‹ Explorations et missions dans l'Afrique équatorialeChapitre 51 sur 66 · VICTOIRE DE LA FOI · texte numérisé non relu

VICTOIRE DE LA FOI

Victoria qur vincit mundum fides nostra...

A quelque temps de là une autre barque approchait des rivages du Bukumbi. Il était dix heures du soir ; l'orage soulevait au loin le Victoria. Une flammé intermittente brillait et se cachait dans les interstices des vagues ; c'était une lampe sur une nacelle en détresse. A sa clarté un pilote inexpérimenté cherchait à distinguer Taiguille d'une boussole.

Tout à coup la barque se couchait ; cramponné à la voile tout l'équipage l'empêchait à grand'peine de chavirer, et bientôt sur le rivage abordaient, à demi nus, des naufragés et des proscrits : c'étaient les expulsés du Ganda.

Leurs frères les reçurent, et la petite colonie chrétienne (i) ne tarda pas à recevoir des nouvelles de cette patrie d'adoption dont elle avait été chassée.

Kiweva, impatient du joug arabe, ne tarda pas à punir lui-môme, à percer de sa lance, deux des grands de sa cour dévoués aux musulmans : l'un qui en 86 avait fait brûler les chrétiens, l'autre qui tout récemment les avait dépouillés et spoliés.

(1) Les expulsés s'établirent d'abord sous la direction du P. Giraud, rijoinonyme du martyr dont nous avons raconté la mort, dans l'Onsarabiro chez Rouma. Cotte station dura peu. Ensuite ils fondèrent Notre-Dame des Exiles près de Notre-Dame de Kamoga, station déjà existante et qui subsista.

LE^ :4i^s:vs^ :\ i^.: v: :-7'\ ^ >

Mais bientôt le nouvea-j ::: dii fuir : il se ro;r..:..î d'abord au tumul'js de s jn sère.

Le souvenir du erani Mtéza enseveli >oiis oo tort.o ne put protéger son fil*, et Ton enlendil le bruit **^r..\; des grands tambours d-i Gînda. rjiii sélô-j'iail ;\\0i^ i^' roi d'un jour, du cî/té de l'occi.lent.

A Kiweva succéda Karema. de par la fnroo iio< nv.; sulmans, qui circoncirent ce nouveau fils lio Mio a, »s massacrèrent les chrétiens réfraclaires ;\ lour-s ii:u.^Mi^» rites.

Perpétuellement, dans la haute Kiiyplo. les h.^l>\iar.!v des cloîtres du faux proph'-te. les der\iohos. païl.r..- ■. avec unegrande puissance et un fanatismo t!o«Mau\:Urr ils poussaient de plus en plus loin dans rAtViiini' .',^,. i toriale l'armée musulmane: ils oriaieul avoo lo |v>;m

O croyants, dispersez de bataille on Itatnilli' Ces chiens blaspli^îmateurs du pr<>phôio ilo hi.v»

Dociles, les musulmans entraient daiw do h^m^imi \ hasards et ne se lassaient jamais, pa«< phi< ipn' i-.s \.' \ de l'enfer qui prêchaient le mourlro au Touddii .1.- ,• i

De son cùté, debout sur le tombeau «io s.xn m \vieille Namasolé, réponse de Mtéza, la iiMunio en .|. revivaient les vieilles traditions alVirain.^s p.Mi - ni i,- . indigènes à résister aux fanatiiiue^^ aral^i's. r."n'n,x \\,,.. pha auprès du corps de ses 111s, rlle mm1I:\ii p.>ni ..ni. du royaume ces sinistres oiseatix d»* jnnii»

La guerre civile régnait.

Les missionnaires en allendiiieiif liseur \ <.<Mii.in .m sommet des collines du sud, d'où U^wv re!v;\rd pliMiji\»ii au loin sur le lac, ils uo eess.iitMH p^s !l'r1i'>iM Ifurs bras. «0 Dieu, disaient ces exil«'s, |ni \\\\\ tious a»i douu»^ pour patrie cette terre du (îauda, «jui unu^ eba^vp ,1]^*^^ que nous l'îivons cuscnieneée du san^ tlt»s mMres. sou

viens-toi de ceux qui sont morts! Souviens-toi de ceux qui vivent comme des brebis sans pasteurs ! Ne déplace pas ton llambeau de peur qu'ils ne rentrent dans les vieilles ténèbres; fais qu'il brille toujours au delà du grand lac pour nous indiquer Tendroit oti nous devons retourner un jour. »

Ils priaient. A ce moment, sur la rive opposée à Toccident du lac, les chrétiens privés de leur pasteur eurent une inspiration magnanime : Mouanga, le bourreau de leurs amis et de leurs frères, s'était réfugié près des autels du Bukumbi. Oublieux de Tinjure, les chrétiens eurent la pensée de le rappeler. Honorât leur Chef vainquit deux fois les Musulmans. Après quoi lui-môme, il tomba dans une embuscade, martyr de la liberté de sa race et non sans avoir rappelé son roi.

Mouanga revint, il n'avait que deux cents fusils, les Arabes en avaient deux mille : il tenta bravement la lutte inégale dont son trône était Tenjeu. La puissance arabe un moment vacilla. Le roi rappela les Pères. Aussi prompts à le suivre que lui-môme à braver les hasards de sa restauration, ils n'hésitèrent point à partir pour les îles Sesé. De là ils pourraient voir les collines du Ganda, où les bûchers des leurs s'étaient allumés. Ils tressaillaient d'espérance au bord du périlleux empire où s'agitait leur destin.

Ils avaient accueilli le roi, les chrétiens du (Banda l'avaient rappelé. Ces deux charités, celle des Pères et celle des chrétiens, semblables dans leurs pardons, ces deux obéissances semblables dans leurs fidélités s'étaient rencontrées dans le but de rétablir le roi légitime. Les uns avaient travaillé à changer son cœur, les autres n'avaient pas douté qu'il pût ôtre changé; tons avaient respecté dans ce prince déplorable, l' AUTORITÉ qui vient de plus haut que lui.

RÉSUMÉ CIIROTS'OLOGIQUE DES VOYAGES

Page 1