‹ Explorations du Zambèse et de ses affluents et découverte des lacs Chiroua et NyassaChapitre 32 sur 59 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

Charly et Georges; tandis qu'en plus d'une occasion la Capitainerie de Mozambique n'a dû son salut qu'à l'assistance des matelots anglais.

L'entretien d'une escadre sur cette cdte est pour l'Angleterre une dépense annuelle de plus de 70 000 livres, dépense à peu près inutile ; car, par notre acquiescement à la fausse souveraineté des Portugais, cette escadre ne réprime la traite que d'une manière partielle, et ne nous donne aucun des avantages commerciaux, qui, de l'autre côté de l'Afrique, découlent de nos relations avec les indigènes.

Un nouveau projet de loi pour l'abolition de l'esclavage a été proposé par le roi de Portugal ; mais il nous inspire peu de confiance; ou n'a jamais pris aucune mesure pour faire exécuter les iois qui régissent cette matière ; et nous ne voyons dans cette proposition qu'une nouvelle demande d'acquiescement à un système qui perpétue la barbarie.

Par la chaleur de son plaidoyer, M. Lacerda a montré, sans le vouloir, que les sentiments réels de ses patrons sont favorables à l'esclavage.

Après s'être délivrés de ce cauchemar, les Ëlats-Unis, probablement, ne toléreront pas la continuation du commerce d'esclaves ; et ceci a plus influé sur le roi de Portugal, et sur son discours récent, que l'opiniou de ses minisires-

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Zuuibar, 15 juillet IR60.

• Monsieur,

* J'ai l'hoDneur d'informer le Trës-BoDorable Goveruor in Council que le docteur Albrect RoEcber, chaîné par S. M. le Toi de Bavière d'une mission scienli&qne dans l'est de l'Afrique, a été assassiné le 19 mars dernier, au village de Eisoungouni, situé au N.-E-, et i trois jours de marche dn lac Nyassa. ■

Après quelques détails sur le voyage du docteur Roscher, la dépêche ajoute :

■ Ayant quitté de nouveau Zanzibar au mois de juin 1859, pour explorer le lac Nyasea, il se rendit à Quiloa, d'où il partit avec une caravane le 24 août dernier; et, le 19 novembre, il attei^ît le grand lac, dont aucun Européen n'avait jamais vu les bords. >

A cette époque la nouvelle de notre découverte n'avait pas eu le temps de parvenir à Zaniibar ; et l'on ignorait alors que le lac visité par le docteur allemand était le même que celui auquel nous étions arrivé ; ce qui explique l'erreur du colonel Rigby.

Que notre découverte ait précédé celle dn D' Roscher, cela ne diminue en rien le mérite de celui-ci, puisqu'il a gagné le lac par un chemin tout différent du n&tre; maie la vérité exige que nous établissions les faits sur lesquels nous nous fondons pour réclamer la priorité.

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■ Déjà trës-m&lade quaod il quitta Zanzibar, continne la dépêche, le docteur devint tellement faible, qu'il fallut le porter sur un brancard pendant toute la durée du voyage.

< II resia à Noussîvoua, sur les bords du lac, pendant près de quatre mois ; s'en éloigna le 16 mars IB60, pour gagoer la Hovonma, qu'il traversa à douze jours do marche du lac Nyassa, à l'endroit où passe la route de Quiloa,

• Son intention, évidemment, aprËa avoir visité la Rovooma, éuit da revenir au Nyassa; car il avait laissé presque tout son matériel sous la protection du sultan de Noussivoua, et n'était accompagné que de deux domestiques nègres, ainsi que d'un bomme et d'une femme, qui portaient ses bagages. >

La dépêche est longue et remplie de détails sur la mort dn voyageur, et sur les poursuites qu'elle fit naître.

Eingomanga, le sultan de Noussivoua, et l'ami dn docteur Roschet-, demeure & trois jours dn lac, probablement en face de la baie de Eotakota, on même plus au sud, et appartient & la tribn des Vouaïao.

D'après les dépositions des indigènes, qui & cet égard sont concluantes, le docteur Roscher avait entendu parler de nous. Le colonel Rigby suppose qu'on avait raconté à ce voyageur notre excursion au lac Uhiroua (qu'il appelle Kiroua), et, oii, dit-il, les gens de Noussivoua s'approvisionnent de sel; mais il est probable que c'est de la pointe méridionale du lac, donnant issue au Gbiré, qne la nouvelle de notre présence est arrivée au docteur allemand. U y a dans cet endroit des lavages de sel considérables; et nous y avons trouvé des Arabes de la côte, qui ont pris la fuite pendant la nuit, et auront traversé le pays des Ajabouas, oU le docteur Roscher est arrivé deux mois après'.

La convexité partionlièré de la face, et l'énorme dimension des oreilles qui caractérisent l'éléphant d'Afrique, sont représentées si clairement snr un tombeau égyptien du Rritisb musetmi, tombeau de la vingt-sixième dynastie (quelque cinq cents ans avant l'ère dirétienne), qu'il est probable que le sculpteur t vu l'animal vivant; or, il est plue facile de croire que la bète qui a servi de modèle était do-

'1. Voir la déconverte du Uc Nyatta, cbapitre v, page 116.

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mestique, qnade snpposer qoe l'artiste avait voyagé, ou qu'un éléphant sanvage avait été conduit en l^pte. Dans tous les cas, les éléphants dont on se servait à Rome et i Garthage, étaient cerlainement africains; et dans un traité désigné par M. R. S. Pools, les Romains imposent aus Carthaginois de ne pas dompter d'autres éléphants : • Perfugas, fbgitivosque, et oaptivos omnes redderent Romanis, et naves rostr&tas, prœter decem trirèmes, traderent; elephanlasque, qnos baberenl domilos, neque domarenl altos. ■ (Liv. XXX. 37.)

Ceci indique l'eilinctiou d'une branche d'industrie a&icaine. D'antres animaux sauvages étaient également apprivoisés, ainsi que le démontrent les monuments de l'ancienne Egypte; mais la stagnation intellectuelle, dont les Égyptiens, les tribus de race noire, et les peuples de l'Inde noua offrent l'eiemple, remonte & une époque trèséloignée.

Quand nous parlons des Africains, le lecteur devra se rappeler que nous ne prenons pas les habitants du littoral de la côte de l'ouest pour type de la race noire, comme le font cens qui n'ont pas pt^nétré dans l'intérieur du continent, et qui n'en connaissent pas les peuplades.

Parmi les documents sur lesquels s'appuie M. Lacerda pour démentir nos assertions, se trouvent quelqnes lignes d'une lettre particulière écrite parM. Rowley, l'un des missionnaires de Magoméro. Ces lignes, qni n'étaient pas destinées à voir le jour, ont été citées avec on tel empressement par notre contradicteur, que nous croyons devoir k notre tour publier la lettre que nous avons reçue de M. Rûwley lui-même; on verra quelle est l'opinion de celui-ci, relativement anz causes qui amenèrent les désastres de la Mission dont il Msait partis.

Mon cher Livingstone,

Waller m'écritau sujet de ma lettre k M. 6lDver;il me dit qu'une certaine publication portugaise, ayant cité celle lettre, ajoute, sinon dans ces termes, du moins en substance :

• Le révérend M. Rowley démontre que l'attaque desAJahonas, par le docteur Livingstone, a été la cause de l'insuccis de la Mission. ■

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Je n'ai junaiB 4orit cela, ni jamais dit qnoi que ce Boil d'oii l'on pûl inférer pareille chose.

Nos malheurs ont été dûs à la perte de nos provieions, à la farnins qni n'a pas permis de les remplacer ; et, par-dessiu tout, aux pratiques coupables des Portugais, qui font naître la guerre entre les tribns, et qui l'entretiennent, aEn de poBTOÎr achet«r les prisonniers pour en faire des esclaves.

Les Portugais nous ont rendu grand service en nous fournissant des vivres; et pereonnellement nous avons beaucoup à les remercier; mais leur conduite envers les indigènes est oriminella au-delà de tout ce qu'on peut dire; et je me joins entiferement à vous pour dénoncer de pareils actes.

J'ai toujours dit el pensé que vous avez bien fait de délivrer les captifs, et de contrecarrer les Ajahouas, qui sont tout simplement des chasseurs d'esclaves. Ma lettre à M. Glover n'a pas été écrite avec l'intention de vous blâmer, ni de rejeter sur vous la responsabilité de nos actes; mais pour apprendre à nos amis que nous n'avons fait que ce que vous avez iait vous-même, et le premier de nous tous.

Si, à cette époque, vous aviez eu de notre attaque des Ajahouas, l'opinion que vous en avez exprimée àsirCullii^Eardlej, je n'aurais pas écrit ma lettre ; et en voyant le mauvais efiet qu'elle partit avoir produit, je suis trës-fiohé de l'avoir écrite.

Votre tout dévoué,

Henry RowLET.

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