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TERRAINS SILURIENS

D'Orbigny rapporte au silurien les terrains phylladiens de Bolivie. Ceux-ci forment sur les hauts plateaux des lentilles sillonnées de petits filons de quartz généralement aurifère. Les terrains siluriens se montrent à l'est de la Cordillère, sous l'aspect de phyllades micacées dont le maximum de puissance ne dépasse pas une centaine de mètres. Les fossiles y sont d'autant plus rares que les couches sont très métamorphisées ; cependant, avec un peu de patience, on arrive à apercevoir des traces de graptolithes , et encore dans les parties les moins fissiles de ces dépôts très bouleversés, c'est-à-dire dans les zones supérieures. Ces dépôts siluriens d'Amérique ont beaucoup de rapports, au point de vue minéralogique, avec les terrains d'Europe du même âge; on ne peut guère se tromper en disant qu'ils ont une physionomie identique.

J'ai observé le silurien à l'ouest de San Pablo (4i38o mètres) , dans la direction du Cerro Relave, ainsi qu'à Quechisla.

Les filons de bismuth aurifère du Cerro Espiritu (Chorolque) paraissent traverser le silurien.

Celte formation a été très dénudée par endroits , et les pépites d'or que les Indiens aymaras cherchent avec beaucoup de patience dans le Rio de La Paz proviennent également de la démolition de ces terrains.

Le cassitérite d'Inquisivi, pays situé à environ trente lieues de La Paz, se rencontre aussi dans le silurien.

Le silurien présente en somme, en Bolivie, partout où il se montre, le même faciès; il est recouvert généralement par des grès rouges dévoniens.

A Tarija, le silurien inférieur (cambrien supérieur ou potsdamien) est représenté par des graptolites, Dendrograptus liailianus Prout., Dictyonema retiformis Hall, et des lingules, lingula cf. attenuata Sow. Le genre Asaphus, A. bolivlensis d'Orb. , est associé aux lingules.

Dans les phyllades pyriteuses et noires de trois localités de Bolivie, le D' J. W. Evans a recueilli, en 1901-1902, plusieurs exemplaires de Dldymograptus ; l'un peut être rapporté au type bifidus, l'autre au type affinis^ un troisième au type Nicholsoni. Ce savant a recueilli Phyllograptas , Glossofjraptus , Cryptograptus, Diplograptus. Dans une phyllade de couleur gris pâle, il a pu reconnaître une espèce comparable à Climacograptus confertus. Ces graptolites indiquent que les phyllades foncées et claires appartiennent aux horizons supérieurs des Arenig Rocks. Deux exemplaires de Peltura, appartenant probablement à l'horizon supérieur des Lingula Jlags , ont été aussi recueillis par le D' J. W. Evans à Cochaiya, à environ trois milles N. E. de Pata. De nouvelles espèces de Symphysurus et Trinuclens, probablement de l'âge d'Arenig, ont été trouvées à environ un mille d'Apolo, province de Caupolican. Une espèce indéterminable d'Ogygia a été recueillie sur la rive droite du Rio Caca, situé dans la même province.

TERRAINS DÉVONIENS.

Les collines situées entre Oruro et Cochabamba, comprenant Challa, Huaillas, Condorchinoca , Arque, Chapi, Quirquavi, Machacamarca, Sora-Sora, Yapu, Quimza, Cruz (6,598 mètres), Negro-Pabellon (5,383 mètres), appartiennent au terrain dévonien, comme le démontre le genre Cryphœus que l'on rencontre çà et là en ces diverses localités. D'après les indications qui m'ont été fournies à La Paz , toute la région de Sica-Sica est très riche en fossiles. Un arrêt trop court à Sica-Sica (3,992 mètres) ne m'a pas permis de recueillir des fossiles dévoniens en cet endroit.

Tous les massifs qui s'étendent de Viacha jusqu'à Tiahuanaco et Huaqui, autour du lac Titicaca, doivent être rapportés au dévonien. La faune y est toujours assez rare, mais bien caractéristique. Ce sont, en général, des formations argilo-gréseuses dévoniennes qui passent aux grès phylladiens dans les parties

les plus inférieures, et qui quelquefois recouvrent en couches concordantes le silurien ^^K

Ulrich a démontré que les grès dévoniens de Bolivie et du Brésil pourraient être synchronisés avec les grès d'Oriskany, groupe Hamilton, Helderberg supérieur, d'après la présence de brachiopodes typiques comme Leptocœlia Jlabellites (Conr.), VituUna pustulosa (Hall).

Le dévonien de Bolivie (environs d*Oruro et du lac Titicaca) se réunit à celui du Brésil (Parana) et des îles Malouines ou Falkland(^).

A. de Mortillet a rapporté de Tarija Spirifer Chucjuisaca Ulr. , qui indique la présence du dévonien dans cette localité.

Au point de vue minéralogique, le dévonien se présente sous Taspect de grès rougeâtres plus ou moins durs.

Les fossiles dévoniens sont, d'après A. Dereims, particulièrement abondants sur la colline de Hampturi, à trois lieues au nord-ouest de CaracoHo.

Ceux que j'ai recueillis sur plusieurs points du Haut-Plateau sont les suivants :

Cryphœns conveams Ulr. , Cryphœus giganteus Ulr. , Acaste devonica Ulr., ConulariacL acufa Roemer, Conularia Gervillei Wern.^ Nuculites Beneckei Ulr., Leptocœlia Jlabellites Conr., Meristella Riskowskyi Ulr., Spirifer Chucjuisaca Ulr., VituUna pustulosa Hall., Actinocrinus cf. muricalus Goldfuss, Actinocrinus? d'Orb.

Phacops cf. arbuteus, Dalmanites Paituna et D. Mœcurua ont été trouvés sur le chemin entre Apolo et San José de Chupiamonas, dans la province de Caupolican. Les roches d'où ces fossiles ont été extraits dateraient probablement du dévonien inférieur.

^^^ Sir Roderick Murchison, dans son en Bolivie, il me semble toutefois, d'une

ouvrage fondamental, Silaria, émet des façon générale, que le faciès spécial à

doutes sur la question de savoir si les for- chacun des deux terrains dont le déve-

mations dévoniennes de Bolivia doivent loppement est considérable suffit pour les

être rapportées plutôt au silurien supérieur distinguer.

qu*au dévonien. Quoique le passage entre ^*^ Les Iles Falkland ont été découvertes

ces deux formations soit difficile à saisir par Davis en iSqq.

TERRAINS CARBONIFÉRIENS.

Le carboniférien inférieur ou dinantien est parfaitement représenté , tout aux alentours du lac Titicaca , à l'état de calcaire noirâtre avec veinules de quartz. Il contient Produclus Cora D'Orb. et peut être assimilé aux couches du bassin francobelge de Visé, ou encore à l'assise de Sablé (Sarthe), étudiée par M. Œhlert.

A l'île Quebaya, le calcaire dinantien repose sur un porphyre verdàtre décomposé et transformé en saussurite. Aux îles d'Amasa, de Tirasa, le carboniférien se trouve en concordance de stratification avec des grès rouges. A Yarbichambi, près Huarina, ainsi qu'à Aygachi, des grès calcarifères compacts font partie du terrain carbonifère. Il y aurait donc des calcaires compacts et des grès calcarifères qui appartiendraient au carboniférien immédiatement superposé au dévonien également constitué par des grès rouges.

J'ai pu voir à La Paz des échantillons de houille carboniférienne provenant de ChacariHa, sur la rive droite du Desaguadero. Ce charbon ne peut guère être utilisé en raison de sa nature pyriteuse. Il serait intéressant de reconnaître par des sondages si cette houille n'acquiert pas une meilleure qualité en profondeur, car ce serait pour la Bolivie , où le combustible fait complètement défaut, une découverte des plus importantes '^^

Il y aurait encore, paraît-il, à Todos Santos (environs d'Oruro), des anciennes exploitations de houille remontant au temps des Espagnols. Si la chose est vraie , elle serait des plus intéressantes à étudier.

Il se pourrait que de véritables couches de houille existassent en Bolivie, mais c'est là un point qui nécessiterait une étude détaillée des terrains avoisinants de la zone carboniférienne du lac Titicaca.

^'^ En Bolivie, on se sert commune- séchës de lamas, connus sous ie nom de ment comme combustible d'excréments taqaia.

Le carboniférien marin n'est qu'un faciès du carboniférien à houille, comme on peut s'en rendre compte dans l'IUinois (htats-Unis d'Amérique).

Au détroit du Tiquina , sur le lac Titicaca , on voit des strates fonçant presque verticalement de l'est à l'ouest et de l'ouest à l'est. C'est bien par ^ i,

des séries de failles que les bassins du carboniférien du haut plateau boliviano-péruvien ont été séparés; le détroit de Ti- "■ -^^"->-.V-V-'-::'-','-'^'' quinalui-même paraît '~ -~-^..v/.,V^--'' être l'emplacement

i> r -Il S^nclinkl CarboniKrian ( FVes^ju'ile de Copacabana)

Âii , , ., , j i» Ciilnàpf ÛDient/S'iffi, / Oùtaa/ùn.)

1 extrémité nord- i, crày c^r6,»^ûri.

est de la presqu'île de ec^^ «.t

Copacabana, à Yam-

popata, une petite mine de charbon aurait été autrefois exploitée avec un rendement de trente tonnes par jour; à l'ouest de l'emplacement de cette mine, on peut voir de petits affleurements de charbon , ainsi que sur le côté est de la presqu'île de Gopacabana. C'est à Yampopata et dans l'île du Soleil que l'on trouve Eomphalas anti(fuas D'Orb., espèce identique à celle du Coal measares de l'Amérique du Nord.

M. Orrego, dans une esquisse minéralogique des départements d'Aréquipa et de Puno, mentionne la présence du carboniférien le long de la Ugne d'Aréquipa à Puno.

James Orton a aussi rencontré, sur la ligne axiale du lac Titicaca, des fossiles carbonifériens au Rio Pichis, au début du fleuve des Amazones.

Alex. Agassiz relate que le dévonien est lié au Coal measures à l'île Coati (lac Titicaca) . Le schéma d'un pli synclinal fera , au reste, mieux comprendre la disposition des strates carbonifériens de la région du lac Titicaca.

TERRAINS PERMIENS.

Lès terrains permiens de Bolivie comprennent des conglomérats , des poudingues et des grès , tantôt rouges par peroxydation, tantôt verts par la présence d'un silicate de fer. Le permien s'étend au sud du lac Titicaca, sur les rives du Rio Desaguadero, de San Andres, jusqu'à Goro Coro, d'où il part former les collines de Carangas.

Il n'a point été trouvé jusqu'ici de fossiles permettant de déterminer d'une façon scientifique l'âge de ces sédiments; si, avec Pissis, je rapporte les conglomérats et les grès cuprifères de Bolivie à l'étage permien, c'est uniquement en m'appuyant sur des considérations pétrographiques et stratigraphiques.

Gomme les gîtes cuprifères de Goro Goro présentent le même faciès que ceux de la Thuringe, que de plus ils reposent directement sur le carboniférien , il est permis de croire à leur âge permien.

Les spécimens de bois carbonisés provenant des grès de Goro Goro, et examinés par David Forbes, devraient être rapportés à la famille des Gonifères, mais leur structure est trop fruste pour qu'on puisse en approfondir davantage l'étude.

La formation cuivreuse de Gobrizos me paraît devoir être rapprochée de celle de Goro Goro, car la distribution du minerai est également la même dans ces deux gîtes.

Je rapporte encore à l'étage permien les conglomérats de Pulacayo ainsi que tous les grès cuprifères qui s'étendent de Gerda jusqu'à San Vicente.

Il est évident que les mines de cuivre de Gobrizos et de Goro Goro peuvent être regardées comme les plus riches du globe, et, si les moyens d'extraction étaient moins primitifs, il y aurait une source de métal cuivreux exploitable pendant plusieurs siècles en Bolivie.

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