AVENIR DU CANADA
Depuis plusieurs années le commerce, les affaires et la prospérité du pays ont été affectés par une agitation qui avait pour but un grand changement dans l’état commercial du Canada. On a soulevé une agitation qui promettait certaines choses et qui faisait briller une certaine perspective comme le résultat qu'on pouvait obtenir, et cette agitation constante, et le fait d'inculquer au peuple l’idée de grands changements qui lui procureraient d’immenses avantages —ce qui était irréalisable—n'ont pu que nuire aux affaires et au progrès du pays. Pour cette raison je suis heureux que la question soit réglée, et les Canadiens pourront maintenant envisager l'avenir avec une idée définie de ce qu'ils ont à faire pour eux-mêmes, et de ce qu’ils peuvent attendre de leurs voisins. Quant à moi je ne suis pas du tout effrayé de l'avenir ni de ce qu’il nous réserve concernant le développement et la prospérité du Canada.
Si le cultivateur canadien est privé jusqu’à un certain point d’un marché aux Etats-Unis pour y écouler ses produits, lequel est partiel, sectionnel et variable, il aura au moins la satisfaction de voir qu'au moyen d’une protection légitime et proportionnée, il ne sera pas exposé à la concurrence redoutable du grand pays à l’ouest des Etats-Unis dans les produits du Canada. Il peut se préparer à trouver un marché pour tous ses produits dans d'autres pays où ils sont admis avec plus d’avantages, et il peut particulièrement se tenir prêt à occuper entièrement ce marché presque inépuisable qui attend ses produits en Angleterre, notre mère patrie.
Déjà, dans ce pays, par la bonne qualité et le soin dans le choix, ses pommes, son fromage, son blé, ses bestiaux, son lard fumé et son jambon, trouvent un marché qui va toujours croissant, et ces produits y ont acquis une place permanente, et ils ont virtuellement effacé toute concurrence. Et çe qui a eu lieu pour ces produits sur le marché auglais, xu moyen d'un choix judicieux et à force de bohne-qualité, peut se répéter pour les fèves, l'orge,
’avoine les agneaux, le beurre, les volailles, les
œufs, et tous les autres produits de la ferme, dont Angleterre achète une quantité considérable et toujours croissante.
Si le manufacturier ne peut pas avoir un débouché avantageux sur le marché des Etats-Unis, où il se verrait exposé à une concurrence formidable résultant de l’habileté et des capitaux qu’on y trouve, il peut, au moins, à l'abri d’une protection raisonnable, approvisionner de ses articles le grand marché indigène, et avec la stabilité assurée dans le pays, il peut expédier ses articles dans d'autres pays, où ils sont admis à des conditions plus favorables,
Il y à un instant, je parlais du marché anglais au sujet des produits agricoles du pays. Voici un état dans lequel je donne les chiffres ronds, sans entrer dans les détails, et je vois que l’Angleterre, en 1891, a importé pour la consommation locale, les articles suivants :—-Lard fumé, 380,000,000 de livres : bœuf salé, 27,000,000 de livres ; bœuf frais, 224,000,000 delivres ; jambon, 135,000,000delivres ; mouton, 136,000,000 de livres ; lard, 40,000,000 de livres ; beurre, 240,000,000 de livres ; fromage, 230,000,000 de livres ; œufs, 106,000,000 de douzaines ; pommes, 3,000,000 de barils ; pommes de terre, 640,000,000 de livres ; volailles, pour une valeur de $2,000,000 ; blé, $145,000,000 ; farine de blé, 450, - 000,000 ; orge, $29,000,000 ; avoine, #26,000,000" pois, $4,500,000 ; fèves, $6,000,000.
Voilà M. l’Orateur, un marché sur lequel on arrive facilement, et qui possède cette nature stable
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