PRODUCTION MENSUELLE EN MINERAI DE 64 P
Département de La Paz.
,,. ( de Huayna Potosi 25oquînl.inétr.
(1 Inquisivi loo
Département d'Oruro,
de Negro Pabellon et de Morococala. . . . 200
de Huanuiiî 1,600
«f. I de Machacamarca 600
Mines < ,,. . r., ,
d Avicaya et Totorai 000
de Challa et Apacheta 100
de Poopo 25o
Autres mines 3oo
Département de Potosi.
Ide Potosi 1 ,5oo
de LIalagua 600
de Chorolqiic 900
Autres mines 3oo
Total 7,5oo
La production annuelle serait donc de 90,000 quintaux d'une teneur de 64 p. 100, soit 67,600 quintaux d'étain en barres, ou 6,760 tonnes. Comme on le voit, l'exploitation d'étain en Bolivie est considérable, et, loin de diminuer, elle s'est plutôt accrue depuis cette époque, en dépit même des difficultés des transports.
La tendance de la pyrite à remplacer Toxyde d'étain est un phénomène assez fréquent en Bolivie. Au point de vue mineralogique, on trouve rarement l'oxyde d'étain à Tétat cristallisé. Dans les filons d'étain de Chorolque, on a rencontré de la tourmaline.
Les gîtes d'étain en Bolivie semblent résulter de sources minéralisées par les sulfures d'argent, de cuivre, de zinc et de plomb qui avaient existé au moment de l'apparition des roches volcaniques plus ou moins récentes.
Le bismuth existe surtout dans la zone d'Oruro, ainsi qu'à Tasna et à Santa Barbara (Chorolque). On le trouve à l'état natif et à l'état d'oxyde. Le bismuth accompagne les gîtes de wolfram à Tasna , et il est le plus souvent aurifère dans la zone de Chorolque.
Le cuivre existe à l'état d'atacamite dans la région d'Atacama. Cet oxychlorure est presque toujours dans une gangue d'oxyde de fer et n'accompagne aucun autre minéral. Il est d'un traitement facile par voie humide. L'atacamite semble avoir été exploité depuis une haute antiquité à Chuquicamata même. Les exploitations cuivreuses du désert d'Atacama ne sont certes pas appelées à un même avenir que celles de Coro Coro et de Cobrizos sur le Haut-Plateau.
Dans ces deux derniers gîtes , des cuivres natifs argentés sont disséminés au milieu de dépôts gréseux sédimentaires d'âge permien.
La formation de ces couches cuprifères étant similaires à celle de Russie, il est intéressant d'examiner le problème de la minéralisation. « Rien ne prouve plus clairement l'intervention d'émanations souterraines et distinctes des roches éruptives , dit A. Daubrée, que les couches des métaux qui se rencontrent à divers étages. Le Schiste bitumineux et cuivreux de Mansfeld avec ses nombreux poissons imprégnés de minerai qui, malgré sa faible épaisseur, se montre avec les mêmes allures sur des points très distincts, offre un exemple classique de ces gîtes
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métallifères stratifiés et contemporains des couches auxquelles ils sont subordonnés. Il en est de même des grès du pays de Perm, en Russie, avec leurs troncs d'arbres eux-mêmes métallisés ; de ceux de Coro Coro (Bolivie) ; des grès des environs de Commern, en Prusse, où la galène est disséminée en innombrables nodules, comparables pour la régularité et la grosseur à du plomb de chasse. » En ce qui concerne la métallisation des dépôts stratifiés, la fonction bathydrique n'a pas dû, à notre avis, s'exercer pendant la formation même des couches. Les poissons n'auraient pas pu vivre dans les eaux toxiques. L'hypothèse la plus rationnelle est que, si les émanations souterraines sont contemporaines des dépôts sédimentaires, la substitution des molécules dans les fossiles ne s'est produite qu'à une époque indéterminée à travers la série des âges.
Le platine est peu connu en Bolivie ; il a pourtant été signalé à San Javier (Santa Cruz). L'argent est le produit auquel la Bolivie doit sa réputation de région minière. Cependant l'or existe en quantité considérable. On le trouve associé à des métaux sulfurés (Huanchaca) et dans des placers (Tipuani). D'après Alex. V. Humboldt et le professeur Soetler, la production de l'or en Bolivie, de i545 à 1876, aurait été de 4 1,01 3, 000 rf. Actuellement, l'exploitation de l'or est loin d'atteindre ce chiffre et cependant les dépôts alluvionnaires du Rio Tipuani peuvent encore fournir une grosse quantité d'or.
M. Frochot donne ainsi la description du gisement de Tipuani :
a La coupe du terrain est la suivante : après une couche végétale de quelques centimètres d'épaisseur se trouve une couche d'argile rouge mélangée de cailloux roulés, de fragments de quartz et de schistes, sur une épaisseur de 4 mètres environ; on observe là tous les caractères alluvionnaires; les cailloux roulés indiquent bien qu'on est en présence de dépôts de rivière. Au-dessous de cette première couche, on découvre un premier venerillo, c'est-à-dire une première couche de sable
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aurifère dont l'épaisseur varie entre om.4oetom.6o, reposant sur une couche mince de cailloux roulés qui constitue le faux bed-rock. Après cette couche aurifère, on retrouve Targile rouge sur une épaisseur de 2 à 4 mètres, reposant sur un second venenllo un peu plus épais que le premier, atteignant quelquefois 1 m. 5o, mais dont on peut évaluer la puissance moyenne à o m. 5o; ce second venerillo repose, comme le premier, sur un faux bed-rock semblable au précédent. Au-dessous de ce second bed-rock règne une couche d'argile dont l'épaisseur n'a pas été déterminée. »
Ce n'est pas à Tor, mais à l'argent, argenti sacra famés, que la Bolivie doit sa réputation minière. Beaucoup de mines très productives sont actuellement abandonnées faute de capitaux ; on s'est contenté d'abord d'extraire le minerai d'excellente teneur, c'est-à-dire celui qui pouvait être le plus productif et le moins coûteux, car les gîtes métallifères les plus riches sont situés dans des zones désertes et improductives.
La mine de Huanchaca, qui est une des plus importantes du globe, n'aurait certes jamais acquis la valeur qu'elle a aujourd'hui sans le chemin de fer et sans l'installation d'un outillage perfectionné et véritablement fantastique. Les mines d'argent de Lipez, quoique tout aussi considérables que celles de Huanchaca, restent malheureusement inexploitées.
La Bolivie, avec ses richesses minières que l'on peut qualifier d'inépuisables tant elles sont puissantes, est en droit d'attendre des ressources nécessaires pour les exploiter : ce sera l'œuvre du progrès.