‹ Exposé budgétaire [microforme] (volume 3)Chapitre 3 sur 28 · RECETTES ET DÉPENSES POUR · texte numérisé non relu

RECETTES ET DÉPENSES POUR

J'arrive mainte: int aux recettes et aux dépenses pour 1893. Je dois avouer franchement à la Chanbre que je ne puis soumettre un état aussi favorable ; mais je vais le donner telqu'ilest. Les recettes et les dépenses jusqu’au 10 mars du présent exercice, et du dernier exercice, respectivement, ont été comme suit :

Recettes jusqu’au 10 mars 1894.... $25,096,000

do do 1893.... 25,771,000 Dépenses jusqu’au 10 mars 1894.... 22,633,000 do do 1893.... 22,235,000

L'an dernier, depuis le 10 mars jusqu’au 30 juin, les recettes se sont élevées à $12,397,000, et les dépenses ont été de $14,579,000. Si je comptais que les recettes depuis le 10 mars de cette année jusqu’à la fin de l'exercice, seront égales à celles de la même période du dernier exercice, et que les dépenses seront aussi les mêmes, nous aurions alors $37,493,000 de recettes, et $37,212,000 de dépenses. Mais je ne puis compter sur des recettes aussi fortes, depuis le 10 mars de cette année jusqu'à la fin de l'exercice, que celles que nous avons eues l’an dernier, Comme je l'ai dit, l’année 1892-93 a été remarquablement bonne, et, de fait, une année de progrès.

En ce qui concerne les recettes le progrès a été constant jusque vers le milieu de décembre 1893 Depuis lors jusqu'aujourd'hui, elles ont subi un abaissement graduel dû à deux causes : premièrement, à une appréhension générale dans tout le pays qu'il devait y avoir un changement dans les conditions du tarif, et il en est résulté, naturellement, une prudente restriction générule de dépense, une politique d'expectative afin de savoir ce que serait le tarif avant de faire de gros achats ou d'entreprendre de fortes dépenses. Voilà, je n’en ai aucun doute, quelle a été la principale cause du recul temporaire des recettes.

Il y «a eu, cependant, une autre cause, je crois, qui est celle-ci: bien que notre pays ait remarquablement résisté à la crise financière et aux perturbations commerciales dont le monde entier a été témoin. en 1892 et 1893, et bien qu'il ait paru traverser cette crise sans effet visible sur notre commerce ou notre revenu, nous éprouvons uctuellement les influences réflexes ou allant s'éteignant, de cette crise universelle et de cette période de bas prix, L'effet pour le Canada x été et est encore, depuis une courte période qui, je crois, ne se p'olongera pas, de rendre les gens prudents en fait de dépenses et attentifs et réservés dans leurs achats.

Ces raisons me portent à croire que les revettes seront considérablement moindres durant l’exer. cice 1893-94 que celles qu'a procurées l'exercice 1892-93 et d’après les apparences actuelles, je ne compte pas sur plus de trente-six millions et demi ou trente-six millions et trois quarts, de piastres. Si la dépense est normale, du 10 mars à la fin de l'exercice, nous resterons avec un déficit ; mais le gouvernement en est venu à la conclusion, conclusion sage que cette Chambre approuvera, je crois, et à laquelle elle donnera sa coopération et son cordial appui, de tâcher de vivre, durant cet exercice, en decà de notre revenu et, si notre revenu est moindre, d’abaisser résolument la dépense, de facon à ce qu’en fin de compte, nous n’ayons pas la visite de cet hôte mal venu qui a si souvent paru chez mon honorable ami vis-à-vis de moi, je veux dire un affreux et malencontreux déficit. C’est ce que ferait un honime d’affaires prudent, un établissement prudent, un particulier, une ménagère ; et dans le ménage national, il me semble que la même obligation s'impose de suivre la même ligne de conduite.

Ilest heureux que nous touchions à peu près à la limite de notre dépense au compte du capital pour de grands travaux. Dans trois mois d'ici, si nos calculs ue nous trompent pas, nous verrons les navires canadiens traverser le canal du Sault Sainte-Marie, et nous aurons une voie de communication ininterrompue pour les navires canadiens et autres, toute

entière dans les eaux canadiennes et sur le territoire canadien, du centre du continent à la mer. Nous avons dépensé beaucoup d'argent pour notre système général de canalisation et pour le cunal du Nault Sainte-Marie, Cette dernière dépense sera terminée à la fin de l'exercice, et il restera le creusement et l'élargissement et autres améliorations nécessaires à apporter aux canaux du Saint-Laurent et au fleuve de ce nom, ce qui ne saurait coûter une somme très considérable ni s'appliquer à une: très longue période de temps. Il est donc heureux qu'à ce moment-ci, nous voyions venir la fin de la dépenseextraordinaireaucomptedes grands travaux publics pour en venir à un temps où notre revenu devra égaliser de plus près notre dépense au compte du fonds consolidé, de façon à ce que nous ayons moins à emprunter pour couvrir la dépense nécessaire au compte du capital que nous aurons à faire de temps à autre, {

M. CHARLTON : Quelle est la dépense jugée nécessaire pour les canaux du Saint-Laurent et à quelle profondeur d’eau vent-on arriver ?

M. FOSTER : C'est une question qui s'adresse plus particulièrement à mon honorable collègue à côté de moi. Je ne suis pas prêt à faire une esti-

mation, mais je crois que quelque chose comme

$8,000,000 où %10,000,000 représente la dépense présumée nécessaire pour mener à bonne fin ces travaux et donner aux canaux la profondeur voulue

et que la Chambre connaît depuis plusieurs années,

M. CHARLTON : Quelle est la profondeur ?

M. FOSTER : Quatorze pieds.

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