, ont le bec légèrement incurvé, afin que le choc ne se communique pa3 nu cerveau.

De grandes oies vêtues de noir1, et que l’on voit partout dans la vallée Barotsé , où elles paissent en marchant avec lenteur, ont l’épaule armée d’un éperon aussi fort que celui du coq, et dont elles ne se servent que pour défendre leurs petits. Elles font leur nid dans les fourmilières, où leurs œufs deviennent la proie des Barotsés, qui en consomment une immense quantité. On trouve également sur le Liambye, dans toute l'étendue de son cours, deux autres espèces d’oies plus petites, mais dont la chair est meilleure; l’une d’elles, qui est l’oie d’Egypte, appelée aussi tadorne, ne peut pas prendre son vol quand elle est sur le fleuve, et on la tue facilement à l’époque de l’inondation , où on la poursuit en canot. L’autre espèce est caractérisée par la protubérance qu’elle porte sur le bec. On la voit partout, ainsi que des myriades de canards de plusieurs variétés ; nous approchons de la rive où ils se reposent ; la bande est si nombreuse que nous en ramassons dix-sept, plus une oie, que j’ai tués de mes deux coups. Une partie de mes hommes conduisent les bœufs et suivent à pied les bords du fleuve , ce qui nous oblige à régler la marche des canots sur la leur, que rendent très-difficile les nombreux détours du Liambye. La quantité d’alligators que nous rencontrons est prodigieuse ; ils sont plus féroces dans cette rivière que dans quelques autres, et ils font chaque année beaucoup de victimes parmi les enfants des villages qui ont l’imprudence dejouer au bord du Liambye quand ils vont chercher de l’eau. L’alligator étourdit sa proie d’un coup de queue et l’entraîne dans le fleuve, où elle est bientôt noyée. Il se tient souvent à l’affût dans la rivière, où son corps disparaît entièrement, et il est très-rare qu’un troupeau de vaches puisse

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