DE LIVINGSTONE
Lutter contre l'espace et le temps est le propre de Tôtre fini, et reculer celte double limite est l'honneur de Tôtrc progressif.
Livingstone a lutté contre les plus âpres obstacles que l'espace puisse opposer à un habitant de notre planète. Il en a triomphé, et le résultat de sa victoire est la découverte de deux grands systèmes hydrographiques : celui du Zambèzc et celui du Zaïre.
Un résumé chronologique nous montrera comment il a lutté contre le temps, c'est-à-dire comment il a su, par l'emploi de ses ans, suppléer à leur petit nombre.
Né en 1813, mort en 1873, Livingstone a vécu soixante ans.
En 1825 il cstrattacheur à la filature de Blantyre on Ecosse, en 1832 il devient fileur, il passe un examen devant la Société des missions de Londres en 1838.
En 1840 il aborde au Gap, se rend à Kuruman où le pas* leur Moffat a fondé, dans l'intérieur des terres, une station de protestants : de 1840 ù 18ol Livingstone fixe sa résidence non loin de ce poste, puis de là entreprend deux excursions : Tune à Mabotsa (1843), l'autre à Kolobeng (1847), qui toutes deux se terminent par l'établissement de missions. C'est ainsi que d'étape en étape, de mission en mission, il s'avance dans l'Afrique intérieure.
Après la découverte de la Zouga (14 juillet 1849), du Ngami * 21*
308 PIÈCE C0MI»LKMENTA1IŒ.
(1*^ août), après trois voyages au pays de Sébiloudiié effectués on iS.'iO, après la mort de ce chef (1851), Livingstone emreprcnd son premier grand voyage.
Il part du Cap, pénètre dans l'Afrique australe jusqu'à Lynianli, et de ce point, pris comme centre d'exploration, part en des routes divergentes, une première fois pour Saint- Paul de Lounda, sur la cùlc occidentale; une seconde fois pour Quilimané sur la côte orientale. Il trace ainsi sur la carte la figure d'un J grec, dont les extrémités sont, à Touest elà Test, les deux ports que nous venons de nommer, au sud la colonie du Cap.
Le départ du Cap a lieu le 8 juin 1852, Tarrivée à Lynianti le 23 mai 18i)3. Le 2 décembre de la môme année, Liviogstonc franchit la Liba, affluent du Zambèze ; le 18 janvier l«:)i il visite Shinté, roi des Bahmrfna; le 2 février il découvre le lac Dilolo qui, par son double écoulement à Touest et à l'est, marque en Afrique la ligne de partage des eaux; le 4 mars il traverse le pays inhospitalier des Chiboques; le
10 avril il descend les rampes occidentales de la vallée du Quango. Il arrive à Loanda le 31 mai 1854, il en part le 27 septembre pour ramener les Makololos à Lynianti, qu'il atteint le 27 juillet 1855.
De Lynianti il part pour Quilimané, et prend congé de Séke- Ictou, chef des Makololos, à Mosi-oa-tounya, le 3 novembre 1855. Il suit la rive gaucbe du Zambèze; deux affluents de ce fleuve lui coupent le chemin : le Kafoué et la Loangoua.
11 franchit le premier (18 décembre 1855), le second (14 janvier 1850), entre sur le territoire portugais, où la traite exerce ses brigandages ;le 16 janvier 1856, atteint Zumbo ce jour-là môme; le 1" avril Télé, et le 20, Senna. Le 20 mai, quatre ans après son départ du Cap, il arrive à Quilimané et s'embarque le 12 juillet pour l'Angleterre, qu'il revoit le
12 décembre de la môme année 1856.
Livingstone consacre Tannée 1857 à la rédaction et à la publication de ses notes, puis en 1858 il entreprend, aux frais du gouvernement britannique, la seconde de ses grandes explorations
Hk.
.^jt#-.
RÉSUMÉ CI!RONOLO(Î10UE. IJGO
Ce voyage est, selon nous, improprement appelé : exploration du Zambèze et de ses af'/lucnt!^j titre qui conviendrait mieux à la précédente expédition. Kn eiVet, dans cette nouvelle mission, livingstone n'explora le Zambèze qu'accidentellement et pour reconduire, par une route déjà parcourue en 1856, les Makololos dans leur pays natal. Quant aux affluents du Zambèze, il n'en étudia ([u'un : le Shiré. Il faut donc nommer cette entreprise : cxidonillon du Sliirr, C'est la dénomination la plus propre à faire entendre le résultat principal qu'ait atteint le missionnaire de 18.')8 à i864.
Parti le 1" mai iSîiS il arrive aux bouciies du Zambèze en septembre, et le 11 de ce mois rejoint à Toté ses amis les Makololos qui l'avaient accompagné en iSoO à la côte orientale. 11 entreprend avec eux d'explorer le Zambèze, mais aux rapides de Kebrabasa il est arrêté (1831)). Alors il prend le parti d'explorer avec les Makololos le premier affluent du Zambèze sur la rive gauche, le Shiré.
C'est le 19 septembre qu'il atteignit le point le plus intéressant du cours de cette rivière, je veux dire le point où elle sort du grand lac ^yassa. Cette découverte faite, et non sans explorer sur son passage le lac Pamalombé que traverse le Shiré au sortir du Nyassa, et le lac Shirouaqui se déverse aussi dans l'affluent du Zambèze, il revient à Teté le '2.o avril
• C'est alors qu'il entreprend de reconduire dans leur pays les Makololos qui l'ont si fidèlement servi; il part avec eux de Teté le 15 mai 1800, franchit les rapides de Kebrabasa le 7 juin, traverse le Kafoué le 11 juillet, arrive à la chute de Mosi-oa-Tounya le 1) août, atteint Seshéké et le pays des Makololos le 18 août, repart le 17 septembre 1800 et rentre à Teté le 2y novembre après six mois d'absence.
Le 31 janvier 1801 Livingstone entreprend avec d'autres compagnons, des Européens cette fois (MM. Kirk, Scudamore, Makensie et mistress Livingstone), une nouvelle exploration du Shiré, celle que nous avons racontée, et dont l'un des résultais principaux fut l'établissement d'une mission anglaise à Magomero (0 août 18(il).
(l"août), après trois voyages au pays de Sébitouàné effectués en 1850, après la mort de ce chef (1851), Livingstone entreprend son premier grand voyage.
Il part du Cap, pénètre dans l'Afrique australe jusqu'à Lynianti, et de ce point, pris comme centre d'exploration, part en des routes divergentes, une première fois pour Saint- Paul de Loanda, sur la côte occidentale ; une seconde fois pour Quilimané sur la côte orientale. Il trace ainsi sur la carte la figure d'un J grec, dont les extrémités sont, à l'ouest et à l'est, les deux ports que nous venons de nommer, au sud la colonie du Cap.
Le départ du Cap a lieu le 8 juin 1852, l'arrivée à Lynianti le 23 mai 1853. Le 2 décembre de la môme année, Livingstone franchit la Liba, affluent du Zambèze; le 18 janvier 1854 il visite Shinté, roidesBa/onr^rts; le 2 février il découvre le lac Dilolo qui, par son double écoulement à l'ouest et à Test, marque en Afrique la ligne de partage des eaux ; le 4 mars il traverse le pays inhospitalier des Chiboques; le 16 avril il descend les rampes occidentales de la vallée du Quango. 11 arrive à Loanda le 31 mai 1854, il en part le 27 septembre pour ramener les Makololos à Lynianti, qu'il atteint le 27 juillet 1855.
De Lynianti il part pour Quilimané, et prend congé de Sékeletou, chef des Makololos, à Mosi-oa-tounya, le 3 novembre 1855. Il suit la rive gauche du Zambèze; deux affluents de ce fleuve lui coupent le chemin : le Kafoué et la Loangoua.
11 franchit le premier (18 décembre 1855), le second (14 janvier 1856), entre sur le territoire portugais, où la traite exerce ses brigandages ; le 16 janvier 1856, atteint Zumbo ce jour-là môme; le 1" avril Tété, et le 26, Senna. Le 20 mai, quatre ans après son départ du Cap, il arrive à Quilimané et s'embarque le 12 juillet pour l'Angleterre, qu'il revoit le
12 décembre de la môme année 1856.
Livingstone consacre l'année 1857 à la rédaction et à la publication de ses notes, puis en 1858 il entreprend, aux frais du gouvernement britannique, la seconde de ses grandes explorations
RESUMK CHHONOLOr.lQUK. 371
du fleuTe est l'affluent du grand lac. Sous la môme latitude et un peu à Touest du Tanganika se trouve le lac Mœro, traversé par le Zaïre lui-mAme alors près de sa source, et portant le nom indigène de Loualaba. Lorsqu'il traverse le Mœro, le Zaïre vient du Bangoueolo, situé sur la môme longitude et plus au sud : ces trois lacs, le Tanganika, le Mœro, le Bangoueolo, forment un triangle rectangle dont l'angle droit a pour sommet le Mœro.
Le système hydrographique du Zuïre étant ainsi figuré, Livingstone, aussitôt que la paix et l'état de sa santé lui permirent le voyage, quitta le Tanganika {['t juillet 1S07), il marcha vers l'ouest; le 8 novembre 1807, il atteignit le Mœro ; de là, il descendit au sud, et passant par la cour de Casembé (24 novembre 1807), trouva le Bangoueolo le 18 juillet 1868.
Ce dernier lac peut être considéré comme le réservoir le plus méridional du Zaïre.
Livingstone suivit alors Thypolénusc du triangle rectangle dont nous avons parlé et partit pour le Tanganika (6 octobre 1808). Il atteignit la corniche méridionale de ce laclo 13 février 1800, et, le 22 mars, Oujij,'i.
Que dans sa pensée le Loualaba fût le Nil ou le Congo, il connaissait, dès ce moment, la source principale d'une des plus grandes artères du continent. 11 voulut découvrir l'estuaire du grand cours d'eau après en avoir trouvé la source, et prit le chemin du nord.
Le 2 mai 1800, c'est-à-dire peu de temps avant le départ de Stanley (11 novembre), à un moment où Livingstone croyait ne jamais avoir besoin d'auxiliaire, il quille Oujigi, traverse le Tanganika, arrive à liambarro, capitale du Manyema, le 20 septembre 1800, et de cette ville, prise comme centre d'exploration, il entreprend trois excursions : la première à l'ouest en suivant le Louamo. — Il veut descendre cette rivière, qui doit le conduire au Loualaba, lorsqu'il est arrêté par l'imposâibililé de se procurer des canots, et par suite obligé de faire sa retraite sur Bambarré, le 10 décembre
Ce voyage au Nyassa, entrepris avec des Européens, fut moins heureux que le premier voyage entrepris en 1839 avec Taide des Makololos : il se termina par la mort d'hommes distingués tels que MM. Scudamoré et Makensie, et de cette compagne aiTectueuse du missionnaire qui mourut victime de son dévouement le 28 avril 18G2.
Pour compléter son étude géographique sur le Shiré et ses affluents, Livingstone fit construire à ses frais un petit navire, le Lady Nyassa, 11 le fit servir à l'exploration de la Rovuma, présumant que ce fleuve unissait TOcéan Indien au Nyassa. Cette hypothèse fut reconnue fausse à la suite d'une exploration qui dura du 5 mai au 9 octobre 1863.
La dépêche qui rappelle Livingstone en Europe est datée du 2 juillet 1853 : le salaire de Féquipage devait finir le 31 décembre de celte année-là. Le'30 août 1864, à Bombay, le Lady Nyassa fut vendu, et ce fut le 20 juillet de la môme année que Livingstone revint à Londres.
L'année suivante commence la plus longue des explorations du voyageur. Elle est racontée jour par jour dans le dernier journal, celui qu'a rapporté Chuma. Elle pourrait élre appelée Vcxi^îoralion du bassin supih'ieiir du Zaïre parce que tel fut le résultat dernier et* principal de cette douloureuse pérégrination.
Livingstone quitte l'Angleterre en août 18Go, organise son expédition à Bombay et à Zanzibar pendant l'hiver de 1865- 1866. Il traverse le jungle voisin de la côte orientale en janvier i8G6, et, le 8 août, il revoit le lac Nyassa. Il tourne la corniche méridionale des monts dont cette mer intérieure est comme encaissée, franchit le cours supérieur de la Loangoua, affluent de la rive gauche du Zambèze. Le 16 décembre 1867 il atteignit les hauteurs qui dominent le Tanganika.
Les récentes découvertes de Stanley et de Cameron ont permis à quelques géographes de considérer le Tanganika comme le réservoir le plus oriental du Zaïre (1). Un affluent
(I) Le Zaïre s'uppelle Congo.