‹ Explorations minéralogique des régions mexicainesChapitre 28 sur 46 · CARDINAUX · texte numérisé non relu

CARDINAUX

1 Se OU Sent.

1 7 Makoi senigua bussani

a Gode.

beguâ.

3 Vaide.

1 8 Makoi gô nàgo beguâ.

/i Nàgo.

19 Kiseuri

5 MarizL

ao Seuri.

6 Bassani.

a 1 Seuri seni beguâ.

7 Seni bussani ( i -H 6 ) .

/ \ 1 8 Gonàgo('3Xi)'

3o Seuri makoi beguâ.

9 Kimakoi.

Ho Godeurini (a X ao).

10 Makoi.

Ôo Godeurini makoi beguâ.

1 1 Makoi seni beguâ.

60 Vaideurini (3 X 3o).

1 a Makoi gôbegiiâ.

70 Vaideurini makoi beguâ.

1 3 Makoi va beguâ.

80 Nàgodeurini (4 X 20).

1 4 Makoi nàgo beguâ.

90 Nàgodeurini makoi beguâ.

1 f) Makoi mari beguâ.

100 Marieurini (5 X 20).

1*) Makoi bussani begnâ.

a 00 Makoieurini (10 X 20).

1* Seittkâtù.

a* Gokâtti.

3' Vaikàlzi-

4' Nagokâtzi.

5" Marikâlti.

6* Battani ketUsi.

7* Seaigua bmsaai keuUi.

tf Oonago keutzi.

g' Kimakoi keatzi.

lo* iâakoi ktatii. Il' Mttkoi teaigaâ ktutsi.

13* Uakûi gôbeyad kailzi.

i3* /(f. Ad^Bd, tW.

1^* /<!. Hàgoguâ, ùf.

là' /d. marigaà, id.

■ 6* /J. ialMUUyiUi, i(^

17* /(^ tenigma baiumigaA

keatzi.

18* U. gâaàgiAegma ktmUi.

i((* fùmn'iu itenfïi.

3Q* &iinni ou &un'fuNbal».

3 1* Seuri tenibe kealà.

i Vapùi.

i Naaago.

> Afamorizi.

i Batiasani.

! Seni bluiaïam.

i Gonanago.

> ilamakoi.

1 Makûi sesuiii begudi.

I Makoi gôpoi begad.

i Makoi bapoi begaà.

i Makoi nanago bfyaii.

) Makoi maman beguâ.

i Makoi bussasani btgaâ.

1 Makoi senigua biusutuni beguâ.

i Makoi (jûniinàijO beguâ.

) Kiseseari.

> Se «un.

Seurisi' sii'ii bi:qaà.

LES TARHUMARES^

Lorsque les Espagnols pénétrèrent pour la première fois dans le Chihuahua , en 1 6 1 A , ils trouvèrent la partie ouest de celte province occupée par une race différente de celles qu'ils avaient rencontrées jusque-là. Le jésuite catalan don Juan de Fonte, qui accompagnait lexpédition, s'occupa de suite à évangéliser ces peuplades. Il les trouva vivant à Tétat presque sauvage, dans des cavernes , vêtus de toiles de pite tissées par leurs femmes, pratiquant Tidolâtrie, mais doués d'un caractère tellement doux, que la tâche des conquérants et celle des missionnaires fut également facile.

Cette poptilation compte, encore aujourd'hui, environ  0,000 âmes. A défaut d'histoire, elle a une ancienneté bien reconnue; elle formait, à une époque éloignée, une grande confédération avec les Mayos et les Yaquis. Aujourd'hui elle est divisée en deux familles; la plus nombreuse habite les plateaux au sud-ouest de Chihuahua, et son territoire s'appelle Tarhumarie haute, par opposition à la deuxième famille, située sur le versant de la Sierra, dans le haut des vallées duYaqui, du Mayo et du rio del Fucrte, dans un pays qui porte le nom de Tarhamarie basse.

La haute Tarhumarie occupe environ le quart de l'Etat de Chihuahua; sa capitale était Cosihuiriachic. Les terminaisons gachic, ichic , ochic , sont caractéristiques des noms de lieux et terminent les appellations de tous leurs villages. Il

' Tarhumare est l'orthographe locale du nom de la tribu ; il s'écrit mâme Torumar ( prononcez taroumar) dans les pueblos assez nombreux où l'instruction primaire s'est développée. Les jésuites l'écrivaient Tarahumar, et après eux la plupart des écrivains. On en a tiré t'étymologie suivante : tara, pied , et huma, courir. Ces Indiens sont en cfTet d'intrépides coureurs; mais il est douteux que l'étymologie soit exacte.

serait facile d'en faire l'énuroération par cette simple remarque; en les comptaot sur les cartes les plus complète» du Cliihuahua, od eu trouve ainsi uoe ceotaine.

Le rôle de ces Indiens est purement agricole; ils sèment leurs terres en maïs, en blé, en haricots; ils cultivent même un peu la pomme de terre , et c'est là une exception à noter, car cette culture est complètement délaissée par les indigènes du Mexique. Ils élèvent le bétail, les chevaux, la volaille, et ont adoplé, en un mot, les mœurs agricoles des populations assimilées; aussi, lors de la proclamation de l'indépendance, furent-ils reconnus comme cUtPftns. On leur laissa toutefois leur autonomie et leur or^nîsation intérieure, qui est d'une grande simplicité.

Il y a deux pouvoirs : administration politique ou civile et administration judiciaire. Placées toutes deux sous Tautorilé supérieure du gouvernement du Cliîhuahua, le lien hiérarchique es! formé par un gouverneur et un sous-gonvemeur nommés par les habitants des villages réunis en assemhl«^e publique 'dans chaque localité. Ces deux personnages représenlei)t l'aulorité civile. .

Le pouvoir judiciaire et le service de la police générale sont tout à fait distincts du prt-'cédenl. Il est inlre les mains des jugps. Chaque village d'au moitié 5oo habitants en possède un, assisté diiii aide faisant les fonctions de greffier. Ils sont nommés tous les dt-ux pnr la population locale. Ils jugent de tous les délits simples et des contestations entre parties; pour les délits graves et les crimes, ils inslrtiisenl la cause el en réfèrent ;'i l'autorité supérieure de (iliihuahun, devant laquelle les eoiipaliles peuvciil èlre renvoyés.

Il en est di' même j)iiin' toutes les questions administratives de <|iiel(pie inipDrlauf'i'; li- déiisimis sont «^'unnisos à rttpprohatinn de l'anliirité nie\ir;iinc.

Tout Tarhuinaro doit êlre soldat, cest-à-dirc posséder un arc en bon état et un carquois bien garni de flèches ; il doit remplir cette obligation depuis lage de dix- sept ans jusqu à quarante, et répondre , à Foccasion , à l'appel qui lui est fait.

Lautorité militaire est confiée h un capitaine général nommé par le général mexicain commandant la province. Il est tenu de visiter chaque année les pueblos, afin de sassurer de Tétat d'armement de la milice. Les Indiens qui se trouvent dans les limites d'âge doivent se rendre h son appel; l'inspection a lieu sur la place : chaque soldai présente ses armes, puis doit remettre, h titre d'impôt de guerre, vingt flèches au général. Comme il y a cinq mille guerriers, cet impôt représente cent mille flèches annuelles destinées à former une forte réserve de munitions en cas de guerre. Or ce peuple tranquille et laborieux est en paix avec tous ses voisins ; à peine a-t-il à craindre les incursions de quelque parti d'Indiens Apaches; aussi l'impôt a-t-il changé de nature pour la plus grande glorification de la * paix et à l'heureux profit du capitaine général ; les soldats continuent à lui remettre exactement vingt flèches, qu'ils achètent avant la revue A l'un de ses agents.

Les Tarhumares ont accepté avec indiflîérence le christianisme des pères jésuites. Ceux qui habitent les gorges do la Sierra-Madre sont, en général, restés ce qu'ils étaient, adonnés à quelques superstitions. Dans les villages des plateaux , il y a d'assez nombreux curés pour desservir les paroisses. Us reçoivent, à titre de dime ou de prémices de la terre, une media-fanega de maïs par habitant (28 litres), moyennant quoi, ils doivent remplir gratuitement toutes les fonctions de leur ministère.

La proportion des femmes l'emporte très-sensiblement

sur celle des hommes; néanmoins la monogamie a toujours été en usage. Ils contractent régulièremeot mariage suivant les usages locaux et demandent souvent la consécration du père desservant. Lorsqu'un homme est en âge de se marier, ses parents invitent dans Jeur case la jeune Gtle sur laquelle s'est portée leur vue : elle vient avec son père s'étahlir dans la famille, et le jeune homme peut juger tout h loisir des qualités de honne ménagère, de l'activité et du bon naturel de celle dont il doit faire sa femme. Si cet examen est favorable, la demande est faite, et les deux iàmillea se joignent pour construire une maison au nouveau couple, ensemencer leur champ et leur jardin et organiser leur intérieur ; l'aide des parents constitue la dot de chacun des époux, et une nouvelle famille est appelée à se développer.

Les Tarliumares sont de taille moyenne; ib ont la peau d'un brun cuîvrc. Leurs cheveux sont noirs, tantôt longs et durs comme ceux de la plupart des indigènes de l'Amérique, tantôt crépus, ce qui indique nn mélange de race. Ils sont souvent maigres et élancés , ce qui leur donne beaucoup de légùreté comme coureurs. Les montagnards sont plus robustes; il est Iré^iare qu its aient de la barbe; ils disposent leurs rhevcun en deux moilics, qu'ils tressent en deux queues; quelquefois ils n'en portent qu'une seule, en réunissant tous leurs cheveux en une tresse unique sur [f derrière de la lêle.

Leur vêtement ordinaire est une simple pièce d'étoile fendut; pour passer la tète ; elle retombe et recouvre le dos et l:t poitrine; lr?s deux extrémités sont réunies et ramenées sous les jambes. Les femmes s'entourent les reins et les hanches d'une pièce d'ctolfe de laine, Irès-scrréc, qui descend jusqu'aux cbevillcs. le haul du rorps rcsiani à dccou-

vert; elles portent comme coiffure des chapeaux de paille, et comme chaussures des sandales.

Les maisons sont construites en adobes et souvent en pans de bois non équarris et remplis par un blocage en pierre sèche ; les toits sont faits de feuilles de palmilla et en branchages de pin. D'autres fois les habitations se composent uniquement d'un toit Irès-élevé, sous lequel on aménagé plusieurs chambres.

La base de leur nourriture est le maïs, sous forme de tortilla ou galette mince grillée au feu ; puis viennent les haricots /ryofe5, préparés à la graisse et au chile (poivre rouge), suivant Tusage des Mexicains.

Ils ne fabriquent pas de pulque; leur climat est trop froid pour la culture de Tagavé; mais ils préparent une boisson fermentée très -agréable, nommée tesqaino, en faisant fermenter dans Teau du maïs germé. Cette boisson prend des couleurs différentes, suivant qu'ils se servent de maïs bleu ou de maïs rouge, au lieu du maïs commun. Ils y ajoutent quelquefois les fruits mûrs de la pitaya ou du cactus nopal.

Ils extraient du sucre de la sève du maguey sauvage et fabriquent également une sorte de mezcal avec le suc de la même plante.

Ils mangent encore les noix de pin , et cultivent avec un soin tout particulier les arbres fruitiers d'Europe introduits par les missions. Les pommiers donnent, sous ce climat, de magnifiques récoltes. Les pommes du Ghihuahua ont une renommée méritée au Mexique. Il en est de même des abricots, des prunes et des pêches.

Ils cultivent très-peu de blé, comparé à ce qu'ils .sèment en maïs. Ils ont une fête à l'époque des semailles. Cette cérémonie, qui est une danse rhythmée, se nomme titiham;

elle s'exécute sur le champ, en présence des semences que l'on va confîer à la terre ; la danse est mêlée de chaats ri de cris, par lesquels on demande au Créateur une récolle abondante. Depuis qu'Us ont reçu le christianisme, ils plantent une croix sur les semailles pendant la durée de la Tète ; mais ils se cachent des prêlres pour exécuter cette cérémonie renouvelée de leurs anciennes traditions. La journée se complète par le sacrifice d'un mouton ou d'un animal plus gros, que l'on mange après l'avoir fait cuire à grand feu dans des mannites de terre avec du maïs et des Grijoles.

Plusieurs familles se réunissent pour les semailles; l'ensemencement se fait de deux manières : soit en passant derrière la charrue et déposant les grains dans le sillon , soit (et ceci a lieu surtout pour les terres froides) en semant au plantoir. Ces deux méthodes leur viennent des Espagnob. La même fête se renouvelle it la récolte; c'est une réjouissance d'actions de grâces qui en est le prétexte.

Ils élèvent des bestiaux , destinés à l'approvisionnement des villes et donl ils consomment le bit et le fromage. Les troupeaux sont envoyés l'hiver dans les barrancas profondes qui s'ouvrent dans la chaîne vers l'océan Pacifique.

Le maïs se conserve dans des greniers on sitos aériens iippelés trojas. Quoiqucs-uiis rappellent la forme conique de ceux des provinces de Zacatecas et de San-Luiz-Polosi; ils sont conslruils au moyen de perclii's de bois bien dres- ,sées et très-amincics au petit bout. Ces perches sont juxtaposées les unes contre les autres, le petit bout au sommet, de façon à figurer un cône ; elles sont fortement reliées ensemble au point de convergence, tandis que des pieiTOS fixées dans le sol emprisonnent, i'i In circonférence, les gros bouts; une ouverture au sommet pour introduire les grains,

et une autre vers le bas , pour les répandre suivant les besoins journaliers, complètent la disposition générale.

Sur les hauts plateaux, le maïs, dans de bonnes conditions, peut se conserver jusqu à sept années; dans les terres basses , il n*a qu un an ou deux de conservation assurés.

L'industrie des Tarhuraai^s est assez restreinte; elle se borne au tissage de la laine en étoffe serrée, à la fabrication des poteries grossières , à celle des sandales et des instruments agricoles. Us sont assez bons maçons, tailleurs de pierre et charpentiers; ils sont aussi bons mineurs et engagent leurs services dans les haciendas de beneficio. Ceux de la basse Tarhumarie sont plus intelligents que ceux des plateaux; ils vivent en bonne intelligence avec les Yaquis et les Mayos et ramassent un peu d*or dans les rivières.

LES TEP^HUANES.

La région habitée autrefois par ce peuple s'étendait du 1']^ degré jusqu au ih* d^é de latitude sur le revers oriental de la Sicrra-Madre. Les Pueblos commençaient à a 5 lieues de Durango et s'étendaient au N. O. de Santiago de Papasquiaro. Vers le nord, la limite était la Tarhumarie ; au sud , le Partido de Chiametlan ; à Toricnt , la lagune de San-Pedro, et, è l'occident, la vallée de Topia.

Lorsqu'en i558 le père D. Geronîmo de Mendoza pénétra pour la première fois vers la limite orientale, il trouva les Zacatèques retranchés dans une place forte établie au val de Suchil et occupés & contenir les excursions des Tépéhuanes, qui avaient une tendance k s'établir sur les plateaux. En i5g6, les missionnaires réussirent cependant à pénétrer chez eux et à fonder les missions de Santiago et de Santa-Gatalina.

En i6i6, il y eut un grand soulèvement des Tépëhuanes; ils tuèrent les missionnaires; puis, étant sortis au nombre de a5,ooo guerriers, ils marchèrent sur Durango pour détruire cette nouvelle colonie encore peu habitée. Le gouverneur arma les habitants de la ville et sortit avec 1,000 hommes à la rencontre des insurgés; il tomba sur leur corps d*armée avec Ténergie que donne le désespoir, et les culbuta avec tant de rudesse , que Tenuemi perdit 1 5,000 hommes à la suite de cette rencontre. Ce fut la fin de la nation tépéhuane ; réduite è fimportance d une simple tribu , elle continua à décroître jusqu'au point où on la voit aujourd'hui. (D'après la chronique de saint François.)

A l'époque des premières missions, les Tépéhuanes vivaient en rancherias; ils portaient des vêtements de coton; ils apprirent à s'en faire avec la laine des moutons introduits par les Espagnols. Bientôt ils s'administrèrent par village et s'occupèrent plus particulièrement de culture.

Ce peuple est remarquable par ses facultés intellectuelles » une grande activité d'intelligence et une mémoire trèsfidèle. Us n'avaient pas de religion, mais ils conservaient la loi naturelle avec beaucoup de rectitude. On remarquait cependant chez eux quelques idoles ou images consei*vée$ plutôt comme curiosité légendaire; on en voyait une dans leur ville principale, Ubamari; elle 'consistait en une tête placée sur une colonne.

Diaprés quelques étymologistes, le mot Tepehuan yieudrait du mexicain tepehaani, conquérant, ou bien de tepetl, bois, montagne, et de la préposition haa, qui veut dire possesseur des montagnes boisées ou de la Sierra. Quelques auteurs soutiennent que Tepehaa vient de pechua, qui veut dire dur en tarhumare ^

* Las lenguas indigenas de Mexico, par D. Francisco Pimentel, i. II, p. 45.

En côtoyant la Sierra-Madre an nord de Durango, j avais rencontré une localité portant le nora de Tepehaanes et située k lio kilomètres de Santiago de Papasquiaro vers le nord. Mais il m'avait été impossible de rencontrer un seul représentant de la tribu ; on m*avait même assuré qu elle avait complètement disparu comme celle des Gocohiomes; j'appris à Durango qu il en restait quelques débris au centre de la Sierra entre cette ville et Mazatlan; je n'hésitai pas à entreprendre ce voyage , qui devait être utile à ma mission sous plus d un rapport.

Je parvins le quatrième jour, après avoir traversé la nature la plus abrupte et la plus sauvage, dans un joli village du nom de Milpillas, appartenant à cette tribu. Le premier mouvement des habitants, à larrivée de ma petite troupe, fut la surprise et répouvante ; ils étaient nus et s'enfuirent dans leurs cases; aussitôt quils furent bien rassurés siur nos intentions toutes pacifiques, quelques-uns se présentèrent à nous un peu plus vêtus; je fus vivement frappé de leur extérieur : je n*avais pas devant moi des hommes de la race rouge, et ils ne ressemblaient en rien aux Indiens des autres parties du Mexique.

Leur teint jaune mat, la proéminence des pommettes, rinflexion des yeux, la grandeur du crâne, puis une certaine physionomie qu'on ne peut rendre, les rapprochaient singulièrement, pour moi, de quelques types asiatiques que j'avais étudiés de près, tels que tartare, kalmuck, kirghiz; on y rencontrait même les caractères du type chinois.

Ils sont généralement de taille moyenne; ils ont les cheveux abondants et plus fins que les Indiens des provinces voisines; ils les portent à la façon des Tarhumares, tressés sur la nuque en une tresse unique.

J'avais avec moi un photographe, je le mis aussitôt à

TcËuvre; mais la terreur de l'objectif intimida les plus beaux modèles, ceux dont le t^pe était le plus tranché; je dus me contenter de la photographie de cinq personnages, parmi lesquels se trouvèrent deux métis Tarhuniares.

Cette population tépéhuane. retirée au milieu de la Sierra en dehors des chemins fréquentés, y vil très-ignorée; ils cultivent le maïs, élèvent quelque bétail; un certain nombre d'entre eux, retirés dans les bois, y font du charbon, que ceux du village vont Iransporter à dos d'àne A la ferreria de Durango, lorsqu'ils veulent se procurer en retour quelque objet fabriqué. Ils échangent le maïs sur l'autre versant de la Sierra contre le sucre et les fruits de (erre chaude. Leurs habitations sont assez bien construites pour les mettre à l'abri du froid pendant l'hiver.

Un petit nombre d'enire eux parlent le castillan, les autres ne connaissent que leur idiome; ils sont catholiques, chaque bourgade a sa chapelle et reçoit la visite d'un padre qui parcourt leurs villages.

Voici le dénombrement de la tribu d'après le juge local de Milpillas-Chico :

Milpill«s-Cbico loo

Au sud de Mil-j Laàkss i &o

pillai4^hico. . ) Milpillas-Griode 80

/ Tascarïnga 100

\ Teoaruja ^o

A l'est < Santa-Maria Uo

ï San -Francisco de Ocolan ^o

' Atalemoihe 100

Total 65o

Cette tribu, autrefois très-étendue, est réduite A un trèspetit nombre d'individus; les éléments étrangers tendent à

y entrer. Dans peu de générations, elle sera fondue dans la masse des populations de la Sierra.

J'ai recueilli, avec tout le soin que méritait un semblable travail, un petit vocabulaire de Tidiome tépéhuane.

Gomme j*ai posé mes questions en castillan , je conserverai les mots de cette langue comme équivalents plus rap* proches.

Padre

père

nia papa.

Madré

mère

niân.

Hijo

fils

hîmàrà.

Hija

fille

niàglâ.

Muchacho

petit garçon

àglé.

Muchacha

petite fille

àgîé.

Hermano

frère

inchïch (ch comme en castillan tch).

Hermana.

sœur

mchîch.

Casa

maison

vàâk.

Lumbre

feu

tày.

Olla.

marmite

jaha {j comme en castillan).

Cama

lit

ênbàchiérà.

Mesa

lable

énbàchiêrà.

SiUa

chaise

chir.

Maiz

maïs

jûn ( a toujours ou).

Frijoles

haricots.

bàbm.

Uevos

œufs

nânàë.

Espalda

épaule

Incâlâpôûa.

Brazo

bras

w www

mgnaono.

Mano

main

w www

mgnaono.

Dedo

doigt

mgnâônÔ.

Una

ongle

incàtà.

Pecho

poitrine

mbàsôL

Seno

sein

vïpû

Barriga

ventre.

vâôca.

Masclo

muscle

inkâi.

Rodilla

genou

inkàûn.

Piema

jambe

môt'kâr.

incaito. ^^^^^M

dan

^1 Dm

ineàômi. ^^H

^H Bùrba

barb«

în ekêiavàû ■

^M /Mfar

p.rier

muûdàehi. 1

^H /o hahh

je parle

âin àiàà.

^H 7u Jiobta

lu parle»

nia uJt dan.

^H Ei hahla

il parle

ngie\ ààgâ (sefior)

^H £floi 6afr7«n

ils parlenl

kachi âàsàdâ (s^om).

del

ichâQÏà.

^H Diot

Diea

Dûu(castillin).

^B mib>

nuages

jùMààm.

^^1 Came

.iaude

HcâeA.

^^1 Ruajalote

dindon

lùhûà.

^H Venw/o

cerf

sâimàeh-

lapin

tàûb.

^1 Uint

lièn«

lâttb.

coq

ehi-tâ-cà.

poule

chï-câ^'â. ^

^H Poiio.

pouleti

tàipicb.

^^^^ mmin

homme

chiùàitcâm.

agneau

eânérà. i

bœuf

lOlàr.

ComUs

Putrea

Caieta

Cmu

Pth

Ojoi

Narix

Boea

DimU

lÀngaa

Labio

Baia

Ciulh

Ifoehê

Bumo

cheval

t«te

figure

cheveux

nei

bouche

dent

langue

lèvre

mentun

«il (nonrean).

taâikàl.

hôôpÔ ai

ïnchiiûnùan.

ingamkua.

lâkâg.

kobâieh.

Bueno hombre

homme bon

ich keâg tchiàôiâ.

Malo hombre.

homme mauvais

piâ mer keûg tchîâôiâ.

Buenosdios

bonjour

tchëû an gûèûr.

Adios

adieu

aînàa hë.

Sol

soleil

tànàôl.

Luz

lumière

iânàol.

Lana

lune

màâsôJ.

Estrellas

étoiles

hàû huàgà.

Sombra

ombre

heu kaja.

Sembrar

semer

Irëichâchï.

Hambre

faim

es hia yâgnt.

Tengo mucho hambre

j'ai très-faim

mâut kûn.

Injierno

enfer

6t œh kâàk.

Herido

blessé

inikich nich.

Ballar

danser

neûoïû tchi.

Cantar

chanter

cantar atchi ( forgé du cas tilJan ).

Vivora

serpent

kààhà.

chef

jefe (castillan).

Familia

famille

tëmàum àr.

Milpillas

endroit où se cultive le mais

moà ràm.

Lluivia

pluie

jûkàûm.

Trueno

tonnerre

dôôg dam.

Relampago

éclair

dôôg dam.

Nieve

neige

keâ û ai

Yelo

glace

keû û ai.

Agua

eau

su û dàï.

Aère, viento

air, vent

kûûuii.

Andar

aller

ààirâ dàchi.

Passeur

se promener

passear pochi ( forgé du cas tillan).

Camino

chemin

vaoï.

Cerro

montagne

âôïâ.

Monte

bois

ôôtchër.

Arbol

arbre

hôéuch.

Encino

chêne

tâân.

Pino

pin

haûchûi.

Zacate

foÎD

Hojas de maiz

feuilles de mais âàtkàl.

Areo

•rc

gâàt

Flécha

flèche

Carcas

caitpois

nàhogûès.

ZuftOo

soulier

tofpàMi.

Pieira

pierre

ôiàù

Perro

chien

gâ gàkâch.

Page 1