‹ Exposé budgétaire [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 19 · DÉPENSES · texte numérisé non relu

DÉPENSES

Je parlerai maintenant des dépenses de l’exercice 1893-94. Elle s'élèvent à $37,585,025, soit #770,972 de plus qu’en 1892-93. Au premier abord, cela peut paraître une preuve d’extravagance de la part d’un gouvernement pendant un temps de crise, un manque de prudence et de prévoyance dans l’administration des affaires.

Mais si on examine les causes de cette augmentation, on voit qu'il y a une autre raison à ce résultat.

Dans cette augmentation de $770,972 dans les dépenses, il y a $405,707 qu'il faut mettre au compte de l'intérêt sur notre dette, $35,846, versées au fond d'amortissement, et #270,889 payées en subventions aux provinces, par le trésor fédéral.

Ces trois item seuls, forment un total de

712,442, soit à peine $58,530 de moins que le chiffre de l'augmentation entière de 1893-94, sur 1892-93. :

Sur ce point, il y à encore autre chose à considérer, Autrefois, dans certaines branches du service civil, on se créait des recettes en vendant le produit de l'établissement, et avec cet argent on achetait de nouveaux matériaux pour continuer la fabrication : à la fin de l’année, le surplus était versé entre les mains du receveur général.

Il y a deux ans, on a jugé à propos de changer ce système, en demandant un crédit pour chaque dépense et en obligeant les employés à remettre immédiatement au receveur tout ce qu'ils retirent.

Sous ce chef, se trouvait la fabrication des alcools méthyliques dont les dépenses, dans l'exercice 1893-94, sont de $88,654, pendant qu’elles ne parais-

sent pas du tout dans l'exercice précédent, Comme ces alcools nous ont rapporté dans l'année au delà de $100,000, ces $8S,000 ne constituent pas un excédent de dépenses,

Le même raisonnement s'applique aux sommes confiées au ministère de l'Agriculture pour l'achat et la vente des produits de l'industrie laitière. Sous ce chef on à voté $36,000 l’année dernière contre $6,000 l’année précédente, Ainsi, bien que cette somme appuraisse dans les dépenses et contribue apparemment à leur augmentation, ce n'en est pas une en réalité. C’est plutôt ce qu'on pourrait appeler des déboursés que nous faisons et qui nous reviennent sous une autre forme, Avant, ces mêmes déboursés étaient faits et revenaient sans qu'il y eut de crédit spécial de voté, tandis que cette année une estimation a été faite et un crédit a été voté.

On peut en dire autant, jusqu’à un certain point, de $74,210 dépensées pour l'outillage et l’approvisionnement de la fabrique de fil d’engerbage au péuitencier de Kingston. Cela est une dépense | extraordinaire. L'an dernier, il n’y avait aucune recette à mettre en regard, mais c'était une dépense | destinée à produire des recettes ; à venir au 41 mars de cette année, nous avons retiré $16,400 des ventes faites au pénitencier et on calcule que la saison qui vient de commencer rapportera $40,000,.

Il y à aussi un excédent de dépense de $96,058 pour les postes et un autre de $13,428 pour primes et change au sujet de la dette ; mais en regard de | cela nous avons une augmentation de recette de $35,800 aux postes et de $24,000 sur des primes et le change.

Ea résumé, la position est celle-ci : bien que pour l'exercice 1893-94, il y ait une augmentation de dépenses de $770,972, $712,442 sont statutaires, pour l'intérêt sur la dette, le fonds d'amortissement, et les subventions aux provinces et $198,864, sont des dépenses extraordinaires pour la fabrication de l'alcool méthylique, des avances faites à l’industrie laitière, l'installation d’une fabrique de fil d'engerbage, qui autrefois n'étaient pas compris dans les estimations, mais qui y ont été mis l’an dernier et auxquels, nous avons à apposer, comme recettes, $101,000 provenant de l’alcool méthylique, $36,000 pour les produits de l’industrie laitière, et 856,000 pour la vente des produits de la fabrique de Kingston.

Par contre, on constateune diminution de dépenses dans les frais d'administration, pour les pêcheries, la législation, l'entretien des phares et le service des côtes, la milice, les dépenses diverses, la police à cheval, les pensions, la police fédérale, les chemins de fer et canaux, le fonds de retraite, lu falsification des aliments, l'inspection du bois et l’administration des terres fédérales.

1 y 8 eu augmentation dans l'intérêt et le fonds d'amortissement, qui sont réglés par le statut, dans l'administration de la justice, aussi, en grande partie réglée pur le statut, dans l’agriculture, grâce aux avances faites à l'industrie laitière, sans lesquelles il n'y aurait pas d'augmentation, quelques augmentations dans le gouvernement civil, les explorations géologiques, l'immigration, la quarantaine, les Nauvages, les subsides pour le transport de la malle, l'hôpital de imarine, le service maritime et fluvial, les pénitenciers, travaux publics, les subventions aux provinces, réglées par le statut, la douane, l’accise, les postes, les poids et mesures. Avec un revenu de 836,374,693, il nous a manqué, pour faire face à une dépense de $37,585,025, $1,210,332, qui est le chiffre exact de cet hôte malencontreux, comme on a appelé le déficit.

Mais il ne faut pas perdre de vue que si dans les opérations de l’année, on constate un déficit de $1,210,332, on « inclu dans les dépenses une somme de $2,131,360 qui « été versée an fonds d'amortissement, qui diminue la dette d'autant, Ainsi, le résultat des opérations de l’exercice dernier est sinplement celui-ci : avec le revenu nous avons fait face à toutes les dépenses, à part celles qui doivent être mises au compte du capital et nous avons porté $921,028 au débit de notre dette.

Une autre considération qui sera peut-être à sa place ici, c'est qu’en dépit de ce déficit de $1,210,- 332, nous avons, de 1887-88 à 1893-94 un surplus net de $7,476,843.

Un autre point important, c’est que pendant l'exercice 1893-94, 303,793,677 livres de sucre ont

les

ce

|été importées au Canada pour la consommation.

Si les droits qui existaient en 1890-91, et qui ont été ensuite abolis, avaient été prélevés sur le sucre importé l'an dernier, cela aurait produit une sorime de $4,821,205. Cela aurait complètement con:blé le déficit, tout en nous laissant $3,610,873 à appliquer au paiement de la dette, ou à ajouter &«u capital.

Le résultat pratique pour les contribuables c’est que pendant qu'ils ont eu à payer $38,324 comme intérêt sur le déficit, ils ont économisé une somme de $4,821,205.

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