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<ela démontre que même cette année, les ouvriers .et les autres classes pers encore gagner des salaires plus élevés et faire des dépôts plus considérables dans les banques d’épargnes du gouvernement. On ne peut pas, je. crois, nd de meilleure preuvo que la prospérité, est générale dans le
Aou de peu plus loin. L'ensemble des dépôts faits dans les banques chartées le 31 juillet 1879, était de $63,- 848,145. Le 31 juillet 1883, quatre ans après, il était de $99,241,325, soit une augmentation de $35,393,180 pendant cette période, et une augmentation, pendant ces cinq ans, de 853,000,000, en réunissant les caisses d’épargnes des bureaux de poste et les banques chartées du pays. Cela prouve que le peuple gagne de l'argent et qu'il a un excédant, autrement, il ne serait pas en état d'augmenter aussi considérablement les dépôts qu fait dans ces institutions.
L'honorable député de Brant (M. Paterson) a dit, l’an dernier, que le fait que l'augmentation semblait plus consirable dans les provinces maritimes qu'ailleurs, n'était pas une preuve que le pue gagnait plus d'argent, et que l’on ne pourrait pas prétendre que l'on eût gagné plus d'argent dans ces provinces que dans Ontario et Québec. Non: Dans les provinces maritimes, le peuple n'avait pas l’habitude de faire de dépôts dans les banques, et les banques n’encourageaient pas le paiement d'intérêts sur les dépôts ; le résultat a été que pendant plusieurs années, les épargnes des provinces maritimes ont été déposées dans les caisses d'épargnes, tandis que les banques chartées d'Ontario et de Quebec payaient peut-être un intérêt plus élevé que les caisses d'épargnes des bureaux de poste, et le peuple a fait des dépôts considérables dans ces institutions. C’est ce qui explique comment il se fait que l’augmentation des dépôts faits dans les provinces maritimes semble si considérable, lorsqu'on la compare à celle des dépôts faits dans Ontario et Québec.
ff On pent dire que pendant les trois ou quatre derniers mois, les salaires des ouvriers employé; dans les fabriques de la Confédération, ont été réduits dans certains cas, et qu'aujourd'hui 15 nombre des ouvriers n'est pas si considérable qu’il y a trois ou quatre mois. Je puis admettre que les fabricants canadiens sont aujourd’hui obligés de restreindre keurs opérations. Et pourquoi cela? Tous les honorables membres savent qu’en Angleterre, où règne le libre-échange, et aux États-Unis, où .ôgne la protection, les fabricants ont en mains umrexcédant de production, qu'ils réduisent le nombre de leurs employés, qu'ils diminuent leurs salaires, qu'ils sont obligés de vendre moins cher que d'habitude cet excédant de produits, et même les articles
gui roduisent tous les jours. Ces réductions ont eu liew ans plusieurs cas, bien que lcs« ouvriers s’y soient opposés en Angleterre et aux États Um, Quel résultat Ps TOduit-il? Nos voisins américains et les fabricants anglais, vu le fait que leurs bénéfices sont diminués et que les salaires payès à leurs ouvriers sont moins élevés aujourd’hui u’antrefois, viennent ioi et font une forte compétition aux abricants canadiens, On doit basor les salaires payés aux ouvriers, au Canada, sur ceux que l’on paie aux ouvriers aux États-Unis, car «si les gages ne sont pas à peu près égaux, les ouvriers traverseront bientôt la frontière. Nos fabricants ont jugé à propos, pour garder leurs ouvriers, d'augmenter leurs salaires, car une augmentation analogue avait ou lieu aux Etats-Unis. Mais aujourd’hui qu’il y a aux tats-Unis, une réduction sous ce rapport, réduetion âmenée par la diminution des prix, nos fabricants, afin de lutter avec succès, ont aussi réduit les prix de leurs produits, et. dans certains cas, les gages de leurs ouvriers. Mais dans quel état se seraient trouvés ces ouvriers et les fabriques établies dans tout le pays, si la politique nationale n'avait pas été là? N'était le tarif qui protège beaucoup nos industries et nos manufactures, nous serions inondés par les produits étrangers, et la moitié ou les trois quarts de nos fabriques seraient fermées dans trois mois.
Ces faits donnent aux adversaires de cette politique ane raison d'attaquer le gouvernement et ses actes. Je me permettrai de dire que nous n'avons pas d’objections à ce que l’on attaque ainsi individuellement des membres du gouvernement ou le gouvernement comme corps; mais nous nous opposons à ce que l’on nuiïse aux plus grands intérêts du Canada, à ce que l’on déprécie notre crédit chez nous et à l'étranger, à ce que l’on décourage les gens de venir placer leurs capitaux dansle pays et à ce que l’on décourage nos compatriotes en criant à la crise, à la misère et à la ruine. Il ÿ a environ six semaines, le chef de la gauche, en parlant dans cette enceinte, a dit que nous parlions encore des fourneaux économiques. (Cet énoncé pourrait très bien servir les fins qu'il se propose, mais est-il motivé dans ce cas-ci
articulièrement? Lo fait dont il parle et qui s’est passé à ndon a été rapporté par un journal ami du gouvernement, parce qu'il y avait quelques familles qui avaient besoin de secours, Comme il y en a chaque hiver dans toutes les villes de la Confédération, des vouves et ceux qui sont pires que des veuves, des enfants délaissés et plusieurs personnes âgées et infirmes. Est-il juste de tirer És conclusions que le chef de la gauche a tirées de ce que des personnes charitables s'efforcent de procurer de la nourriture aux pauvre; il peut arriver que ce soient des immigrants qui, ne trou-
vant}pas de travail dans le pays, se sont rendus dans les villes pour y demander des secours. Mais cela est-il comparable à l'état de choses qui existait en 1873-79, lorsque l’on nous demandait, à nous, membres du parlement et aux citoyens d'Ottawa, de souscrire pour acheter du pain à des centaines d'hommes qui, bien qu'ils fussent disposés à travailler, éiaient dans la misère? Voyons nous aujourd’hui de ces choses‘dans une ville Lime ue de la Confédération ? En ce qui concerne la ville de London, nous avons ici un rapport préparé par le maire de London-Est, il y a environ deux mois, ou deux ou trois semaines avant que le chef de la gauche eût prononcé le discours dont j'ai parlé. Cet officier dit que l’état des affaires, dans London-Est, s’est grandement amélioré pendant les deux dernières années; et Ce n'est pas un libéral-conservateur. Et d’où viont ce changement? Il y a deux ans, il y avait 200 maisons à louer, lesquelles sont aujourd’hui M sul il doit le savoir, car il est agent pour la vente et le louage des maisons. Il parle des ouvriers employés dans les ateliers où l’on fabrique des wagons de chemins de fer et des articles en fcier ; il dit que tout promet beaucoup. Et ce rapport arrive de London-Est, justement avant que le chef de la gauche aiït fait son énoncé, Nous avous à Toronto,.à Ottawa, à London et dans d’autres villes des hommes ct des fommes charitables qui pourvoient aux besoins des nécessiteux ; mais, je le detaude aux honorables membres, a-t-on vu quelque chose de comparable à ce qui existait en 1877-78?
Plusieurs MEMBRES : Oui ; quelque chose de bien pire.
Sir LEONARD TILLEY : Quelque chose de bien pire! Alors, M. l'Orateur, il est inutile que j'apporte de nouveaux arguments. Puisque l'honorable chef de la gauche se lève et s'efforce de ruiner la politique du gouvernement en disant quo le pays est aujourd'hui dans uné position pire qu’en 1877 et 1878, en ce qui concerne le travail donné aux ouvriers de ce pays, je n’ai pas besoin d'apporter d’autres arguments pour convaincre les hommes indépendants des deux côtés de la Chambre que cos membres se proposent réellement d’autres fins que le bien du pays. Je suis étonné d’entendre l'honorable monsieur dire que l'état du pays est pire qu'auparavant. Mais puisque c’est la position que veulent prendre les honorables membres de la droite, ie désire citer le fait qu’à l'assemblée à laquelle j'ai fait allusiou, sir Richard Cartwright, qui, alors, ne faisait pas partie de la Chambre, a dit au peuple, en parlant de l'état actuel des affaires dans lé pays : ‘* Eh bien! cette année, les banqueroutes seront plus nombreuses ge pendant l’année la plus malheureuse du gouvernement Mackenzie,” Mais quel désas-
” habitants, était tel que
poiñtement a dû éprouver l'honorable monsieur lorsqu'il a constaté que le nombre en était presque de moitié moins considérable jus pendant les trois années de 1877-78-79. J'ai ioi les états, et la démontrent que pendant chacune de ces atinées, le nombre des banqueroutes a été près du double plus considérable que l’année dernière, malgré le fait que, dans le nombre de celles de l’année dernière, se trouvent comprises près de 260 hanqueroutes qui ont eu lieu à Winnipog, banqueroutes d’une nature exceptionnelle, amonées ar des causes'que tout le monde connaît. Nous savons que esprit de spéculation qui régnait dans cette ville de 25,000
’on y demandait, pour des emplaccmeuts, autant et plus qu'on demanderait pour des emplacements situés dans le centre de Toronto, et dans plusieurs cas, autant qu’on demandait pour des emplacements à Chicago. L’honorable monsieur aurait dû savoir que cot état de chosos ne pouvait pas durer ; qu'il n’y avait rien pour garantir des prix si élevés; que cela était la fièvre de la spéculation; et qu’à part la spéculation sur les terrains, les hommes d’affaires faisaient des importations considérables, plus considérables que ne l'était la demande; que ces hommes surestimait le chiffre de la population qui devait aller s'établir dans cette contrée, et à la Gn ou au milieu de l’année dernière, ils ont vu qu'ils ne pouvaient pas payer les articles qu'ils avaient importés, Pour ces raisons, le malhour a surpris ces gens; c'était un malheur d’une nature exceptionnelle, et je suis convaincu qu'ils se relèventet qu'ils se relèveront tideinent de cet état de choses. Aucune s0ciêté, aucune ville, dans de telles circonstances, ne pourrait s'attendre à d'autre résultat. IL y à eu 260 banqueroutes à Winnipeg sur 1,300 qui ont eu lieu dans la Confédération. L'ensemble des banqueroutes do la Confédération représente la somme de $15,000,000, y compris le Manitoba, où, pendant les années dont je parle, il se faisait qe ou point de commerce, Copendant, malgré cela, le chiffre des banqueroutes n'a été que d’un peu plus de la moitié de celui des banqueroutes qui ont eu lieu pendant ces trois années.
Mais, M. l’Orateur, l'honorable monsieur n’a pas l’excuse qu'il avait dans le cas du droit sur le malt, car alors il ne pouvait pas connaître les faits exactement, vu que l’année n'était pas terminée, bien qu’il prétendiît que la ruine exerçait partout ses ravages ; il aurait dû savoir ce qui avait eu lieu, mais les nuages obscurcissaient tellement son esprit, qu’il a dû envisager la situation sous cet aspect. Les honorables messieursede la gauche ne semblent voir aucune lumière ; ils sont entourés de nuages et d'obscurité. Or, s’il en est ainsi, j'espère que si l'honorable membre de la gauche qui m'a répliqué ’année dernière devient jamais ministre
des finances, il suivra la politique qu'il a prèêchée en 1876; j'espère qu’il exprimera de nouveau les sentiments qu'il « semblé exprimer dans les discours de je lui ai entendu noncer. intenant y l'honorable député de Huron-Sud in Richard Cartwright) est ici, il adoptera une opinion ifférente. Fidèle à ses opinions extrêmes et à ses chants, fidèle aux idées extrêmes qu’il entretient sur le libre-échange, je suppose qu'il nous répétera les arguments ia a déjà employés et les énoncés qu'il a déjà faits dans ’autres circonstances en faveur du libre-échañge et contre la politique nationale, e prétends que bien qu'il y ait aujourd’hui un peu de malaise, provenant des circonstances dont j'ai parlé, il n’y a as du tout lieu de s'aiarmer. Et que l’on me permette de ire que si ces choses s'étaient présentées dans d’autres cir. constances, comme je l'ai dejà dit, la crise aurait été quatre fois plus grande qu'elle l’est aujourd’hui. Comme je l'ai fait à la dernière session, lorsque les honorables membres de la gauche disaient: ‘ Vous êtes heureux, le sort vous est favorable, tout vous réussit, votre politique nationale est acceptée ar une partie considérable de la population.” Comme je ’ai fait à la dernière session, dis-je, je répondrai à cela que * la politique nationale, qui donne le travail dont il a besoin au peuple, qui sans cela n'aurait rien à faire, deviendra de 0 en plus populaire dans l'esprit des habitants de la Con édération canadienne, Et quoique je regretterais que les honorables membres de la gauche suivirent la ligne de conduite qu’ils ont semblé se tracer hier soir, lorsqu'ils ont dit que la situation du pays était pire qu’en 1878; bien que je regretterais, dis-je, que l’on adoptât cette ligne de conduite —Car elle est propre à nuire au pays—cependant, malgré ces déclarations, malgré les énoncés que l’on peut faire ce soir, ou dans le cours du débat, malgré les articles publiés dans les journaux (canadiens, américains et auglais), articles propres à nuire au crédit et à la situation du pays, malgré tout cela, le pays possède assez de ressources, le peuple a assez de vigueur, de force et d'énergie, et il y a dans cette politique dont je parle, assez d'éléments de vigueur et d'énergie, pour nous protéger contre l'influence des discours et des arguments au moyen desquels on cherche à nuire à la politique nationale, dans ce parlement ou ailleurs,
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