‹ Explorations géologiques dans l'Amerique du Sud suivi de tableauxChapitre 18 sur 69 · I- r , , I 1 ■ .1 Forme du marteau · texte numérisé non relu

I- r , , I 1 ■ .1 Forme du marteau

reiiel sur une statue en trachyte provenant des emmanché repréruines de Tiahuanaco. ^^"'^ ^"'' """, t"

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Une question qui, naturellement, ne manque ™^°^* ^® Tiahua-

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pas de se présenter à 1 esprit en présence des antiques constructions de Tiahuanaco, c'est la façon dont on a pu transporter autrefois des pierres d'une taille colossale, alors qu'aujourd'hui on éprouverait de grosses difficultés à le faire avec les moyens perfectionnés dont on dispose. Devant les gigantesques blocs de trachytes et de grès d'Hakhapana et de Puma Punco ^^\ le voyageur éprouve un sentiment de pro-

Pâma punco, mot aymara signifiant « la Porte du Puma ».

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fond étonnement. Que de temps il a fallu pour ériger de pareilles constructions, que d'existences humaines elles ont dû coûter !

A côté d'une force musculaire inouïe qu'on a certainement déployée pour charrier ces trachy tes et ces grès , une force expressive tout aussi merveilleuse que la première a été mise en jeu pour les graver. Quelle hardiesse de trait, quelle imagination chez les sculpteurs de Tiahuanaco ! Ils ont représenté avec un fini dans les détails et une sûreté de main admirables des symboles à multiples interprétations. Tous les dessins gravés sur trachyte ou sur grès ont, en effet, un sens symbolique : la Puissance et l'Humiliation sont représentées tour à tour sous des figures animales. On entrevoit certainement dans ces représentations des degrés de civilisation.

Je n'insisterai pas autrement ici sur le détail des ornements d'interprétation, car je me réserve le soin de les décrire ultérieurement et de les interpréter comme je le conçois. Qu'il me suffise de dire qu'ils représentent les seuls feuillets écrits d'une civilisation antique complètement effacée de la mémoire des Indiens actuels de Tiahuanaco ^^'.

Quant aux études géologiques de Bolivie, elles ont été poursuivies sur le terrain avec une haute compétence par le professeur G. Steinmann lui-même, et les résultats ont été consignés dans Beitràge zur Géologie und Paléontologie von Siidamerika.

Le géologue Ed. Suess a consacré, dans son œuvre magistrale. Dus Antlitz der Erde, un chapitre sur l'Amérique du Sud où se trouvent résumées d'une façon critique les connaissances actuelles sur les Andes de Bolivie et du Chili.

A côté d'indications sommaires, le Bulletin de la Société de géographie de La Paz donne quelques renseignements intéres-

(*) II ne reste plus aucune autre 1<^gendc des ruines, et qui sont probablement des que celle des flammes que les Indiens réminiscences du culte du soleil, croient voir apparaître devant eux auprès

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sants sur la répartition des faunes de Bolivie. On ne saurait les indiquer à une meilleure place qu ici'^'.

A Urmiri (département de La Paz), à 3oo mètres d'altitude, on rencontre des poissons siluriens.

LlUampu a livré Bncania (Bellerophon) trilobata de Tépoque silurienne.

A Sora Sora (département d'Oruro), à 3, 600 mètres d'altitude , on a découvert des traces de Cruziana.

A Acero-Marca , dans la province de Yungas, les fossiles siluriens sont assez abondants.

Les formations dévoniennes sont plus étendues; elles occupent la zone d'Oruro. Aux alentours du Cerro Chorolque , on aurait trouvé des fossiles dévoniens.

Le terrain carboniférien est assez développé aux alentours du lac Titicaca; à Huarina, par exemple, port dudit lac, il existe de nombreux fossiles carbonifériens (articles crinoïdiens et Productus longispina Sow.).

Dans l'Acre, on a rencontré des restes de Mosasauras, grand reptile marin de la fin de la période crétacée.

De Tarija, on a déterminé des ossements divers de Mastodon Andium, Megatheriam americanum , Scelidotherium capeUinitarijensis? Gfyptodon clavipes, Lestodon armatns et Macrauchenia patagonica. D'après E. Nordenskiold'^\ le sol de Tarija est constitué par un limon fin , non stratifié , avec de rares veines de sable et de gravier. Les couches supérieures de ce limon se composent d une terre de couleur gris jaunâtre , pauvre en ossements; au-dessous de ces premières couches, probablement décalcifiées, les dépôts sont, d'une façon générale, riches en mammifères fossiles et d'une couleur sombre.

La vallée de Tarija est connue pour la richesse de ses mammifères pleistocènes. Le premier qui forma une collection de

^*' Sinopsis Estadistica y geografica de gethierfossilien in Tarijathal, Sudamerika

la Republica de BoUvia, t. I. La Paz, (Bulletin de Tlnstitution géologique

1903, p. 22 à 25. d'Upsal [Suède], n* 10, vol. V, part. 11,

^*^ Ëiiand Nordbnskiold , Ueber die Sâu- 1 90 2 ) .

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grande importance fut Weddel, qui a passé plusieurs années en cet endroit. Ses fossiles ont été décrits par Gervais'^^ Plus tard, Enrique de Caries réunit de nombreux fossiles pour le Musée national de Buenos-Aires. Ce sont ceux qui ont servi de base à Burmeister pour ses recherches paléontologiques ^-l

« Après avoir examiné les dififérents ravins de la vallée de Tarija, — dit E. Nordenskiold , — j'appelle lattention sur cette circonstance que les espèces communes ne sont pas réparties également dans les divers points; tout au contraire, dans un endroit on trouve une grande quantité d'ossements d'une même espèce ; dans un autre , ce sont des espèces variées qui constituent la majeure partie des ossements.

« Dans les ravins de San Luis, il y a de nombreux mastodontes et des ossements de Scelidotherium. A Test de Tarija, les mastodontes sont communs. Sur le chemin de Tarija à Tolomosa on trouve : Equas carvidens, Leslodon armatus et Megatherium americanum. »

Les alluvions de Tarija auraient, m'a-t-on dit, livré des ossements humains. Ceux-ci sont-ils, oui ou non, contemporains des dépôts limoneux? Ce serait là une question extrêmement intéressante à élucider, mais qui ne peut être étudiée d'une façon critique que sur place et dans des conditions d'observation spéciale.

Pour expliquer l'origine du lœss de Tarija, la théorie éolienne de Richtofen ne rend pas suffisamment compte de l'intensité du phénomène alluvionnaire. 11 me paraît nécessaire de faire intervenir, comme cause de la démolition des masses gréseuses, des pluies diluviennes.

En efifet, maintenant le lœss à Tarija, loin de se constituer, s'érode en forme de pain de sucre, comme on peut l'observer sur les photographies prises par le comte de Rosen, reproduites dans la brochure de Nordenskiold que j'ai précédem-

^^^ Gervais, Recherches sar les mammi- ^'^ Burmbister, Los cahallos JosUes de

Jèrcs fossiles de l'Amériqae méridionale. la pampa argentina, Suplemento. Buenos- Paris, i855. (Exp. de Castelnau.) Aires, 1889.

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ment citée. La raison est que les conditions climatériques actuelles ne sont évidemment plus les mêmes qu'autrefois.

Mon collègue de Mortillet, de retour de Tarija (Bolivie), m'a remis une série de fossiles provenant de cette localité f*'. Les roches qui empâtent ces fossiles se distinguent facilement : i"* en calcaires schistoïdes de couleur gris clair; 2^ en grès micacés tendres et ferrugineux. Ces deux sortes de roches appartiennent, les premières au silurien, les secondes au dévonien. Ce sont des schistes à lingules et à graptolithes [Dendro- (jraptas, Dictyonema) , Cambrien, et des grès à spirifers et à conulaires correspondant aux assises de Néhou, Coblentzien.

FAUNE DE TARIJA.

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